Un déchet nucléaire à la casse en Belgique

7 juin 2011

Selon les informations diffusées par le Northwest Evening Mail, le Pacific Sandpiper appartenant à l’armateur anglais Pacific Nuclear Transport Ltd (PNTL) part à la casse en Belgique. Le Pacific Sandpiper a été lancé en 1985. Il mesure 104 mètres de long. Son poids lège est environ de 3.950 tonnes. Ce déchet nucléaire a transporté pendant toute sa carrière 500 conteneurs de combustibles irradiés depuis le Japon vers la France pour Cogema-AREVA et le Royaume-Uni pour BNFL dans le cadre des contrats de retraitement signés avec les compagnies japonaises de production d’électricité Tepco et Kansaï. Il a également convoyé en janvier 2004 entre Cherbourg et le Japon des déchets nucléaires vitrifiés en provenance de l’usine AREVA de La Hague.

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Ecorché du Pacific Sandpiper. © BNFL – COGEMA – Overseas Reprocessing Committee. Japon

Avant sa démolition à flot dans le port de Gand en Belgique, il est prévu que le navire fasse l’objet d’une décontamination radioactive aux Pays-Bas. L’armateur qualifie pudiquement cette étape de « gros nettoyage ». Les métaux radioactifs extraits du Pacific Sandpiper seront entreposés dans l’attente d’un stockage définitif dans le site Covra (Centrale Organisatie Voor Radioactief Afval) à Vlissingen aux Pays-Bas.

Cependant pour être remorqué en Belgique, le navire à double fond devra garder son intégrité et sa flottabilité, ce qui exclut un dépistage radiologique complet et une décontamination dans les fonds si nécessaire.

En 2010, un autre navire de la PNTL, l’European Shearwater (1) ayant notamment transporté des combustibles irradiés entre la France et le Royaume-Uni a été décontaminé et démantelé aux Pays-Bas. 4 autres navires spécialisés de PNTL ont été démantelés à ce jour. Les destinations de ces 4 navires n’ont pas été révélées.

Position de Robin des Bois.
Il est positif que le Pacific Sandpiper fasse l’objet d’une destruction en Europe mais le fait qu’il soit démantelé en Europe ne garantit pas à lui seul la sûreté de l’opération. Le plan de démantèlement du navire devrait faire l’objet d’une communication sous la responsabilité de la direction nucléaire de la Commission Européenne et des Autorités de Sûreté Nucléaire anglaise, française, hollandaise et belge. La sécurité radiologique de l’ensemble de l’opération pour les travailleurs, le public et l’environnement doit être établie ; de même doivent être connus les seuils de libération pour deuxième fusion des métaux ou résidus métalliques contaminés par les trafics nucléaires auxquels le Pacific Sandpiper s’est livré pendant plus de 30 ans.

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(1) Voir bulletin « A la casse.com » numéro 18 (pdf)

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