La France osera-t-elle la passerelle en chêne ?

14 oct. 1998

Le pays d’Ariane et des centrales nucléaires est aujourd’hui confronté à un nouveau défi technologique majeur : l’Etablissement Public de Maîtrise d’Ouvrage des Travaux Culturels (EPMOTC) et le cabinet d’études architecturales MIMRAM hésitent à choisir le bois de chêne pour le platelage de la passerelle Solférino qui enjambe la Seine entre le jardin des Tuileries et le quai Anatole France et le musée d’Orsay.
Selon les responsables du projet, l’absence de référence en France ne garantit pas la durabilité de l’ouvrage, si l’option chêne était retenue. « Ce serait une première et nous préférerions jouer la sécurité en utilisant de l’ipé. Aux Etats-Unis, plusieurs passerelles sont faites en ipé ».

Revoilà donc l’ipé (Tabebuia spp.), l’ipé glissade de l’esplanade de la TGB (Bibliothèque Nationale de France), l’ipé obscurément exploité dans l’Etat du Para en Amazonie brésilienne, l’ipé dont l’usage extravagant à la TGB a rempli son rôle de représentant de commerce au point qu’aujourd’hui à Quimper, à Reims, à Lyon, à Dieppe, il barde ou tapisse des centres culturels et universitaires, des squares ou des quais, au point qu’il équipe des terrasses de maisons individuelles et qu’il est désormais utilisé pour le mobilier urbain « de propreté ». Mais la Fédération Française des Bois Tropicaux et Américains en veut plus encore et fait le siège des concepteurs et des décideurs de la passerelle Solférino. La nouvelle passerelle ne peut selon elle n’être qu’en ipé.

Pourtant, une fois de plus, Robin des Bois rappelle aux décideurs que le chêne est utilisé depuis le 16 ème pour les équipements portuaires et les charpentes marines.
Après la ruée vers les bois coloniaux et exotiques du 19 et 20ème siècle, le chêne (Quercus spp.), l’arbre de l’Europe et de l’hémisphère Nord fait un retour timide. En France, il vient d’être utilisé pour le platelage d’un pont en Auvergne et pour une très belle esplanade sur le parvis de la Défense qui démontre dans une gamme de beiges et de gris l’esthétique du bois de chêne.

Robin des Bois lance un appel au Ministère de l’Environnement, au Ministère de l’Agriculture et à l’Etablissement Public de Maîtrise d’Ouvrage des Travaux Culturels pour que le chêne et la forêt européenne aient aussi en plein cœur de Paris leur place…et leur vitrine.

 

 

 

 

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