SPIE BRANQUIGNOL à Brioude

15 oct. 1991

Voici quelques arguments qui, outre le transport, la distillation et le stockage d’isocyanate et de méthyle, amènent l’association Robin des Bois à réclamer la fermeture sans délai de l’usine Speichim, filiale de Spie Batignolles, à Brioude en Auvergne.

L’usine vétuste qualifiée de Laboratoire de génie chimique par ses gestionnaires a une production industrielle (entre 25 et 35.000 tonnes de produits régénérés par an), sans qu’aucune disposition constructive soit mise en œuvre pour enrayer les conséquences d’un incendie ou d’une explosion sur le voisinage et l’environnement. Cette usine, qui a le goût de la Directive Seveso sans en avoir les enceintes de confinement et les contraintes d’information, est dirigée par l’Ingénieur Martin, qui, selon les témoignages de la Direction Régionale de l’Industrie et de l’Environnement « se croit directeur de droit divin et est convaincu d’avoir la science infuse ». En conséquence, les moyens de secours sont insignifiants, la station d’épuration de Brioude et l’Allier sont régulièrement empoisonnés par les effluents de la Speichim. L’arrière-cour de l’usine est pleine de fûts vides qui constituent des déchets toxiques « en attente de repreneur » selon l’étude de danger faite par l’APAVE récemment. Faut-il rappeler qu’une usine doit trouver une filière d’élimination de ses déchets et non pas « attendre qu’un repreneur se présente ».

Toutes les règles élémentaires de sécurité sont bafouées : dans le hall de stockage en tôle ondulée, les fûts de produits inflammables et toxiques sont empilés sur 3 niveaux et les installations électriques ne sont pas anti-déflagrantes, tandis qu’à quelques mètres sont stockés les gaz comprimés de la chaudronnerie voisine.

Parmi les dernières frasques connues et attestées de la Speichim, on peut relever le dépôt clandestin de terres contaminées au bord de l’Allier et la grave intoxication d’un ouvrier démuni de l’obligatoire masque respiratoire lors de la manipulation d’un fût toxique.

Enfin, Robin des Bois confirme son témoignage paru dans la Truffe du 9 octobre 1991.

Un camion-citerne de la SOVEGE, loué par la Speichim, portait fin juillet 1991 sur sa fiche de sécurité, parmi d’autres codes de matières transportables, les numéros 2480 et 2481 correspondant à l’isocyanate de méthyle et l’isocyanate d’éthyle. Pourtant, depuis la tragédie de Bhopal et la formidable étude de sureté faite en décembre 1984 par le département d’analyse de sureté du Commissariat à l’Energie Atomique, le transport de ces 2 matières en camion-citerne est interdit en France et en Europe.

 

 

 

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