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Robin des Bois est au Japon pour protester contre l’arrivée du Plutonium

Exempt de risques naturels ?
Le voyage du Plutonic devait être exempt de tous risques naturels. Or, pour éviter les risques d’origine humaine et les protestations universelles, le plutonium a emprunté la route la plus longue et la plus périlleuse, passant très au sud du Cap de Bonne Espérance, traversant l’océan austral, près de la convergence antarctique, dans une zone que les marins japonais connaissent bien puisqu’ils y chassent des baleines et qui, exceptionnellement cette année est hantée par des Iceberg provenant de la débâcle estivale du continent antarctique.

Confidentiel ?
L’itinéraire devait être confidentiel, or nous avons été quelques uns à pouvoir suivre pas à pas le Plutonic, à l’exception d’un black-out entre le large de l’Afrique du Sud et de l’Australie.

Récupérable jusqu’à 500 mètres de profondeur ?
La profondeur moyenne de l’océan traversé était de 3 kilomètres puisque le Plutonic a évité tous les plateaux continentaux. Comme si la chute de conteneurs au fond de la mer ou des plaines abyssales n’avait aucune conséquence écologique ou humaine alors que dans les années à venir, la pêche se pratiquera dans les hauts fonds – de 3.000 à 5.000 mètres – et qu’il faut donc aussi prendre soin des poissons de grandes profondeurs.

Irremplaçable ?
Depuis 1941, l’inventeur du Plutonium suivi par les nucléaristes français et aussi japonais, nous raconte que le plutonium sauvera le monde, qu’il fera fleurir les déserts, etc… 52 ans après, la contribution du plutonium et des surgénérateurs à la production d’électricité est nulle. Superphénix est déjà fermé, Monju n’est pas encore ouvert et le surgénérateur que les Français peuvent citer en exemple – et ils ont le culot de le faire – est celui de Beloyarsk au Kazakhstan.

Pacifique ?
La seule application industrielle du plutonium, c’est vous, c’est le Japon qui en a fait le deuil le 9 août 1945 à Nagasaki. Le plutonium est démodé et meurtrier. Il faut tourner la page.

Reconnaissants ?
Vous, les Japonais, vous ne pouvez pas imaginer à quel point notre région est choquée, amochée, asservie, polluée par les déchets chimiques et radioactifs. Nous ne le savons pas nous-mêmes, parce qu’il n’y a pas les petits moyens nécessaires à une étude épidémiologique sur les cancers, les leucémies et les autres maladies causées par la radioactivité. L’ignorance est notre ligne d’horizon. En plus, il y a aujourd’hui, tout près de l’usine d’extraction un stockage de 800.000 tonnes de déchets de faible et moyenne activité issus du retraitement des combustibles irradiés français, japonais, allemands, suisses et hollandais. Devant ce spectacle, rien ne nous réconforte car il est clair que le plutonium est un déchet dangereux.

Nous demandons aux autorités japonaises ainsi qu’à Hokkaido Electric Power Co, Tohoku Electric Power Co, Tokyo Electric Power Co, Chubu Electric Power Co, Hokuriku Electric Power Co, Kansai Electric Power Co, Chugoku Electric Power Co, Shiboku Eletric Power Co, Kyushu Electric Power Co, Japan Electric Power Co, d’arrêter immédiatement le retraitement et l’envoi des combustibles irradiés en France. Cette demande s’adresse aussi bien aux directeurs qu’aux travailleurs de ces compagnies électriques. Nous souhaitons qu’elles produisent une énergie plus efficace sans produire des problèmes de plus en plus insurmontables.