Hêtres de Bel-Air: halte au massacre

20 sept. 2002

A Trébry, dans les Côtes-d’Armor, le saccage d’une hêtraie centenaire sur le site classé de Bel-Air est en cours. Sous prétexte de fragilité de quelques spécimens, 250 arbres ont été condamnés à l’abattage par la Communauté de communes Bréhand-Gouessant. Pour la majorité d’entre eux la sentence a déjà été exécutée, mais la dernière tranche des travaux vient de commencer. Elle fait fi du bon état général de ces hêtres (Fagus sylvatica ), du bouleversement de l’écosystème local provoqué par cette éradication, et de l’opposition de plus de 700 personnes exprimée par pétition.

Un constat d’expertise réalisé en hiver 2000 a pourtant mis en lumière le caractère abusif de cet abattage général: les arbres déjà coupés présentaient en majorité des souches saines, sans trace de pourrissement. Pour les hêtres encore debout, l’expert concluait: « Compte tenu de leur âge avancé les arbres actuellement sur pied sont dans un état sanitaire correct . » Pour empêcher l’irréparable, et l’inexcusable, l’association Loisirs Penthièvre Moné occupe la cime d’un hêtre vénérable. Robin des Bois exprime sa solidarité avec cette action de sauvetage.

L’argument selon lequel les arbres abattus seront remplacés ne tient pas compte du ratiboisement esthétique que constitue la substitution de baliveaux de quelques centimètres de diamètre et de quelques mètres de haut à des spécimens de plus de 20 mètres de hauteur dominante et de 1,30 à 1,90 m de diamètre.

Robin des Bois demande l’arrêt immédiat des abattages, la grâce pour les derniers hêtres centenaires de ce site remarquable, et une concertation élargie à l’ensemble des publics qui se sont exprimés contre la coupe des arbres, afin de redéfinir le projet d’aménagement du site de Bel-Air.

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