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Déchets post-catastrophe: les inondations d’août 2018 au Kerala (Inde)

Le Kerala, 35 millions d’habitants, un des Etats de la fédération indienne, riverain de la mer d’Oman, est confronté entre juin et août 2018 à des inondations qui détruisent environ 17.000 maisons, 15.000 km de routes, 214 ponts et submergent 45.000 hectares de terres agricoles. 500 habitants et plus d’un million d’animaux domestiques et sauvages sont morts. Il s’agit des pires inondations dans la région depuis 1924.

Robin des Bois travaille sur le thème des déchets post-catastrophe depuis 20 ans. L’ONG a en particulier publié sur ce sujet le rapport « Déchets post-catastrophe: risques sanitaires et environnementaux [1] » en 2007, « Les déchets de la tempête Xynthia [2] » en 2010, « La catastrophe rouge en Hongrie [3] » en 2010, des guides [4] concernant les inondations, les séismes, les cyclones, les feux de forêt et les incendies industriels en 2013 et «  Les déchets de l’ouragan Irma  [5]» en octobre 2018. Robin des Bois publie aujourd’hui un rapport d’étape sur les déchets des inondations au Kerala.

Sommaire

 

Introduction
Le Kerala
Les déchets post-inondation
Les DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques)
Les plastiques
Dégradation de l’eau et des écosystèmes
Les animaux
Les maladies et les problèmes sanitaires
Destruction et reconstruction

 

Introduction

 

L’Inde, Etat fédéral avec une population de plus de 1.3 milliard d’habitants, est à certains égards exceptionnel en matière de statistiques, comme le prouve la diversité des données compilées et illustrées dans le «State of India’s environment 2017 in figures » édité par Down to Earth /Centre for Science and Environment. Toutefois, les données disponibles sur la production de déchets en temps normal et après les catastrophes naturelles restent aujourd’hui relativement imprécises à l’exception, comme on le verra dans la suite de ce rapport, du nombre de cadavres d’animaux d’élevage et sauvages. Ce rapport d’étape à été construit et produit à partir des sources indiennes et internationales disponibles depuis Paris.

Les bilans déchets sont fragmentés. Il n’y a pas de chiffre cumulé. Le bilan final sera beaucoup plus important que les chiffres aujourd’hui disponibles. A titre d’exemple, à Mumbai le volume de déchets collectés en routine avant les inondations du 26 et 27 juillet 2005 était de 5.000 tonnes par jours, soit 150.000 tonnes par mois. Dans la première semaine après les inondations, 15.000 tonnes par jour ont été collectées, un volume trois fois supérieur à la collecte de routine [1] [6]. Pendant le premier mois, au moins 250.000 tonnes de déchets post-catastrophe ont été enlevés [2] [7].

 

Le Kerala

 

Le Kerala, 35 millions d’habitants, un des Etats de la fédération indienne, riverain de la mer d’Oman, est confronté entre juin et août 2018 à des inondations qui détruisent environ 17.000 maisons, 15.000 km de routes, 214 ponts et submergent 45.000 hectares de terres agricoles. 500 habitants et plus d’un million d’animaux domestiques et sauvages sont morts. Il s’agit des pires inondations dans la région depuis 1924 [3] [8]. 2.347 mm de pluie tombent entre le 1er juin et le 19 août (comparé à 1.650 mm en temps normal). Entre le 1er et le 19 août, le volume de pluie est de 164% au dessus du taux normal [4] [9]. 342 glissements de terrain sont signalés dans 10 districts. Les montagnes de déchets provoquent des problèmes environnementaux et sanitaires. Six mois après la catastrophe, la lutte contre les déchets n’est pas terminée [5] [10].

 

 

Les déchets post-inondation

 

Quand l’eau reflue dans les zones affectées, la population et les autorités sont confrontées à l’accumulation de déchets innombrables. La gestion des déchets post-inondation est délicate : les déchets sont mélangés avec de la boue, ce qui rend le traitement plus compliqué. Les catégories de déchets typiquement produits pendant des inondations sont principalement les meubles et autres encombrants (matelas, canapés…), les DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques), les vêtements et revêtements textiles, les débris de démolition, la boue et les déchets végétaux.

Le Kerala produit en temps normal environ 10.000 tonnes de déchets par jour. Pour gérer la post-catastrophe, le gouvernement du Kerala a mis en place en urgence et en anticipation des mesures de nettoyage des déchets dès le 26 juillet, quand les premières grandes pluies de mousson ont déferlé [6] [11]. En temps normal, la gestion des déchets solides est décentralisée : les panchayats (assemblées villageoises), les municipalités et les communautés urbaines sont responsables de la gestion des déchets produits à l’intérieur de leurs périmètres. En situation de crise, ces entités locales sont soutenues par l’Haritha Keralam Mission (organisme chargé d’assister l’Etat dans la gestion des déchets, la lutte contre les pollutions aquatiques et la résolution des crises environnementales) et la Suchitwa Mission (groupe institutionnel de soutien technique dans la gestion des déchets). De plus, Clean Kerala est en charge de coordonner la collecte des déchets, en particulier les déchets toxiques et les DEEE [7] [12].

Immédiatement après les inondations, les autorités sont submergées par les déchets. Le principe du tri ne peut pas être respecté, l’enlèvement immédiat des déchets humides et en voie de putréfaction étant une priorité de santé publique [8] [13]. Début septembre, 35.717 tonnes de déchets ont été collectées dans tout le Kerala, dont 14.297 tonnes de déchets putrescibles et 18.541 tonnes de déchets solides [9] [14]. Dans le district d’Ernakulam, les déchets mélangés sont déversés dans la décharge de Brahmapuram, à 5 km de Kochi (Ex-Cochin, environ 700.000 habitants). Entre le 31 août et le 4 septembre, 150 camions de déchets sont déchargés chaque jour [10] [15]. A la mi-septembre, le bilan total est de 1.900 camions. Les piles de déchets atteignent 4 mètres de haut [11] [16]. Faute de temps et de ressources humaines, les déchets ne sont pas triés et les risques de déclenchement d’incendies sont majeurs. La maitrise des incendies serait compliquée par la présence dans le secteur d’oléoducs [12] [17]. Fin septembre, 8.200 tonnes de déchets solides considérés comme dangereux ont été collectés dans le district d’Ernakulam, incluant la ville de Kochi, et transportés à la décharge de Brahmapuram. 950 tonnes de ces déchets ont été par la suite transférées dans les décharges « sécurisées » du district exploitées par Kerala Enviro Infrastructure Limited (KEIL) à Ambalamedu, Kalamassery et Edayar. 600 tonnes de déchets dangereux ont par ailleurs été transférées à des entreprises privées en vue d’un recyclage [13] [18].

5 à 6 mois après les inondations, des déchets sont toujours accumulés dans les rues, dans les plans d’eaux, sur le littoral ou encore dans des décharges sauvages.

Fin novembre, dans le district d’Idukki, des rails et des traverses de chemin de fer, des gravats de voirie sont restés sur place [14] [19]. Les rivières du district sont devenues des décharges.

En décembre, l’école des pêcheries industrielles (School of Industrial Fisheries) dépendant de l’université de Science et Technologie de Kochi réclame l’enlèvement d’urgence des déchets d’inondation accumulés dans les plans d’eaux intérieurs qui sont exploités par des pêcheurs artisanaux et pour l’aquaculture [15] [20]. Des étudiants sous la tutelle du NSS (National Service Scheme) enlèvent une partie des déchets dans la rivière Panniyar [16] [21].

Fin janvier 2019, un plan d’action est décidé pour nettoyer les plans d’eau du district de Kannur et les rivières adjacentes. Le programme sera mis en place du 22 février au 22 mars 2019 [17] [22]. Un nettoyage similaire est prévu dans la région de Kuttanad [18] [23].


Les DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques)

 

Une marée de DEEE a été entraînée dans les flots (téléphones portables, ordinateurs, radios, caméras, réfrigérateurs, machines à laver, aspirateurs, lecteurs DVD, lampes LED…). Ils contiennent des produits chimiques, tels que le plomb, le mercure, le zinc, le lithium ou des substances faiblement radioactives [19]. [29] Les réfrigérateurs ou les climatiseurs contiennent des CFC (ChloroFluoroCarbone). Avant la catastrophe, la collecte et le recyclage de ces déchets dans l’Etat du Kerala posaient déjà des problèmes [20] [30]. Ils étaient censés rejoindre Hyderabad (Etat de Telangana, à environ 800 km du Kerala) pour être pris en charge et dans la mesure du possible recyclés par Earth Sense Recycle [21] [31]. Avant les inondations, Clean Kerala collectait environ 30 à 35 tonnes de DEEE du Kerala par mois (200 à 500 kg par mois en 2009) [22] [32]. La collecte, le recyclage ou l’élimination des DEEE post-inondation pose un véritable défi aux autorités [23] [33]. Un tonnage de DEEE équivalent à 5 à 10 ans de collecte de routine a été produit en cinq jours par les inondations, ce qui correspond à un tonnage minimal de 1.800 tonnes et maximal de 4.200 tonnes [24] [34]. Selon Clean Kerala, il est difficile de recycler des DEEE post-inondations, ils sont imprégnés et recouverts par de la boue et la situation de crise empêche le nettoyage et le tri. Dans chaque district, un coordinateur a été en charge d’organiser la collecte de ces déchets. A la mi-septembre, dans le seul district d’Ernakulam, 110 tonnes de DEEE avaient été ramassées.

Les plastiques

 

Après les inondations, des déchets en plastique remplissent les rues. Les ponts des rivières Muvattupuzha et Malayattoor sont couverts de tapis de bouteilles en plastique, mélangés avec des déchets verts. Les plastiques se trouvent aussi dans des plans d’eaux et des lacs, en particulier le Vembanad Lake, le plus grand du Kerala et le plus long de l’Inde (2.033 km2) qui s’étend sur les districts d’Alappuzha, de Kottayam et d’Ernakulam. Il était déjà pollué avant les inondations [25] [38]. La réserve ornithologique aquatique Thattekkad (district d’Ernakulam) était remplie de plastique et de boue. Pendant 10 jours, les agents forestiers ont en retiré une partie [26] [39].

En temps normal, le Kerala produit 480 tonnes de déchets en plastique par jour (2018). Depuis 2017, une partie est broyée par Clean Kerala pour être réutilisée en sous-couches routières. Ce broyat constitue 20% des matériaux routiers (10% en 2016) [27] [40] [28] [41]. Après les inondations, le Kerala est confronté à un volume de plastique ingérable. Selon un porte-parole d’Haritha Keralam, l’élimination de plastique et d’autres déchets non-biodégradables est rendue plus difficile par le manque de centres de recyclage [29] [42]. Le tri du plastique ne peut pas dans les premiers jours suivant la catastrophe être envisagé [30] [43]. Certains feux à ciel ouvert sont observés.

Le 19 août, un évènement fait le tour des réseaux sociaux : des vidéos montrent des excavateurs libérer un pont en déversant dans la rivière les déchets qui s’y sont accumulés. Il s’agit du pont Malayattoor-Kodanad qui ne se trouve pas loin du village Kalady et qui traverse la rivière Periyar. Pendant les inondations, de larges quantités de plastiques mêlées avec des débris végétaux ont été déposées sur le pont par la crue de la rivière. Il est donc décidé de le libérer avec des excavateurs pour ainsi permettre le passage en priorité des véhicules. Des habitants, ayant le sentiment d’avoir agi de la seule manière possible pour faciliter la circulation des secours, regrettent que ces scènes fassent scandale dans les médias [31] [44].

Des bonnes volontés viennent aux secours des autorités :

– des élèves de Govt Vocational Higher Secondary School (district d’Ernakulam) sous la tutelle du National Service Scheme (NSS) et avec l’aide de l’association Green People se mobilisent pour enlever sur les berges de la rivière Muvattupuzha environ 4 tonnes de déchets en plastique mélangés avec des couches, des déchets médicaux, des vêtements et de la végétation en décomposition [32] [48].

– une centaine de volontaires et la chanteuse Anju Brahmasmi lancent sur le terrain la campagne « Cleanup Kerala » en faveur du tri des déchets en plastique dans les camps de regroupement des personnes évacuées de leurs domiciles. Au bout de 2 jours, 400 kg de bouteilles en plastique sont collectés.

– « Recycle Kerala » réunit presque 5.000 volontaires. Roshan V V, l’organisateur, s’engage à ce que les déchets en plastique soient chargés dans les camions d’aide urgence qui repartent à vide à Bangalore. En deux semaines, environ 4 tonnes de plastique sont collectées, principalement dans les camps de personnes évacuées. Les déchets seront finalement pris en charge par des centres de recyclage dans l’Etat du Tamil Nadu [33] [49].

– la campagne « I Challenge Plastic Bottle », lancée par le père Fr Davis Chiramel de l’archidiocèse de Thrissur, auprès des établissements scolaires rencontre un certain succès. Par exemple, les élèves du BCM College (district de Kottayam) ramassent 15.000 bouteilles en plastique [34] [50] [35] [51].

Dégradation de l’eau et des écosystèmes

 

Les puits sont d’une grande importance au Kerala : 62% de sa population les utilisent comme source d’eau potable. 317.000 puits ont été provisoirement indisponibles dans l’Etat entier et 1.4 millions de personnes ont ainsi été pénalisées pour les besoins d’hygiène, domestiques et agricoles. Dans le seul district d’Ernakulam, 80.000 puits ont été remplis de boue et contaminés. Fin septembre, le nettoyage des puits était terminé à 90% [36] [53].

Les crues ont emporté dans leur course une quantité indéterminée de pesticides utilisés d’une manière intensive par l’agriculture. Les plateformes chimiques d’Edayar et d’Eloor (district d’Ernakulam) qui constituent le complexe industriel le plus important du Kerala sont inondées. Elles sont au bord de la rivière Periyar. Elles regroupent plus de 300 sites dont « Hindalco Industries Limited » (producteur d’aluminium et de cuivre), « The Fertilisers And Chemicals of Travancore Limited » (producteur de fertilisants), « Hindustan Insecticide Limited » (producteur d’insecticides, d’herbicides et de fongicides), des industries métallurgiques (zinc et chrome), des usines spécialisées dans la production de caoutchouc, dans la production d’encres et des tanneries. Il apparaît certain – même si à ce jour il n’y a pas de bilan à ce sujet – que des contaminations des sols et des ressources aquatiques ont eu lieu en aval. Les sols et les eaux ont aussi pu être contaminés par les hydrocarbures des stations services inondées, par les pesticides et autres produits toxiques stockés dans les entrepôts et dans les laboratoires [37] [54].

Dans le cadre du programme de prévention des catastrophes, les vannes de 35 barrages ont été ouvertes pour réduire les risques de rupture. Ces chasses ponctuelles ont aggravés les conséquences des inondations dues aux pluies de mousson. Après les inondations, les retenues d’eau utilisées pour l’irrigation agricole et les besoins de routine des populations étaient réduites à cause de la présence importante de boue dans les fonds. Les agriculteurs se retrouvent donc dans une situation délicate. Pour éviter la pénurie d’eau, certains réclament le curage des boues pour augmenter la capacité en eau. Les boues accumulées dans la retenue du barrage Malampuzha étaient évaluées en 2015 à 28 million de mètres cubes. L’apport des inondations de l’été 2018 serait au moins de 30 millions de mètres cubes de boue dans la retenue du barrage [38] [55].

Les zones humides de Kuttanad (districts d’Alappuzha et de Kottayam) sont en première approche polluées par des médicaments vétérinaires, des déchets organiques, des métaux lourds d’origine indéterminée, des fragments de plastique par centaines de milliers. La turbidité de l’eau a affecté la productivité du phytoplancton, ce qui pourrait à terme impacter la biodiversité et l’économie de la pêche [39] [56].

La rivière Meenachil est sinistrée. Ses 38 affluents ont été détournés. Ses zones d’expansion sont comblées par de la boue. Les déchets domestiques de Kottayam, Erattupetta, Palai et Ettumanur encombrent son lit. Cette rivière est une source d’eau vitale. Elle alimente en eau pour la consommation humaine ces quatre municipalités (environ 140.000 habitants) [40] [57].

Comme souvent après les inondations, les glissements de terrain sont constatés, par exemple sur près de 2 hectares dans la réserve de Wayanad. Ils contribuent à la déforestation. Les boues et les arbres morts s’accumulent dans les rivières en contre bas [41] [58].

Les animaux

 

Pendant les inondations, beaucoup de personnes sont obligées d’abandonner des animaux domestiques et d’élevages. Le 15 septembre, le département de l’élevage constate la mort d’environ 1.350.000 animaux pendant les inondations dans l’Etat entier, correspondant à 6.252 vaches, 5.166 veaux, 527 bisons, 6.054 chèvres, 1.025 cochons, 872.536 poules, 442.746 canards, 20.000 cailles, 21 lapins et 347 chiens [42] [60].

Dès les deux semaines qui suivent les inondations, 9.783 « grands » animaux, 39.362 « petits » animaux et 126.000 oiseaux avaient été enterrés [43] [61].

Là encore, une multitude d’initiatives s’est mise en place pour sauver des animaux isolés. Des centaines d’animaux ont été sauvés dans une des plus grandes opérations jamais réalisées en Inde après une catastrophe naturelle. Dans le seul district de Thrissur, 200 vaches ont été sauvées [44] [62].

Selon le département forestier, les inondations ont aussi entraîné la mort de certains animaux sauvages. Ainsi, les morts de 2 tigres, 8 éléphants, 1 cerf aboyeur, 2 gaurs, 1 porc-épic, 1 paon et 1 cobra royal sont constatés [45] [63]. Un éléphanteau est sauvé des eaux à Palakkad, de même qu’un cerf axis du côté de Kottiyoor (district de Kannur). Après le recul des eaux, ils ont été transférés dans la forêt [46] [64].

En novembre, des déchets de mélasse dispersés à ciel ouvert dans la forêt proche de Nilackal (district de Pathanamthitta) ont attiré les éléphants. Ces déchets proviennent d’un entrepôt endommagé par les inondations et appartenant à Travancore Devascom Board (TDB), une entité autonome responsable pour l’administration de 1248 temples dans l’Etat. Sous l’effet de la pluie et du temps passé, la mélasse a commencé à fermenter. Les éléphants viennent s’y abreuver et sont vite plongés dans un état d’ébriété. La décharge est située près d’un camp de pèlerins se rendant au sanctuaire Sabarimala hill shrine. La présence obstinée des éléphants qui refusent de s’en aller, malgré les pétards et autres dispositifs dissuasifs mis en œuvre par les agents forestiers, provoque l’inquiétude des pèlerins [47] [65].

Les espèces invasives

 

Animaux invasifs

Les inondations ont libéré des espèces invasives et exotiques. Les spécimens se sont échappés par milliers d’élevages de poissons alimentaires, de poissons d’aquariums et se sont dispersés dans les rivières. Parmi elles sont notées le pacu (Piaractus brachypomus), introduit de manière illégale et élevé en fraude par des aquaculteurs, le panga (Pangasianodon hypophthalmus), le tilapia génétiquement modifié (Oreochromis niloticus) et le gourami (Osphronemus gorami). Ces poissons sont essentiellement omnivores. S’ils s’adaptent à leur nouveau milieu naturel, ils risquent de mener à l’extinction la faune piscicole locale. D’autres espèces sont parties dans les flots en faible quantité. En particulier des araipama introduits de manière illégale en provenance du bassin amazonien et élevés pour leur viande et des poissons ornementaux, eux aussi importés illégalement comme le garpique alligator (Atractosteus spatula), en provenance des Etats-Unis, et comme le cyprin doré (Carassius auratus), en provenance de la Chine [48] [69].

Les inondations ont déjà provoqué le déclin de certaines espèces locales. C’est le cas des Clinotarsus curtipes, une espèce de grenouille, et des Nasikabatrachus sahyadrensis, une autre espèce de grenouille dont les sites de reproduction ont été ravagés par des glissements de terrain. Selon une enquête post-inondation de l’université d’agroforesterie de Thrissur, les inondations ont mené à un déclin d’espèces endémiques comme des libellules de l’espèce Platylestes platystylus, appelées localement « Soochithumbi » dont les larves et les pupes ont été anéanties par milliers [49] [70] et comme les Euparatettix personatus, une espèce de sauterelle dans la retenue du barrage de Banasura. Des milliers de reptiles, surtout des serpents, des lézards et des scinques ont cherché refuge dans les maisons provoquant des scènes de panique chez les rescapés.

Végétaux invasifs 

Les glissements de terrains et les débordements des rivières ont dispersé des espèces exogènes. A cause des glissements de terrains, des plantes comme les Mucuna bracteata, dont l’habitat endémique est la montagne, tentent de s’installer dans des forêts de plaine. L’inondation a dispersé des graines de l’espèce Senna spectabilis, considérée comme invasive et connue localement sous le nom de « Manja Konna » [50] [71]. Elle pose un danger pour les espèces locales à cause de ses capacités de prolifération. Elle freine la germination des espèces locales en émettant des substances répulsives. Les inondations ont aussi dispersé la grande sensitive (Mimosa diplotricha), la liane américaine (Mikania micrantha), le lantanier (Lantana camara) et l’herbe du Laos (Chromolaena odorata) [51] [72], toutes espèces rentrant dans la liste des plantes invasives.

 

Les maladies et les problèmes sanitaires

 

Les déchets post-inondation exposent les populations à des risques sanitaires. Des carcasses de bovins flottent dans l’eau stagnante, sont enlisés dans les boues, les égouts ont débordé et, comme déjà dit, les déchets remplissent les rues et les champs. Il y a dans l’air une odeur de décomposition et de pourriture [52] [73]. Dans plusieurs districts, des cas de leptospirose sont observés. 23 cas sont mortels [53] [74] dont 12 dans le district de Kozhikode [54] [75]. A partir de janvier, des agriculteurs et d’autres habitant ont exprimé des inquiétudes au sujet de la qualité des eaux stagnantes : ils constatent des éruptions cutanées en particulier sur leurs jambes et ils redoutent que les eaux soient contaminées par des produits ou des déchets chimiques échappés des usines à proximité. Ces craintes sont balayées par M.A. Baiju, responsable environnemental du Conseil de contrôle de la pollution de l’Etat du Kerala : il affirme qu’il n’y a pas d’autres polluants dans les eaux d’inondation que le soufre et qu’il n’y a pas eu de fuites à partir des usines, « parce qu’elles étaient fermées » [55] [76]. Sans vouloir contredire Mr Baiju, il est notable que les composés soufrés sont irritants et peuvent déclencher au contact des problèmes cutanés.

 

Destruction et reconstruction

 

En Inde, l’utilisation et l’extraction voire le recyclage de l’amiante sont autorisés. Les populations ne sont pas régulièrement informées des risques sanitaires induit par l’amiante et par son inhalation. Les inondations ont détruit un nombre important de maisons, qui, à l’intérieur ou dans les toitures, contenaient différentes formes de produits amiantés. Au moment de la destruction de ces maisons, les gravats ont sans aucun doute libéré des flux importants de poussières d’amiante, par la suite retombés dans l’environnement commun [56] [77].

Quelques semaines après les inondations, des membres de Thannal, une ONG, qui milite en faveur de l’habitat durable, ont constaté que des maisons construites il y a 100 ou 300 ans n’ont pas été détruites par les inondations. Les volontaires de Thannal effectuent des visites pédagogiques pour montrer comment utiliser les débris et la boue pour reconstruire les maisons. Il est, par exemple, possible de fabriquer des briques à partir de la boue séchée en ajoutant de la terre sableuse, des fibres (par exemple des anciens matelas) et du calcaire [57] [78].

Selon un rapport des Nations Unies, les dommages financiers des inondations atteignent INR 31.000 crore (4.4 milliards US$). Environ 17.000 maisons ont été détruites et 217.000 partiellement endommagées. Une aide équivalente à minimum $140 et pouvant atteindre $5.600 a été promise par le gouvernement du Kerala à chaque foyer sinistré [58] [79]. Fin janvier, environ 130.000 foyers ont reçu une aide financière [59] [80]. Le Kerala a sollicité une aide équivalente à $780 millions au gouvernement fédéral [60] [81]. A la fin novembre, New Delhi avait attribué $436 millions [61] [82].

 

Déchets post-catastrophe: les inondations d’août 2018 au Kerala (Inde)
Rapport d’étape au 27 février 2019.
Directrice de la publication: Charlotte Nithart
Documentation et rédaction: Jacky Bonnemains et Caroline Heinzel

 

 Références:

[1] [83] « Mumbai launches massive flood recovery op ». The Sydney Morning Herald [en ligne]. 31 juillet 2005. [Consulté le 26 février 2019]. Disponible sur : https://www.smh.com.au/world/mumbai-launches-massive-flood-recovery-op-20050731-gdls91.html

[2] [84] CHAUHAN, Shivanshu ; RAGHURAM, Sangeetha. « Rebuilding life in Kerala after the floods ». Forbes India [en ligne]. 11 septembre 2018. [Consulté le 26 février 2019]. Disponible sur : http://www.forbesindia.com/blog/infrastructure/rebuilding-life-in-kerala-after-the-floods/

[3] [85] « Kerala. Post Disaster Needs Assessment. Floods and Landslides. August 2018 ». United Nations Development Programme. Octobre 2018.

[4] [86] « Study Report. Kerala Floods of August 2018 ». Government of India. Central Water Commission. Hydrological Studies Organisation. Hydrology (S) Directorate. Septembre 2018. Disponible sur : http://cwc.gov.in/main/downloads/KeralaFloodReport/Rev-0.pdf

[5] [87] « Kerala. Post Disaster Needs Assessment. Floods and Landslides. August 2018 ». United Nations Development Programme. Octobre 2018.

[6] [88] CHAUHAN, Shivanshu ; RAGHURAM, Sangeetha. « Rebuilding life in Kerala after the floods ». Forbes India [en ligne]. 11 septembre 2018. [Consulté le 6 février 2019]. Disponible sur : http://www.forbesindia.com/blog/infrastructure/rebuilding-life-in-kerala-after-the-floods/

[7] [89] « Kerala. Post Disaster Needs Assessment. Floods and Landslides. August 2018 ». United Nations Development Programme. Octobre 2018.

[8] [90] « Corpn in a fix over waste disposal ». The Hindu [en ligne]. 5 septembre 2018. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/tp-kerala/corpn-in-a-fix-over-waste-disposal/article24868178.ece

[9] [91] JACOB, Jeemon. « After the floods, Kerala battles mounds of waste piled up on streets ». India Today [en ligne]. 3 septembre 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://www.indiatoday.in/india/story/after-the-flood-kerala-battles-mounds-of-waste-piled-up-on-streets-1330569-2018-09-03

[10] [92] « Unregulated waste dumping worries civic authorities ». The Hindu [en ligne]. 4 septembre 2018. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/tp-kerala/unregulated-waste-dumping-worries-civic-authorities/article24859819.ece

[11] [93] « Corpn in a fix over waste disposal ». The Hindu [en ligne]. 5 septembre 2018. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/tp-kerala/corpn-in-a-fix-over-waste-disposal/article24868178.ece

[12] [94] « Brahmapuram waste plant sitting on a powder keg ». The Hindu [en ligne]. 20 septembre 2018. [Consulté le 6 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/news/cities/Kochi/brahmapuram-waste-plant-sitting-on-a-powder-keg/article24989274.ece

[13] [95] « Floods take a huge toll on sanitation facilities ». The Hindu [en ligne]. 24 septembre 2018. [Consulté le 6 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/news/cities/Kochi/floods-take-a-huge-toll-on-sanitation-facilities/article25023007.ece

[14] [96] RAMAN, Giji K. « Flood hit Chappathu yet to be on track ». The Hindu [en ligne]. 22 novembre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/tp-kerala/flood-hit-chappathu-yet-to-be-on-track/article25562398.ece

[15] [97] « Remove flood debris from inland waterbodies ». The Times of India [en ligne]. 18 décembre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://timesofindia.indiatimes.com/city/kochi/remove-flood-debris-from-inland-waterbodies/articleshow/67134976.cms

[16] [98] « NSS unit on a mission to restore river ». The Hindu [en ligne]. 27 décembre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/news/national/kerala/nss-unit-on-a-mission-to-restore-river/article25843966.ece

[17] [99] « Action plan for cleaning up waterbodies ». The Hindu [en ligne]. 31 janvier 2019. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/todays-paper/tp-national/tp-kerala/action-plan-for-cleaning-up-waterbodies/article26135306.ece

[18] [100] « Rs 1.000 crore to revive Kuttanad post Kerala flood : Thomas Isaac ». The New Indian Express [en ligne]. 1er février 2019. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : http://www.newindianexpress.com/states/kerala/2019/feb/01/rs-1000-crore-to-revive-kuttanad-post-kerala-flood-thomas-isaac-1932764.html

[19] [101] « Kerala, After the flood : Piling waste raises risks to health, environment ; management by local bodies is need of hour. ». Firstpost [en ligne]. 1 septembre 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://www.firstpost.com/india/kerala-after-the-flood-piling-waste-increases-risks-to-health-environment-management-by-local-bodies-need-of-the-hour-5094141.html

[20] [102] SREELAYAM, Seema. « E-waste piled up during floods could be deadly ». Manorama [en ligne]. 26 août 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/lifestyle/news/2018/08/26/e-waste-piled-up-during-floods-could-be-deadly.html

[21] [103] SIMON, Steni. « E-waste disposal biggest challenge after Kerala floods ». The New Indian Express [en ligne]. 19 septembre 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : http://cms.newindianexpress.com/cities/thiruvananthapuram/2018/sep/19/e-waste-disposal-biggest-challenge-after-kerala-floods-1873840.html

[22] [104] NAMBUDIRI, Sudha. « 30-35 tonnes of e-waste generated every month ». The Times of India [en ligne]. 5 juin 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://timesofindia.indiatimes.com/city/kochi/30-35-tonnes-of-e-waste-generated-every-month/articleshow/64457124.cms

[23] [105] ARUN, K C. « Kerala floods : After the deluge, e-waste threat looms large in state ». The New Indian Express [en ligne]. 24 août 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : http://www.newindianexpress.com/states/kerala/2018/aug/24/kerala-floods-after-the-deluge-e-waste-threat-looms-large-in-state-1861946.html

[24] [106] SREELAYAM, Seema. « E-waste piled up during floods could be deadly ». Manorama [en ligne]. 26 août 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/lifestyle/news/2018/08/26/e-waste-piled-up-during-floods-could-be-deadly.html

[25] [107] GOPINATHAN. Sharanya. « How Cyclone Ockhi and Kerala floods inspired new plans for ocean waste management ». The News Minute [en ligne]. 21 septembre 2018. [Consulté le 13 février 2019]. Disponible sur : https://www.thenewsminute.com/article/how-cyclone-ockhi-and-kerala-floods-inspired-new-plans-ocean-waste-management-88745

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[27] [109] « Kerala produces 480 tonnes of plastic waste a day ! ». The Week [en ligne]. 3 juillet 2018. [Consulté le 13 février 2018]. Disponible sur : https://www.theweek.in/news/india/2018/07/03/Kerala-produces-480-tonnes-of-plastic-waste-a-day.html

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[29] [111] « Kerala, After the flood : Piling waste raises risks to health, environment ; management by local bodies is need of hour. ». Firstpost [en ligne]. 1 septembre 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://www.firstpost.com/india/kerala-after-the-flood-piling-waste-increases-risks-to-health-environment-management-by-local-bodies-need-of-the-hour-5094141.html

[30] [112] JAYARAJAN, Sreedevi. « As flood waters recede, Kerala now faces daunting task of waste disposal ». The News Minute [en ligne]. 23 août 2018. [Consulté le 13 février 20119]. Disponible sur : https://www.thenewsminute.com/article/flood-waters-recede-kerala-now-faces-daunting-task-waste-disposal-87132

[31] [113] RAJENDRAN, Dhanya. « Video of plastic waste from Kerala bridge thrown back into river is only half the story ». The News Minute [en ligne]. 21 août 2018. [Consulté le 13 février 2019]. Disponible sur : https://www.thenewsminute.com/article/video-plastic-waste-kerala-bridge-thrown-back-river-only-half-story-86969

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[33] [115] PRAKASH, Asha. « Is an eco-friendly, plastic-free Kerala emerging from the floods ? ». The Times of India [en ligne]. 2 septembre 2018. [Consulté le 13 février 2019]. Disponible sur : https://timesofindia.indiatimes.com/city/kochi/is-an-eco-friendly-plastic-free-kerala-emerging-from-the-floods/articleshow/65642145.cms

[34] [116] JOBY, Nikita. « Priest launches crusade against plastic waste ». Manorama [en ligne]. 23 octobre 2018. [Consulté le 14 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/news/campus-reporter/2018/10/06/plastic-waste-campaign-students.html

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[37] [119] « Kerala. Post Disaster Needs Assessment. Floods and Landslides. August 2018 ». United Nations Development Programme. Octobre 2018.

[38] [120] « After the flood, dams are filled with silt, not water ». Manorama [en ligne]. 1er novembre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/districts/palakkad/2018/10/31/after-floods-dams-filled-silt.html

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[40] [122] « Meenachil river stares at death post flood havox ». Manorama [en ligne]. 6 septembre 2018. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/districts/kottayam/2018/09/05/meenachil-river-stares-at-death-post-flood-havoc.html

[41] [123] SHAFEEQ, Mohammed. « Kerala floods leave trail of destruction in forests ; elephants, tigers among several animals killed ». Firstpost [en ligne]. 30 août 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://www.firstpost.com/india/kerala-floods-leave-trail-of-destruction-in-forests-elephants-tigers-among-several-animals-killed-5081351.html

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[43] [125] « Kerala : Courtesy volunteers, 90% flood-hit urban houses fit to stay ». The Week [en ligne]. 30 août 2018. [Consulté le 7 février 2019]. Disponible sur : https://www.theweek.in/news/india/2018/08/30/kerala-courtesy-volunteers-90-per-cent-flood-hit-urban-houses-fit-stay.html

[44] [126] « India’s ‘biggest’ pet rescue operation in Kerala floods ». BBC News [en ligne]. 23 août 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://www.bbc.com/news/world-asia-india-45267644

[45] [127] JAYAN E, Anagha. « Flood disaster takes its toll on dragonfly population ». Manorama [en ligne]. 31 octobre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/news/kerala/2018/10/31/flood-disaster-takes-toll-dragon-fly-population-thrissur.html

[46] [128] SHAFEEQ, Mohammed. « Kerala floods leave trail of destruction in forests ; elephants, tigers among several animals killed ». Firstpost [en ligne]. 30 août 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://www.firstpost.com/india/kerala-floods-leave-trail-of-destruction-in-forests-elephants-tigers-among-several-animals-killed-5081351.html

[47] [129] KARUNAKARAN, Binu. « ‘Drunk’ jumbos, a new headache for forest department in Kerala. ». The Times of India [en ligne]. 23 novembre 2018. [Consulté le 14 février 2019]. Disponible sur : https://timesofindia.indiatimes.com/city/kochi/drunk-jumbos-a-new-headache-for-forest-department/articleshow/66759877.cms?slideshow=66760367&slide=66760368#4

[48] [130] « Kerala. Post Disaster Needs Assessment. Floods and Landslides. August 2018 ». United Nations Development Programme. Octobre 2018.

[49] [131] JAYAN E, Anagha. « Flood disaster takes its toll on dragonfly population ». Manorama [en ligne]. 31 octobre 2018. [Consulté le 5 février 2019]. Disponible sur : https://english.manoramaonline.com/news/kerala/2018/10/31/flood-disaster-takes-toll-dragon-fly-population-thrissur.html

[50] [132] JOHN, Haritha. « After the floods, a deluge of invasive plant species is threatening Kerala’s ecology ». Scroll [en ligne]. 18 janvier 2019. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://scroll.in/article/909690/after-the-floods-a-deluge-of-invasive-plant-species-is-threatening-keralas-ecology

[51] [133] MANOJ, E.M. « Kerala flood opened the gates to invasive plants ». The Hindu [en ligne]. 17 novembre 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://www.thehindu.com/sci-tech/energy-and-environment/kerala-flood-opened-the-gates-to-invasive-plants/article25527457.ece

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[53] [135] JACOB, Jeemon. « After the floods, Kerala battles mounds of waste piled up on streets ». India Today [en ligne]. 3 septembre 2018. [Consulté le 8 février 2019]. Disponible sur : https://www.indiatoday.in/india/story/after-the-flood-kerala-battles-mounds-of-waste-piled-up-on-streets-1330569-2018-09-03

[54] [136] TK Devasia. « Kerala, After the flood : Piling waste raises risks to health, environment ; management by local bodies is need of hour. ». Firstpost [en ligne]. 1er septembre 2018. [Consulté le 4 février 2019]. Disponible sur : https://www.firstpost.com/india/kerala-after-the-flood-piling-waste-increases-risks-to-health-environment-management-by-local-bodies-need-of-the-hour-5094141.html

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[59] [141] « Kerala Flood Relief : Close to 7 lakh Persons have received financial aid, saiys CM ». News Click [en ligne]. 28 janvier 2018. [Consulté le 27 février 2019]. Disponible sur : https://www.newsclick.in/kerala-flood-relief-close-7-lakh-persons-have-received-financial-aid-says-cm

[60] [142] M.K., Nidheesh. « Kerala floods : 100 days after, where is the reconstruction ». Live mint [en ligne]. 25 novembre 2018. [Consulté le 26 février 2019]. Disponible sur : https://www.livemint.com/Politics/vZPS6WANAyBae0UWc92XtK/Kerala-floods-100-days-after-where-is-the-reconstruction.html

[61] [143] « Centre approves additional Rs 2.500 crore for Kerala flood relief ». The News Minute [en ligne]. 30 novembre 2018. [Consulté le 26 février 2019]. Disponible sur : https://www.thenewsminute.com/article/centre-approves-additional-rs-2500-crore-kerala-flood-relief-92493