Le serpent de mer nucléaire

20 janv. 2011

Il fallait bien que ça arrive un jour, depuis le temps que Technicatome puis Areva essayent de ressusciter le nucléaire civil en mer, après les espoirs et les échecs de la propulsion nucléaire pour les navires de surface incarnés par l’Otto Hahn, navire marchand allemand soutenu par Euratom et récemment démantelé dans la baie d’Alang (voir « A la casse.com » n°18). Le projet Flexiblue porté par la DCNS n’est rien d’autre qu’un sous-marin coulé, concept inauguré par les Etats-Unis le 10 avril 1963 avec le Thresher dans l’Atlantique. Au lieu d’être coulé par accident, le projet Flexiblue l’est volontairement et son énergie acheminée sur les lieux de consommation par câbles sous-marins. Le projet nucléaire de DCNS se pare du doux vocable de « ferme ». Après la ferme éolienne off-shore, c’est le tour de la ferme nucléaire sous-marine. La langue de bois fonctionne à plein tube. Les mots damnés de terrorisme, de rejets radioactifs, de déchets nucléaires, de collision, de chaluts sont bannis.

Comme il l’a déjà dit à plusieurs reprises, Robin des Bois estime que l’industrialisation de la mer par l’off-shore pétrolier, l’off-shore éolien et maintenant l’off-shore nucléaire est un véritable danger pour la biodiversité marine, les ressources alimentaires et la liberté de naviguer.

Qu’elles soient flottantes comme veut le faire la Russie* ou scotchées sur les fonds marins, les usines nucléaires marines trahissent l’intérêt des industriels à s’affranchir des contraintes terrestres tandis que l’OMI (Organisation Maritime Internationale), les Etats maritimes et le droit international sont dépourvus de toute doctrine et réglementation ciblée à ce sujet.

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* Voir communiqué Des centrales nucléaires flottantes à travers le monde du 10 septembre 2010

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