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Quand les vaches deviennent des déchets radioactifs

Séisme et tsunami au Japon
Communiqué n°6

Dans le cadre du CODIR-PA (1) visant à établir une doctrine post-accidentelle nucléaire en France, le cas des cheptels produisant du lait ou de la viande contaminés au delà des normes maximales admissibles a été examiné. Deux orientations ont été retenues :

– 1 Les troupeaux sont abattus. La Direction des Services Vétérinaires préconise l’enfouissement sur place des carcasses dans des lieux présélectionnés n’exposant pas les eaux souterraines et les eaux superficielles à la migration de la radioactivité. La DSV a une certaine expérience de cette pratique pendant les épizooties.

– 2 Considérer les animaux d’élevage comme un mode d’élimination des produits végétaux contaminés et les abattre après qu’ils aient rempli ce rôle de digesteur de la radioactivité de l’herbe et de la couche superficielle du sol. L’application de cette option est compliquée par le fait que les agriculteurs eux-mêmes comme les autres habitants devraient quitter la zone d’exclusion et que la surveillance et la traite des vaches ne serait possible que par des techniciens avertis et protégés. Là encore les animaux abattus seraient enfouis dans le périmètre d’exclusion.

Il a été écarté d’emmener les animaux ou leurs carcasses dans des centres d’équarrissage existants pour ne pas propager la radioactivité. Ces centres d’équarrissage sont le plus souvent implantés hors des périmètres d’exclusion.

Il a été suggéré par Robin des Bois au groupe de travail Déchets du CODIR-PA que les troupeaux fassent l’objet d’un transfert préventif vers des régions saines mais cette option n’est pas privilégiée autant par la Direction des Services Vétérinaires que par la FNSEA -seul syndicat agricole à faire partie de ce groupe de travail- pour trois raisons : les inquiétudes des populations dans les zones d’accueil des animaux susciteraient des tensions sociales supplémentaires ; la mobilisation massive des moyens de transport pour déplacer des animaux n’est pas considérée comme prioritaire dans cette situation de crise et enfin, quelle que soit la saison où l’accident surviendra, les agriculteurs dans les zones d’accueil auront beaucoup de difficultés à entretenir un nombre important d’animaux supplémentaires.

(1) CODIR-PA : Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique mis en place par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.