Une grosse boulette dans la baie du Mont-Saint-Michel

8 mars 2004

Objet: déchets de marées noires.

 

L’été dernier, les plages de Saint-Malo et de la baie du Mont-Saint-Michel ont subi des arrivages diffus mais réguliers de résidus de fuel en provenance de l’épave du Prestige. Les Côtes-d’Armor, le littoral ouest du Cotentin ont eux aussi été touchés.

En l’absence du déclenchement du plan Polmar, qui aurait permis de mobiliser des fonds et des solutions techniques pour le stockage à terre et l’élimination des déchets de marées noires, les communes et leurs services techniques ont improvisé et mal interprété des recommandations venues du Cedre (Centre de Documentation, de Recherche et d’Experimentation sur les pollutions accidentelles des eaux). Depuis le naufrage de l’Erika , cet organisme préconise à titre exceptionnel et au cas par cas le séchage en haut de plage des déchets, puis leur étalage au milieu de l’estran, la reprise par la marée montante et la collecte des hydrocarbures séparés du sable et déposés sur la laisse de mer; cette technique dite du « surf-washing » est une opération délicate, hiérarchisée, qui doit faire l’objet d’un suivi attentif et qui ne peut s’appliquer qu’à des sédiments très faiblement pollués.

Des communes de la baie du Mont-Saint-Michel, patrimoine mondial de l’UNESCO, ont en fait bâclé le travail et fait n’importe quoi. Il y a quelques jours, à Cherrueix, où sont produites annuellement 10.000 t de moules sur bouchots, les déchets bruts ont été à l’initiative du maire, enfouis sur l’estran, sous un banc coquillier intégré à une ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intéret Ecologique Faunistique et Floristique). Au Cedre, on se dit aujourd’hui débordé par les initiatives communales, ajoutant que le problème est compliqué au nord de la Bretagne par le mélange des hydrocarbures avec des algues vertes et des macro-déchets venus de la mer.

Les Amis du Rivage de la Baie du Mont-Saint-Michel et l’association Robin des Bois demandent aux services de l’État de mettre un terme à ces pratiques nuisibles pour l’environnement, les herbus, les prés salés et pour l’état sanitaire des ressources marines. Des instructions claires doivent être délivrées aux communes et syndicats de communes sur tout le littoral d’Ille-et-Vilaine et de la Manche, ainsi, si nécessaire, que des moyens financiers supplémentaires. Les pratiques d’enfouissement ou d’abandon sur la plage des déchets d’hydrocarbures s’assimilent à des dégazages et doivent être pourchassées et réparées par les auteurs de ces actes irresponsables.

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