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Tahiti : deux immersions d’épaves sont imminentes

Le Kura Ora II, un caboteur de 63 m de long dédié à la desserte des 23 atolls des Tuamotu, construit au Danemark en 1979 et battant pavillon français va être dynamité à 15 milles de l’atoll de Moorea, à proximité de Papeete, capitale de la Polynésie française.

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Au bout de quelques minutes, le Kura Ora II atteindra donc un cimetière marin à la profondeur d’environ 2000 m. Il devrait bientôt être rejoint par le chalutier Madee, pavillon des Etats-Unis d’Amérique, port d’attache Seattle.

Cette coutume de l’immersion dans l’Océan Pacifique, en infraction aux conventions internationales, est typiquement tahitienne mais elle est aussi observée dans l’Océan Atlantique, au large de la Martinique. Le dernier exemple connu est celui du Cosette [2].

Le rite insulaire est toujours le même. Le navire est retiré de l’exploitation par les inspecteurs de la sécurité maritime ou bien il est cloué à quai par des créances impayées par l’armateur en faillite. Le jeu consiste ensuite à ne rien faire et à laisser le navire se dégrader, rouiller, éventuellement prendre l’eau puis sur un clic d’une autorité suprême d’en appeler à la force majeure et au péril imminent, de procéder à une toilette sommaire et de dynamiter au large l’épave remorquée avec le concours des artificiers de la Marine Nationale.

A ce jour, le Kura Ora II est encore à quai, sous la surveillance des douanes à Papeete, île de Tahiti.

La Polynésie française est une Collectivité d’Outre-Mer (COM). Elle jouit d’une certaine autonomie administrative. Toutefois des compétences restent du domaine de l’État français, parmi lesquelles la police et la sécurité de la circulation maritime, la sécurité des navires, la coordination des secours en mer.

Aucun chantier de démolition des navires n’est disponible en Polynésie française, mis à part l’Océan Pacifique dans un fond désigné par la Direction régionale de l’environnement.

 

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Kura Ora II © La Dépêche de Tahiti

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Madee © Patrick Lawson