Les éléphants ne sont pas des animaux politiques

20 juin 2002

Selon un député-louveteau, les éléphants sont « des gros animaux ». Certes, il n’y a là rien à redire, mais ce connaisseur flou de la faune africaine ajoute qu’ils « se battent entre eux », qu’ils « sont immobiles » et qu’ils « bouchent l’horizon ».

En vérité les éléphants sont sociables, solidaires et passent beaucoup de temps à l’apprentissage des jeunes. D’eux-mêmes, les vieux sujets se mettent souvent en retrait quand ils ne peuvent plus apporter de contribution positive à l’organisation du troupeau. Les éléphants sont très mobiles, éternels migrateurs, transfrontaliers et même transcourants quand il s’agit par exemple de traverser le Zambèze.

A dire vrai, à l’horizon, il n’y a plus des masses d’éléphants et tous les députés de l’Assemblée Nationale devraient proposer au gouvernement la réinscription de l’éléphant à l’annexe I de la Convention de Washington portant sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Ce statut de protection lui a été enlevé en 1997 à Harare au Zimbabwe quand devant la 10ème réunion plénière de la Convention de Washington, M. Mugabe déclamant à peu près les mêmes imprécations sur les éléphants, avait convaincu une majorité de délégués dont ceux de l’Union Européenne.

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