Plutonic : le jour des Morts ?

1 nov. 1992

Les propos irresponsables et incompétents du Premier Ministre (« le nucléaire contribue à la protection de la couche d’ozone ») et du Ministre de l’Industrie (« tous les déchets repartiront jusqu’au dernier clou, jusqu’à la dernière vis ») font peur.

Dans ce cas là, la « transparence » donne le vertige. Sur écran géant, la bêtise et le mensonge font des ravages.

Le gouvernement ne bouge pas, mais le monde bouge. Ce sera sans doute l’ultime voyage du Plutonic entre la France et le Japon.

A 2 reprises en 5 jours, lors de leurs incursions en zone interdite et de leurs tardives interpellations (temps de réponse des commandos de fusiliers marins entre 10 et 20 minutes après le début des raids de Robin des Bois) les militants de Robin des Bois ont pu observer à loisir le théâtre de l’embarquement du plutonium. La voirie de la digue du Homet est dans un état pitoyable : ornières, poussières, flaques d’eau, stockage de liquides inflammables et de produits toxiques, grue vieillotte marchant au fuel avec un pare-brise fêlé de la cabine du grutier, il n’y a pas de glissière de sécurité entre la voie et la rade, projecteurs provisoires fixés sur des embouts de plastique dénués de toute protection contre les chocs mécaniques. On aurait pu croire que le port militaire de Cherbourg avait été choisi pour sa sécurité. En résumé, il a été choisi parce qu’on peut y faire n’importe quoi.

Dans aucun port commercial, il ne serait possible de manutentionner des matières dangereuses dans des conditions aussi précaires. Quand on sait que les ruptures de charge (changement de véhicule pour une marchandise et son emballage) sont les points critiques de la chaîne de transport d’une matière dangereuse, le bricolage dans le port militaire de Cherbourg laisse rêver – un cauchemar !

 

 

 

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