ITER hâtif

21 nov. 2006

Les discours politiques et les traités internationaux ne doivent pas cacher la réalité du terrain. ITER n’est pas né.

L’enquête publique sur les travaux nécessaires à l’acheminement des convois exceptionnels et des pièces détachées d’ITER entre Fos-sur-Mer et Cadarache est certes déjà en cours. Une section spéciale de 9 m de large – 11 m de haut est indispensable, elle suppose des abattages d’arbres, des pistes latérales, des ouvrages provisoires, des consolidations ponctuelles. Elle ressemble, cette voie à grand gabarit, à la route spéciale de l’A380 entre Langon et Toulouse qui a été responsable d’un abattage à la chaîne de cyprès, de pins parasols, de platanes tout cela au nom d’un avion « écologique et lyrique » promis à un avenir radieux comme ITER.

Mais la véritable enquête publique sur la demande d’autorisation de création de cette nouvelle Installation Nucléaire de Base que constitue ITER est constamment repoussée. Prévue initialement en 2005, elle serait aujourd’hui programmée en 2008. Elle seule est habilitée à présenter le projet sous tous ses aspects et sous tous ses risques. Seule cette enquête publique peut aboutir au décret d’autorisation et à la légitimation d’ITER. Tant que cette autorisation n’est pas accordée, il est prématuré et insultant pour les citoyens français de considérer ITER comme un fait accompli.

ITER, EPR, les projets nucléaires en gestation en France s’appuient sur des calendriers protocolaires et réglementaires extravagants destinés avant tout à dérouter les opinions publiques et a faire admettre par la force des discours et du rappel à l’apocalypse climatique ce que la froideur des chiffres et l’insuffisance des dossiers ne réussit pas à imposer.

 

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