Tunnel routier du Somport : un sommet de la connerie

30 mai 1992

Pendant que les écologistes, les Ministres de l’Environnement, les Présidents et les industriels du monde entier se réunissent à Rio pour égrener de belles paroles, la France et l’Espagne dilapident concrètement leur beauté et leur biodiversité, avec les écus de la CEE.

Haro sur le lagopède, le gypaète, l’ours, le desman, le gave d’Aspe, la vallée d’Aspe, l’agriculture pastorale, le tourisme de la découverte.

Au moment où Mr Van Miert, commissaire européen aux Transports, s’inquiète de la domination des transports routiers en Europe et prédit « des situations ingérables si l’on n’y prend garde » la venue en grandes pompes de Mr Van Miert est annoncée en septembre dans la vallée pour « poser la première pierre du chantier du tunnel routier ».
Que les « technocrottes » (selon l’expression de Christian Laborde dans son ouvrage « Danse avec les ours ») se moquent d’eux-mêmes nous est assez indifférent et même plaisant.
Mais qu’ils se moquent de nous, et qu’à défaut de rouvrir la voie ferrée Pau-Canfranc, ils inaugurent le TGV judiciaire pour les militants de Robin des Bois, de Robin Wood, du BUND et de la CSAVA, cela nous indigne directement.

Nous demandons l’arrêt des mesquineries judiciaires, des diffamations de la caste des notables et nous ne les obtiendrons pas.

Mais nous demandons, avec quelque espoir, à Mr Bianco, Ministre de l’Equipement et des Transports, de suspendre les travaux et d’ouvrir sans délais une expertise sur la faisabilité technique et économique de la réouverture de la voie ferrée.

Ce n’est pas tous les jours que nos objectifs convergent avec ceux de la CGT. Prenons le train avec elle, on pourra y discuter.

 

 

 

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