Traverses : l’empoisonnement perdure

6 juin 2012

Robin des Bois reçoit de plus en plus de sollicitations de familles inquiètes. Elles s’aperçoivent au fil du temps qu’elles vivent chez elles ou dans leurs jardins avec des déchets dangereux, cancérogènes, reconnus comme tels par le Ministère de l’Ecologie, la réglementation française et européenne. Malgré la Charte d’engagement volontaire relative à la réutilisation et à l’élimination des poteaux et des traverses en bois traités à la créosote et au CCA – Chrome Cuivre Arsenic – de juillet 2010 signée par Réseau Ferré de France, France Télécom, EDF, le Ministère de l’Ecologie et Robin des Bois, le risque sanitaire pour les populations est toujours présent et les filières de filous commercialisant les traverses de chemin de fer prolifèrent : grandes surfaces de jardinage, coopératives agricoles, sites internet de revente, paysagistes, importateurs de traverses en provenance des Pays-Bas et d’autres pays européens bénéficiant pour l’entrée sur le territoire français de l’inertie de quelques Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement. Nous citerons par exemple le cas de Pluyms qui peut vous livrer, Mesdames et Messieurs, des traverses de chemin de fer usagées, autrement dit des déchets dangereux par semi-remorques entiers à des prix très intéressants. Pour la fine bouche, évoquons aussi le charbon de bois issu du traitement des traverses créosotées et labellisé par le Ministère de la Santé depuis plus de 20 ans.

Le dernier exemple spectaculaire nous vient de l’Est de la France grâce à une association de riverains.

traverses2robindesbois© DR – Photo n°3 : le feu de traverses brûle et pollue pendant 10 jours.

Le brûlage des déchets à ciel ouvert est interdit. Il s’agit là de déchets dangereux qui doivent être éliminés dans des installations techniquement adaptées.

Ce brûlage datant de la fin de l’année 2011 a dispersé dans l’environnement rapproché des résidus d’hydrocarbure, des métaux lourds toxiques, des dioxines et d’autres polluants. On observe au voisinage immédiat de ce bûcher des prairies à usage agricole sans doute fréquentées par des vaches ou autres animaux d’élevage. C’est à cause de ce genre de pratiques que peuvent être constatées des contaminations du lait ou d’autres produits. En l’espèce, étant donné la configuration des lieux, l’intensité et la direction des fumées, Robin des Bois demande à la Direction Départementale de la Protection des Populations de Meurthe-et-Moselle de procéder à des analyses de sol et d’herbe puis si nécessaire des produits commercialisés par les exploitations agricoles sous l’influence des fumées.

D’autre part le sol, les sous-sols et les eaux de surface ou souterraines situés sous ou autour du feu ont eux aussi été irrémédiablement pollués sur le long terme par cette pratique illégale et Robin des Bois demande à la préfecture de Meurthe-et-Moselle et à la DREAL d’imposer à l’exploitant Tri Services Recyclage de mettre en œuvre un suivi de l’environnement et de diriger les cendres issues de la combustion, pour autant qu’elles puissent être relocalisées, vers un centre de stockage de Classe 1.

traverses1robindesbois© DR – Photo n°4 : feu et prairies.

Contacts locaux :
Association des Propriétaires et Résidents d’Anderny, APRA 54
apra54560@googlemail.com

Tri Services Recyclage. Cette société se présente comme étant spécialisée dans le traitement et l’élimination des déchets dangereux. Le capital de l’entreprise est de 249.000 euros. Elle a été crée le 1er août 2010, sans enquête publique. En l’absence d’informations précises de la préfecture de Meurthe-et-Moselle, il est probable que cette entreprise ait été déclarée sous le simple régime de la déclaration alors que le libellé de son activité lisible en lien sur Manageo.fr mentionne le traitement et l’élimination des déchets dangereux, ce qui ouvre un grand nombre d’inquiétudes au-delà du cas des traverses sur les autres déchets traités par cette société et sur les modalités de leur manipulation et de leur élimination.

 

Imprimer cet article Imprimer cet article