Entre
le 1er janvier 2006 et le départ en fanfare de l’ex
porte-avions vers l’Inde et le 18 mai 2006, 95 bateaux
ont rejoint dans le silence les chantiers de démolition
sans la moindre opposition des pays exportateurs et importateurs
– 60 au Bangladesh, 22 en Inde, 3 en Chine, 3 en Turquie
et 7 vers une destination non connue -. L’âge
moyen est de 30 ans. La longueur moyenne est de 163 m. Le
poids total des métaux récupérables se
situe autour de 700.000 t. Pas un gramme d’amiante n’a
été retiré préalablement de ces
navires. 20 navires battaient un pavillon européen.
19 autres appartenaient à des armateurs européens
et étaient immatriculés sous des pavillons de
complaisance comme Panama et Saint-Vincent-et-Grenadines.
En ce sens, la manière la plus sûre d’échapper
à la vigilance à éclipse des ONG et de
l’Union Européenne dont le commissaire à
l'environnement a stigmatisé l'envoi du Clemenceau
en Inde, c’est pour un armateur européen d’immatriculer
ses navires au Cambodge ou en Mongolie ou dans n’importe
quel état hors l’Union Européenne, du
moins pour les derniers voyages.
Pour
en revenir au Clemenceau dont Robin des Bois demandait
le désamiantage préalable à la démolition
dès novembre 2003, il convient de redire qu’il
n’y a en France aucune installation immédiatement
disponible pour sa dépollution résiduelle et sa
déconstruction, que les tentatives faites en Europe sont
aujourd’hui avortées ou suspendues, qu’un
chantier moderne de démolition de navires et de ferraillage
doit être une installation classée pour la protection
de l’environnement ou son équivalent et qu’il
est donc prématuré de la part des uns et des autres
de s’engager sur des délais et des lieux de recyclage
et de disparition du Clemenceau.
Sabordage
de l'ex-porte-avions Oriskany : nous demandons à
chacun et en particulier aux journalistes de ne pas être
victimes de la désinformation de Greenpeace et des autorités
de Floride. La majeure partie de l'amiante est restée
à bord après scellement ou encapsulage. L'amiante
est dangereux pour les organismes marins. 340 kg de PCB et la
dégradation future des peintures et revêtements
toxiques résiduels constituent d'autres menaces pour
l'environnement marin. Ce programme de récifs artificiels
est un programme de sites pollués sous-marins. Nous en
demandons la suspension. Il est en contradiction avec l'ensemble
des conventions internationales spécialisées et
avec la convention pour le renflouement des navires (Wreck Removal
Convention) qui sera adoptée en 2007 par l'Organisation
Maritime Internationale.
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