Relèvement du Costa Concordia

15 sept. 2013

Costa Concordia – Communiqué n°6

Demain, à tout moment, pendant les heures du relèvement de l’épave, le navire de croisière peut s’ouvrir en deux comme une vieille baignoire fêlée, une baignoire de 50.000 tonnes de ferrailles remplie d’eau polluée et de déchets. Le Costa Concordia est aujourd’hui une décharge relativement confinée, demain cette décharge pourrait être à mer ouverte et se répandre sur l’île de Giglio et la Méditerranée. Le seul élément rassurant est que l’épave a été vidangée de son fuel de propulsion. Depuis 19 mois, la coque accidentée du Costa Concordia est soumise à la corrosion, aux vagues, aux courants et aux contraintes d’un appui en rupture sur les rochers. Les risques de dislocation sont importants.

Si la coque résiste au supplice du relevage, ce sera à la plate-forme sous-marine de prouver sa résistance.

Il y a long du redressement au démantèlement. Les ports de Piombino en Toscane et de Palerme en Sicile se chicanent pour procéder à l’éventuelle démolition finale du Costa Concordia. On n’en est pas encore là. D’ailleurs, l’Italie se débarrasse régulièrement de ses vieux navires de croisière –Costa Allegra, Pacific Princess (1)– et d’autres navires de commerce en Inde et en Turquie. Si l’Italie a réellement l’intention de procéder au démantèlement du Costa Concordia, elle aurait dû réactiver sa filière industrielle avec des navires en meilleur état et de taille plus modeste.

Robin des Bois continue à redouter que dans un tiroir sommeille l’option de l’immersion du Costa Concordia dans une fosse sous-marine. L’opération sous couvert de force majeure serait précédée de l’extraction de la plupart des déchets et justifiée par le péril qu’il y aurait à ramener dans un port refuge une épave en état précaire.

Un dossier complet sur les risques du gigantisme des navires de croisière est disponible sur http://www.robindesbois.org/dossiers/Titanic/Du-Titanic-au-Costa-Concordia.html Près de 2 ans après l’accident, aucune décision n’a été prise par l’Organisation Maritime Internationale ou par les Etats impliqués dans l’industrie de la croisière pour réduire les risques humains et environnementaux des méga navires de croisière.

(1) Note d’information – Costa Allegra, 28 février 2012
Pacific Princess. Les chantiers turcs tuent, 12 août 2013

 

 

 

 

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