Stress test et crash test

28 mars 2011

Séisme et tsunami au Japon
Communiqué n°10

Position de Robin des Bois sur la réévaluation des études de Sûreté des Installations Nucléaires de Base en France.

Au-delà des réacteurs nucléaires, d’autres installations comme les usines de fabrication des combustibles et l’usine de retraitement des combustibles irradiés de la presqu’île de La Hague près de Cherbourg doivent être ciblées.

Au-delà des installations fixes, les opérations de transport national et international de matières nucléaires et de déchets radioactifs doivent elles aussi être abordées.

Les paléoséismes datant de 5.000 ans pour les installations nouvelles et de 2.000 ans pour les installations existantes doivent à minima être pris en compte en harmonie avec les prescriptions de la directive européenne Seveso concernant les usines et stockages mettant en œuvre des produits ou déchets chimiques(1).

Les effets des ruptures de barrage en amont des centrales nucléaires et autres INB doivent être pris en compte en complément des inondations centennales ou millénales. La rupture de barrage dans l’Isère, elle-même située dans une zone de risques sismiques, libérerait une onde de submersion ravageuse. Elle atteindrait en quelques heures le couloir du nucléaire du Rhône puis la Méditerranée.

Les eaux de refroidissement déversées sur les réacteurs et les piscines de combustibles en cas d’indisponibilité des systèmes de refroidissement conventionnels doivent pouvoir être recueillies dans des bassins. Cette exigence est imposée pour la collecte des eaux d’extinction des incendies d’usines et entrepôts mettant en oeuvre des matières dangereuses pour l’environnement et la santé publique. Sur le complexe nucléaire de Fukushima, ces eaux de refroidissement aboutissent en partie dans le port de la centrale nucléaire et en mer. Leur dispersion préalable dans le site irradie les sauveteurs. A ce sujet, le Kaiwo-Maru 2 (voir photo) leur sert de lieu d’hébergement et de repli. Selon le Sunday Telegraph, il est actuellement basé à quelques kilomètres de Fukushima dans le port d’Onahama. Au terme de sa mission d’hébergement, ce navire école de la marine japonaise devra être décontaminé ou deviendra un déchet radioactif.

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Kaiwo-Maru 2, port de Nagoya, Juillet 2007 – © Creative Commons

Selon Robin des Bois, les stress tests doivent aller jusqu’à la simulation de crash test comme les chutes accidentelles ou volontaires d’avions de chasse ou de gros porteurs sur les bâtiments réacteurs et de stockage des combustibles nucléaires neufs et usagés.

Tels sont quelques uns des critères et principes que Robin des Bois, membre depuis sa création du Haut Comité pour la Transparence, pour l’Information et la Sécurité Nucléaire, mettra en avant dans le cadre du programme de réévaluation des études de sûreté souhaitées par le gouvernement

 

(1) Voir communiqué du 12 mars 2011, Les centrales nucléaires et les agressions externes.
http://www.robindesbois.org/communiques/radioactif/energie/2011/seisme_et_tsunami_Japon_1.html

 

 

 

 

 

 

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