Que sont ils devenus ?

26 nov. 2010

Liberté de Thon – n°3
PA – 2, Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique et des eaux adjacentes – CICTA.
17-27 novembre, Paris.

Dans la sous-commission numéro 2 consacrée à la réduction des capacités de pêche au thon rouge, la question du sort réservé aux navires annoncés comme « radiés » a été souvent évoquée. L’Union Européenne a par exemple annoncé que 126 senneurs et 130 palangriers avaient été retirés du secteur de la pêche au thon rouge entre 2008 et 2010, sans pour autant donner des informations précises sur la démolition, la reconversion ou les autres modalités de désarmement des navires. Des Etats-membres de la Méditerranée orientale ont aussi annoncé des retraits de remorqueurs consacrés au convoyage de cages d’engraissement ou de navires de pêche sans délivrer d’informations précises sur leur démolition ou leur redéploiement vers d’autres activités.

Il apparaît que ces lacunes ne sont pas à proprement parler des manquements ou des non-conformités au plan de restauration des populations de thon rouge mis en œuvre par la CICTA mais il apparait aussi que des informations précises seraient utiles et permettraient de consolider la confiance mutuelle et le crédit de chaque plan national de réduction des capacités et de celui de l’Union Européenne.

C’est pourquoi Robin des Bois souhaite que l’Union Européenne qui a une stratégie subventionnée de démantèlement publie effectivement dans des délais rapides la liste des chantiers où les senneurs et les palangriers ont été détruits et ouvre ainsi la voie de la transparence aux autres parties contractantes de la CICTA.

Depuis 2006, Robin des Bois publie un inventaire de tous les navires partis à la casse et dotés d’un numéro OMI – cf bulletin « A la Casse.com » disponible sur www.robindesbois.org -. Cet inventaire ne prétend pas à l’exhaustivité mais il est cependant significatif que sur 2798 navires, toutes catégories confondues, partis à la casse entre le 1er janvier 2006 et le 15 octobre 2010 seulement 52 étaient des navires de pêche. On relève parmi eux 7 navires surpris en flagrant délit de pêche illégale et interdits de pêcher ou d’accoster dans un port des pays membres de la Commission des Pêches de l’Atlantique du Nord-est (NEAFC) – cf. le bulletin A la casse.com n°10 – et à titre d’exemple un thonier guinéen construit en 1972 au japon, l’Inaara, enregistré par la Commission des Thons de l’Océan Indien (IOTC) puis transféré dans l’océan Atlantique sud – cf « A la Casse.com » n°21, page 8.

Robin des Bois encourage donc la CICTA et ses parties contractantes à entreprendre des efforts pour améliorer la traçabilité des navires de pêche désaffectés et voit dans cette démarche un renforcement de la lutte contre la pêche illégale dans le périmètre de la CICTA et des autres Organisations Régionales de Gestion de la Pêche.

 

 

 

 

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