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Naufrage d’un porte-avions aux Etats-Unis

Le 17 mai 2006, l’US Navy va couler à l’aide de 24 charges explosives 27.000 tonnes de métaux d’une valeur de 9,7 millions de $*. L’immersion du porte-avions Oriskany constitue la 1ère étape d’un programme spécifique de récifs artificiels fondé sur la réutilisation sous-marine des navires de surface et décidé en 2004 par l’administration américaine. Cette première se déroulera dans le golfe du Mexique historiquement contaminé par les hydrocarbures, les métaux lourds et les PCB et surcontaminé par les effluents de la catastrophe naturelle et industrielle du cyclone Katrina en 2005. La coque de l’ex-Oriskany contient au moins 350 kg de PCB résiduels, de l’amiante, des peintures toxiques. Des clubs régionaux de plongée sous-marine saluent ce désastre écologique. Les poissons attirés par cette nouvelle poubelle feront l’objet d’un suivi toxicologique à long terme pour vérifier leur innocuité en cas de consommation par les touristes sous-marins.

Cette opération destinée à pallier les insuffisances du programme de démantèlement des vieux navires de la 1ère marine militaire du monde a été en dernier ressort avalisée par l’Environmental Protection Agency (EPA). Elle est reproductible. Elle est absolument contraire à la législation internationale. La Convention de Londres portant sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets dit qu’il y a obligation à réduire la pratique de l’immersion des navires. Le protocole relatif à la prévention et à l’élimination de la pollution de la mer Méditerranée interdit le « sabordage » de tout navire et aéronef. La Convention OSPAR relative à la protection de l’environnement dans l’Atlantique du Nord-Est interdit l’immersion des navires depuis décembre 2004. L’Organisation Maritime Internationale dont les Etats-Unis sont membres va adopter en 2007, après 5 ans de préparation, une nouvelle convention sur le renflouement des épaves qui constituent un danger pour la sécurité maritime et l’environnement.

Le constat est donc fait que l’initiative américaine va à l’encontre des progrès considérables réalisés par le droit international ces dernières années pour réduire les pollutions de l’environnement marin mondial en même temps que le gaspillage des ressources recyclables.

Robin des Bois écrit au gouvernement américain, aux autorités de Floride, à l’EPA, pour que le programme de récifs artificiels à base de vieux navires soit suspendu et reconsidéré, ainsi que l’immersion de l’ex-Oriskany.

* au prix moyen actuel des métaux sur les chantiers de démolition des navires