Eviter à tout prix l’immersion du MSC Napoli

11 juil. 2007

En tant que défenseur de l’environnement marin et en particulier de la mer de la Manche et en tant qu’observateur à la Convention OSPAR sur la protection de l’Atlantique du Nord Est, l’association Robin des Bois salue les efforts de l’administration anglaise pour traiter de la meilleure manière possible l’épave du MSC Napoli, de même que la décision primordiale et conforme aux directives européennes d’avoir accepté le MSC Napoli dans la baie de Lyme considérée comme un endroit refuge, le 18 janvier 2007. Cette première décision courageuse a permis le débarquement ou la récupération de 2.300 conteneurs et le pompage de 4.000 tonnes de fuel qui, si le MSC Napoli avait coulé au milieu de la mer de la Manche, auraient provoqué une marée noire et à long terme des pollutions, des nuisances et des dangers considérables pour la sécurité maritime dû à la dérive des conteneurs ou de leurs chargements. Robin des Bois salue en outre la décision pertinente des Douanes anglaises visant à vérifier la conformité des déclarations de chargement de chacun des conteneurs à la réalité et déplore qu’une telle décision n’ait pas été prise par les autorités françaises au sujet du porte-conteneurs Rokia Delmas échoué le 24 octobre 2006 entre l’Ile de Ré et La Rochelle.

Pour ce qui concerne le MSC Napoli, Robin des Bois demande aux autorités anglaises et françaises de ne pas avoir recours à la solution de l’immersion définitive au cas où la flottabilité de l’épave ne serait pas jugée suffisante pour la remorquer vers un port où le MSC Napoli pourrait être démoli. L’épave contient encore beaucoup de matériaux et résidus polluants.
La bonne démarche est plutôt d’imposer, s’il s’avérait nécessaire, à l’armateur et à ses assureurs un démantèlement du MSC Napoli comparable à celui du voiturier Tricolor après sa collision avec un porte-conteneurs et son naufrage au large de Dunkerque le 14 décembre 2002. Cette opération exemplaire a été réalisée grâce à la bonne volonté de l’armateur du Tricolor, à la compétence de ses assureurs et à l’injonction française du préfet Maritime de la Manche et de la Mer du Nord.

MSC (Mediterranean Shipping Company) est l’un des tous premiers armateurs mondiaux. Si cette compagnie ne peut pas s’acquitter entièrement du sauvetage intégral du MSC Napoli et de l’évitement de tous les dangers et pollutions potentiels, elle devrait abandonner son activité de transporteur maritime et se reconvertir dans l’hôtellerie en Autriche. En effet, MSC, comme quelques autres armateurs sont aujourd’hui responsables ou le seront bientôt de porte-conteneurs d’une capacité de 12.000 « boites » alors que le MSC Napoli pouvait en transporter 4.000. Cette course au gigantisme doit être assumée et tous les moyens financiers et techniques doivent préalablement aux naufrages être prévus et disponibles.
L’immersion volontaire et définitive du MSC Napoli serait en outre en contradiction avec la convention sur le renflouement des épaves qui a été signée par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) en mai 2007. Cette convention concerne les épaves qui sont dangereuses pour la sécurité maritime et pour l’environnement.

 

Droit de réponse au communiqué Eviter à tout prix l’immersion du MSC Napoli
Le 13 juillet 2007

Suite au communiqué de Robin des Bois Eviter à tout prix l’immersion du MSC Napoli (voir ci-dessus), le directeur général pour l’Europe de MSC (Mediterranean Shipping Company) nous rappelle qu’elle n’est pas propriétaire du MSC Napoli.

Commentaires de Robin des Bois

Nous confirmons cette information. Le propriétaire du MSC Napoli au moment de son naufrage était une compagnie METVALE immatriculée aux îles Vierges Britanniques, le gestionnaire du MSC Napoli était l’Agence Zodiac Maritime Agencies installée à Londres et MSC était l’affréteur à temps du navire.

Nous estimons donc que les responsabilités de METVALE, de Zodiac Maritime Agencies et de MSC sont liées dans l’issue de cette affaire. Nous pourrions aussi ajouter la société de classification Det Norske Veritas puisque le naufrage est dû à une fracture du navire, en dehors de tout agent extérieur ou l’ancien propriétaire du navire (voir communiqué Les perd-conteneurs (bis), cliquer ici).

Cette multi responsabilité éventuelle dans la gestion du MSC Napoli et dans le processus de sauvetage du navire ne change rien au fond de l’affaire : la navigation des porte-conteneurs de 8.000, 9.000, 12.000 boites est-elle adaptée aux moyens de sauvetage disponibles et aux ressources financières des propriétaires, des co-gestionnaires des navires et de leurs assureurs en cas de naufrage ?

 

 

 

 

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