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Robin des Bois les suivra A la Trace

Robin des Bois publie aujourd’hui le numéro 1 d’A la Trace [1], bulletin trimestriel d’information et d‘analyses sur le braconnage et la contrebande d’animaux menacés d’extinction.

206 évènements liés à des braconnages, des saisies, des arrestations et des condamnations survenus en Afrique, en Australie, en Amérique, en Europe et en Asie sont rapportés. Cette vision panoramique de la cruauté et de la criminalité envers la faune sauvage entre le 1er avril et le 30 juin 2013 fait frémir et réfléchir.

En trois mois, l’équivalent en ivoire de 707 éléphants a été saisi. Le braconnage des éléphants au Mali est en augmentation. Robin des Bois vient d’écrire au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies pour que les troupes déployées sous la tutelle de l’ONU reçoivent des consignes très strictes de protection de cette population résiduelle d’éléphants.

En trois mois, 3.600 pangolins, des mammifères ressemblant à des reptiles ont été saisis. Ils sont recherchés pour leurs écailles et pour leur viande. Un beau spécimen se vend 2.000 dollars en Chine ou au Vietnam. Si l’on applique le ratio d’Interpol – 10% de saisie, 90% de trafic non découvert – le nombre de pangolins tués dans l’illégalité et mis sur le marché international en trois mois est de 36.000.

En trois mois, près de 6.000 tortues terrestres et marines ont été saisies et un jeune biologiste protecteur des tortues luth au Costa Rica a été tué par balle.

Fin mai, le bilan des rhinocéros tués en Afrique du Sud (380) fait craindre que le seuil de 1.000 sera dépassé en fin d’année.

A la Trace n°1 confirme la montée en puissance du commerce mondial par Internet ainsi que l’existence, la résilience et la récidive de gangs familiaux ou communautaires à l’exemple des Rathkeale Rovers, du clan Kha aux Etats-Unis et de la famille Hector Martinez, promoteur immobilier, au Mexique.

Le profil des braconniers et de leurs comparses ne correspond pas totalement aux idées reçues. Certains sont bien installés dans la vie et sont instituteurs, professeurs, infirmiers. En Afrique il y a aussi des braconnières de cornes de rhinocéros. La guerre de la corne est un carnage. Depuis 2008, 300 braconniers mozambicains ont été tués par les rangers sud-africains dans le parc Kruger.

La palme du pire cas du trimestre est décernée conjointement aux criminels qui ont tué un des derniers condors de l’Equateur et posté une photo sur Facebook et à des planteurs de palmiers à huile en Indonésie qui ont tué 20 orangs-outans, l’espèce de grands primates menacée d’extinction à très court terme.

La peau de léopard et la peau de tigre se négocient autour de 10.000 euros. 33 peaux de tigre et de léopard ont été saisies.

La vessie natatoire de totoaba, un poisson menacé d’extinction dans la mer de Cortez au Mexique se négocie aux Etats-Unis et en Asie entre 5.000 et 20.000 euros. 1.027 d’entre elles ont été saisies aux Etats-Unis et au Mexique dans le deuxième trimestre de l’année 2013.

A la Trace remarque que la filière Roissy-Asie pour ce qui concerne l’ivoire et les cornes de rhinocéros est active si l’on en juge par les saisies pratiquées dans les aéroports à l’arrivée. La récente affaire de l’antiquaire chinois intercepté à Shanghai en provenance de Roissy avec 4 cornes de rhinocéros et 14 figurines en ivoire démontre que les autorités françaises doivent redoubler de vigilance et faire perdre aux aéroports parisiens leur réputation présumée de passoire.

Au rayon des bonnes nouvelles, les Philippines ont détruit 5 tonnes d’ivoire saisi. Robin des Bois souhaite que la France détruise sous contrôle d’huissier son stock d’ivoire illégal saisi par les douanes depuis l’entrée en vigueur de la CITES. Ce stock d’ivoire ne fait pas l’objet d’un inventaire public. Les défenses sont confiées au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Elles ne sont pas mises en sécurité stricte et sont à la merci des gangs ou des détournements.

Et pour la fin, ne prenez pas une tasse de café civette. Cette nouvelle mode consiste à utiliser les cerises de café après leur transit dans l’appareil digestif de la civette palmiste hermaphrodite. Suite à l’engouement pour le café civette, les civettes palmistes sont capturées dans le milieu naturel, enfermées en cage, élevées en batterie et presque exclusivement nourries au café. En conséquence, Robin des Bois souhaite que la civette palmiste hermaphrodite (Paradoxurus hermaphroditus) soit inscrite à l’annexe II de la Convention CITES pour que le commerce désormais international d’un café amer soit jugulé.

A la TRACE n°1 [1] (pdf 42 pages 3,2 Mo)
Baleines et mammifères marins, page 3