Des rumeurs dans les filets et une information dans ce communiqué

21 juil. 1992

La rafle du Vel d’Hiv ne serait rien à côté « du massacre silencieux des dauphins » (Figaro) dans des « filets de la mort » (Var Matin), des « chambres de la mort » (France Soir), dont M. Mike Riddel a cru déceler la présence en Méditerranée à partir de témoignages évasifs d’un membre d’équipage d’un bâtiment de la Marine Nationale.

Des filets dérivants de 110 km de long, ça se remarque, ça se photographie, d’autant que les bateaux qui les stockent ou les déploient font 100 à 150 mètres de long. Au demeurant, si 4 bateaux « asiatiques » pêchaient au filet dérivant de 110 km, ça ferait 440 km de filet, soit 40 fois moins que les filets dérivants utilisés par les Italiens pour pêcher l’espadon.

Pour expliquer la présence des pêcheurs parlant une « langue d’origine asiatique » dans le Sud Méditerranée (Le Monde du 19 juillet), point n’est besoin de rumeur, on peut heureusement s’appuyer sur une information publiée dans le Marin du 26 juin 1992 : Déjà 3 thoniers algériens ont un équipage exclusivement coréen et un accord vient d’être conclu entre l’Algérie, le Canada et la Corée du Sud pour développer l’effort de pêche au thon et thonidés en Méditerranée. La flottille sera exclusivement composée de palangriers, c’est à dire de lignes traînantes de plusieurs dizaines de kilomètres de long. Peu de dauphins sont pris par les palangres, à moins qu’ils ne servent d’appâts. Par contre les palangriers capturent par milliers tortues marines et oiseaux de mer, requins et autres poissons non ciblés.

Manipulant à la bonne date des rumeurs et des fantasmes datant de début juin, (le week-end du 14 juillet est une date clef pour rentabiliser son entreprise), M. Mike Riddel, directeur d’un centre d’exploitation de dauphins captifs (Marineland d’Antibes) tente le tour de force de passer pour un protecteur de dauphins ; comme si le directeur de la centrale pénitencière de Clairvaux pouvait être porte-parole d’Amnesty International.

En tout état de cause, Robin des Bois réaffirme sa solidarité avec les marins-pêcheurs de l’Ile d’Yeu et de la façade Atlantique qui vont pêcher avec des filets dérivants à ralingue supérieure immergée.

 

 

 

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