Le paquebot d’hier ne doit pas être détruit à l’ancienne

13 sept. 2018

Construit en 1965 par les chantiers Uljanik de Pula (Croatie), le Porto, navire de croisière sous pavillon portugais, est en sursis à Lisbonne depuis 4 ans. Selon la réglementation européenne, à partir du 1er janvier 2019 il devra être démoli dans l’un des 21 chantiers agréés par l’Union Européenne. A moins qu’il ne s’évade auparavant vers un chantier de démolition d’un pays hors Union Européenne et sans notification de transfert de déchets dans le cadre de la Convention de Bâle. Le départ en remorque du Porto vers les chantiers de démolition turcs serait imminent. Il est vrai que le Portugal ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de la fin de vie de ses navires militaires et des navires civils inscrits sous son registre. « Couler ou exporter le plus loin possible », telle est sa devise expéditive.

Jusqu’en 2012, le Porto naviguait sous le nom d’Arion et appartenait à la compagnie portugaise Classic International Cruises. Cette compagnie a fait faillite peu après la mort de son fondateur en 2012; la flotte a été saisie puis vendue. Elle était composée de « paquebots de charme », un qualificatif qui désignait des navires « vintage » nécessitant de coûteuses rénovations et mises aux nouvelles normes des conventions internationales de l’OMI portant sur la sécurité et la protection de l’environnement (SOLAS et MARPOL). L’Arion avait été immobilisé à Kotor (Montenegro), puis racheté par une autre société portugaise, la Sociedade de Consultores Maritimos (SCMA), qui n’a pas financé les travaux de rénovation et de mise aux normes. Le Porto a dès lors cessé d’être exploité. Agé de 53 ans, il contient de l’amiante sous diverses formes et d’autres substances et matériaux toxiques. Aucun inventaire des matières dangereuses à bord n’a été réalisé. Les autorités portugaises en conformité avec la stratégie européenne de démolition et de recyclage des navires doivent diriger le Porto vers un chantier agréé par l’Union Européenne. Il en va de même pour le Funchal, construit en 1961, autre fleuron de la Classic International Cruises, lui aussi racheté par la SCMA et désarmé à Lisbonne.

10 mai 2012, Arion en blanc à Amsterdam © Hans Weeetzel

29 avril 2014, Arion en noir arrivant à Lisbonne sous le nom de Porto © Pedro Amaral

La flotte « Continental Cruise line  » comprenait l’Athena aujourd’hui Astoria (OMI 5383304) toujours en exploitation, le Princess Daphne (OMI 5282627) démoli à Alang en 2014, le Princess Danae (OMI 5282483) devenu le Lisboa démoli à Aliaga en 2015, l’Arion aujourd’hui Porto (OMI 6419057) et le Funchal (OMI 5124162).

Robin des Bois a déjà diffusé des communiqués sur ces navires et mentionné leur fin de vie dans le bulletin spécialisé « A la Casse ».
« Alerte en Arctique » 25 juillet 2010. (Athena)
« Deux paquebots en préretraite à Marseille« , 19 septembre 2012. (Athena, Princess Danae)
A la Casse n°36 p 64-65 (Princess Daphne), pdf 5,5 Mo
A la Casse n°39 p 24, (Lisboa ex-Princess Danae), pdf 9,9 Mo

 

 

 

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