P4: le virus du secret se développe à Lyon

5 mars 1999

Le laboratoire P4 est une installation particulière qui échappe au contrôle des citoyens quand ils ne sont pas médecins militaires, responsables des pompiers ou des services d’urgence, nominés par la préfecture de Lyon et l’institut Mérieux.

Les vagues dispositions constructives communes aux activités à risque comme une dépressurisation de l’air, des dalles anti-sismiques, des vitrages blindés ou des digicodes ne suffisent pas à prévenir tous les risques de dissémination des virus dans un tissu urbain dense et traversé par un flux de matières dangereuses.
La pathogénicité des micro-organismes étudiés soulève pourtant des questions précises auxquelles ne répond pas la présentation aseptisée de ce nouveau palais du virus.
– Quels seraient les effets et les précautions à prendre par les populations si une perte de confinement due à une anomalie technique ou à une activité de bioterrorisme venait à se produire ?
– Comment les agents infectieux seront-ils acheminés à Lyon et au cœur du laboratoire ?
-Comment les litières et les dépouilles animales seront-elles exportées du laboratoire et dans quel incinérateur seront-elles brûlées ?
-Comment, où, et en quelles quantités, les eaux de décontamination des chercheurs et laborantins seront-elles stockées in situ, évacuées et traitées ?
-Quel est le niveau de certitude au sujet de la neutralisation des déchets infectieux générés par des virus inconnus à une température de 128 °C?
-Les vitrages de cette structure résisteraient-ils à la percussion d’un projectile moderne, comme un missile ?
-Où et par qui seront capturés les chimpanzés, les gorilles ou autres primates supérieurs voués à l’expérimentation ?

A toutes ces questions et à d’autres qui pourraient être posées, nulle réponse détaillée n’est apportée. Et pour cause, il n’y a pas eu d’enquête publique, ni de création d’une commission locale d’information.
La fondation Mérieux répond finalement par un bon mot utilisé par les spécialistes du confinement sécuritaire des déchets industriels spéciaux au début des années 1990 : « Notre laboratoire est un labo bretelles et ceinture ».

Sachant que laboratoire lyonnais P4 fonctionne « à blanc » pendant 6 mois, Robin des Bois demande à la préfecture de Lyon et aux Ministères de la Santé et de l’Environnement de créer dès maintenant une structure d’information et de prévention à l’extérieur du site. Le vide juridique et administratif dans lequel flotte ce type d’activité doit être comblé, ou P4, opaque malgré ses doubles vitrages et son belvédère, fermé.

 

 

 

 

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