Une source d’hydrocarbures pour l’étang de Thau / Détournement de Fonts dans l’Hérault

7 sept. 2005

Un malaise certain règne depuis un an à Balaruc-les-Bains au sujet du site pollué détenu par Total. Les premières dépollutions sont interrompues. Robin des Bois est aussi de Balaruc-les-Bains comme l’association Vigilance-Dépollution.

L’Association pour la Protection des Ressources en Eau de la Vallée de l’Hérault nous alerte sur la tentative de captage de la source des Cent-Fonts, un dossier exemplaire sur la précipitation et la vue courte des conseils généraux. Contact : PREVHE 06.08.95.74.76
Une source d’hydrocarbures pour l’étang de Thau

A Balaruc-les-Bains, sur le site des raffineries du Midi, les activités pétrolières ont débuté en 1890 et définitivement cessé en 1993. Fin août 2004 les premières dépollutions des sols ont généré dans plusieurs quartiers des inconvénients persistants : odeurs, dispersion de Composés Organiques Volatils, turbidité et contamination de l’eau par hydrocarbures. Ces perturbations continuent malgré la suspension des travaux. Maigre consolation : les dommages sanitaires ne sont pas considérés comme irréversibles par les experts. Il a été décidé suite à une réunion en mairie (14 avril 2005) à laquelle Robin des Bois participait de suspendre les extractions de terres polluées jusqu’à la réfection du circuit d’adduction d’eau. Ces travaux devaient être réalisés pendant l’été. Ils n’ont pas commencé. La contamination de l’eau continue et il n’est plus question pour plusieurs dizaines de familles ou d’usagers de boire l’eau du robinet. Les mécanismes de pollution sont mal connus malgré la récente découverte par le BRGM d’une canalisation en béton correspondant à la sortie de l’ancien décanteur de la raffinerie à moins de 3 m de la conduite d’eau potable. Le lien entre la pollution du site et la contamination de l’eau n’est pas pour l’instant entièrement explicité même si la géographie, la nature des polluants et la chronologie des évènements ne laissent guère de doutes.

Par contre, les possibilités de dérives des polluants depuis les sols et sous-sols de la raffinerie vers la lagune de Thau sont évoquées dans la base de données BASOL du MEDD. C’est d’ailleurs dans le périmètre d’influence de l’ex-site pétrolier que la contamination des sédiments de la lagune de Thau est la plus élevée en hydrocarbures. L’emprise industrielle a été gagnée sur la lagune par des remblaiements successifs.


Robin des Bois attire l’attention des services spécialisés du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable sur la complexité de la mise en sécurité du site, compte tenu des retours d’expérience des sites analogues, du tissu urbain dense et des risques de contamination des chaînes alimentaires marines.

 

Détournement de Fonts dans l’Hérault.

Le Conseil Général de l’Hérault a dépensé plus de 3 millions d’euros pour des travaux de défrichage, de forage et de captage de la source des Cent-Fonts dans la haute vallée de l’Hérault. Les premiers pompages ont abouti à l’inversion de l’hydraulique du bassin versant du fleuve côtier. C’est désormais l’Hérault qui en période d’étiage remplit le gouffre d’émergence de la source dont le débit annuel aurait été grossièrement surestimé.
Le bricolage aquatique des élus héraultais vise à pallier au pillage de la nappe de l’Astien, dans la région d’Agde, surexploitée par 700 forages dont 85 % n’ont aucune existence administrative et qui est de ce fait menacée par des intrusions salines. [Année de référence 1999]
Vraiment inutile de préciser que le maître d’ouvrage se soucie comme d’une guigne de la faune cavernicole d’origine marine, tel le crustacé Ingolfia qui a été repéré dans le gouffre des Cent-Fonts. C’est la première fois qu’il est inventorié en Europe dans un milieu calcaire.
Les travaux de surface, voirie, défrichage, dynamitage, forage au cœur de la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique pour la Faune et la Flore, dite ZNIEFF des Cent-Fonts, ont été réalisés sans ménagement et sans enquête publique. Les services techniques du Conseil Général de l’Hérault se conduisent comme une caricature d’agriculteur. Ils répondent que c’est dans « l’intérêt général fondamental » des populations existantes et à venir. L’ambition du Conseil Général semble être de vider l’Hérault de son eau. Le débit d’un de ses affluents, la Buège, pourrait aussi être affecté par ces pompages non maîtrisés.

Robin des Bois a écrit au Conseil Général de l’Hérault, à la préfecture, à la Diren et à l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée pour demander communication des documents scientifiques, techniques et réglementaires précédant ou accompagnant le projet d’exploitation de la zone karstique des Cents-Fonts. Dans un délai d’un mois sans réponse, l’association saisira La Commission d’Accès aux Documents Administratifs.

 

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