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Y a t-il encore un ministre des Transports ?

Très toxique par inhalation, par contact et par ingestion, l’acide fluorhydrique est une des matières dangereuses les plus redoutées des pompiers et autres services de secours. Au contact de l’eau ou de l’humidité, il dégage des vapeurs exothermiques provoquant des brûlures et des lésions pulmonaires irréversibles.

Les usines qui en détiennent plus de 20 tonnes sont assujetties à la directive Seveso et doivent en cas d’alerte, c’est-à-dire d’anomalie constatée, déclencher immédiatement un plan d’urgence dont l’un des leviers d’intervention consiste à informer immédiatement la population riveraine des mesures à prendre dans un large périmètre soumis aux aléas météorologiques.

Dans les usines, les installations de dépotage, de stockage et de distribution d’acide fluorhydrique comportent une installation de traitement des vapeurs. Les sites de stockage sont construits en matériaux incombustibles. Les réservoirs sont protégés par des treillis métalliques. Le stockage ne doit pas dépasser 85 tonnes. L’acide fluorhydrique doit être constamment maintenu à une température inférieure à 20°. L’humidité de l’air ambiant ne doit pas dépasser 300 ppm. L’étude de danger de chaque usine mettant en oeuvre de l’acide fluorhydrique doit prévoir des dispositions pour éviter la progression d’un nuage d’acide. L’aire de stockage des wagons, en attente de dépotage, doit faire l’objet d’une étude d’impact et d’une étude de dangers.

Or depuis le 10 mars, 2 wagons gisent sur le ballast affaissé de la gare de triage de Narbonne. Ils contiennent plus de 100 tonnes d’acide fluorhydrique pur. La circulation des trains de marchandises ou de voyageurs n’est pas interrompue et l’alerte aux riverains n’est toujours pas donnée.