Non à l’écoterrorisme

18 juil. 2000

Des ouvriers licenciés de l’usine Cellatex à Givet, dans les Ardennes, ont déversé environ 5.000 litres d’acide sulfurique dans le tout-à-l’égout qui se jette dans la Meuse. Le déversement d’acide est présenté comme le premier niveau d’un plan en quatre phases où la faune, la flore et les ressources en eau servent de boucs émissaires.

D’après la Préfecture, l’acide sulfurique n’a pas atteint la Meuse. Après obstruction de l’exutoire, le polluant aurait été canalisé dans une « zone d’extension » installée avec des digues de sable, sur un site « le plus étanche possible ». D’après la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement), l’acide serait stocké dans le bassin de lagunage de l’exploitation, implanté hors de l’emprise du site. Ce bassin est déjà pollué par des métaux lourds (cadmium, zinc …) et l’acide provoque leur remise en suspension. Même après neutralisation de l’acide, la vidange de la lagune dans la Meuse serait toxique pour la faune et la flore.

Selon la DRIRE, l’usine Cellatex était déjà un site pollué et polluant pour l’environnement. Les brûlages et micro-explosions pratiqués en signe de protestation aggravent sa contamination. Le district de la région de Chooz qui est propriétaire des bâtiments et des sols aura en partie à sa charge la décontamination des sols avant toute éventuelle nouvelle implantation d’activité.

Aujourd’hui, il reste sur le site Cellatex environ 50.000 litres d’acide sulfurique, 47 tonnes de sulfure de carbone et 90 tonnes de soude forte. La sécurité des ouvriers, des riverains et de l’environnement est menacée par un problème social. Le manque d’anticipation et de dialogue des pouvoirs publics fait craindre que ce type de chantage à l’environnement et de pollution revendicative fasse désormais partie des outils de négociation à chaque fermeture de site, pourquoi pas nucléaire.

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