« Les Verts » en tournée

28 avril 1997

Ainsi donc une délégation de députés verts allemands représentant notamment la province de Basse-Saxe vient faire un petit tour à la Hague et sans aucun doute exprimer sa solidarité avec les anti-nucléaires du Cotentin et faire partager par l’auditoire confondu par tant de lucidité sa vision de « la sortie du nucléaire ».

L’association Robin des Bois n’a en la matière qu’un souhait : c’est que ces représentants de la nomenklatura écologiste repartent avec une partie des déchets entreposés provisoirement dans un bâtiment annexe de la Hague et générés, selon un contrat approuvé par les gouvernements allemands et la démocratie allemande, par le retraitement des combustibles irradiés des réacteurs allemands. Pour les écologistes allemands, la Hague est avant tout le moyen délocalisé de stocker des déchets de haute activité. L’hystérie et la fureur des « écologistes » allemands, quand par extraordinaire des colis de déchets de haute activité sont renvoyés en Basse-Saxe, n’ont d’égales que leur indifférence soulagée à chaque fois qu’un convoi de combustibles irradiés prend la route, le train, le bateau pour rejoindre les sites de la Hague en France et Sellafield en Angleterre.

Dans le désarroi et l’inquiétude qui accablent la Hague et les régions périphériques, les « Grünen » ne se sentent guère impliqués et pourtant c’est aussi à cause du retraitement et de l’entreposage de leurs résidus que les rejets liquides et atmosphériques de la Hague se diluent dans la mer de la Manche et le ciel du Cotentin et sont suspectés de rompre l’équilibre sanitaire de la région. Contrairement aux idées reçues, ce schéma d’exportation des déchets est couramment pratiqué par « le modèle écologiste allemand » qui n’hésite pas à envoyer ses ordures ménagères et assimilées en Chine « pour faire du compost » et qui submerge le marché européen et asiatique de vieux papiers souillés, de boues de stations d’épuration urbaine et de lots de verres ménagers souillés par des résidus alimentaires.

Merci « die Grünen » – faut-il en l’espèce traduire die « Grünen » par les « Verts » – de votre voyage chez les indigènes de la Hague.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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