L’exercice
Clemenceau se poursuit. L’expertise de Veritas a permis
de localiser les matériaux résiduels contenant de l’amiante
lié ; les premières campagnes de désamiantage visaient
à retirer l’amiante libre et accessible. La persistance
des matériaux amiantés doit être rapportée
à un bâtiment de 265 m de longueur, 51 m de largeur, sur
14 ponts. A l’exception de Robin des Bois, toutes les parties
aux réunions d’information et de concertation tenues au
Ministère de la Défense à Paris ont accepté
dès le début du processus le principe de la quantification
des matériaux contenant de l’amiante par métrés
et m2 , au détriment des unités de poids.
Un 2ème inventaire concernera au début de l’année
prochaine les autres déchets toxiques éventuellement embarqués
comme les hydrocarbures et les PCB, substances chlorées utilisées
dans les peintures, les revêtements et les équipements
électriques pour leur résistance thermique et leur potentiel
biocide.
Robin des Bois souhaite que le doute soit définitivement levé
sur la présence éventuelle et localisée d’uranium
appauvri ou d’alliages radioactifs contenant du thorium. Les experts
de Veritas disent que ces matériaux peuvent être utilisés
en aéronautique et ne pensent pas qu’ils soient utilisés
en nautique. Il est cependant rappelé que le «passeport
vert», sorte d’inventaire et de cartographie des substances
toxiques qu’il est prévu d’imposer à tous
les navires voués à la démolition et que certains
armateurs commencent à appliquer depuis quelques années
inclut une inspection radiologique (cf
A la casse.com n° 6, bulletin d’information sur la démolition
des navires).
Le travail réalisé sur l’ex-Clemenceau
à la demande du Ministère de la Défense et sous
sa responsabilité jusqu’à ce que tous les déchets
intégrés au porte-avions soient éliminés
est souvent présenté comme atypique et non reproductible
et utile exclusivement aux entreprises qui procéderont à
son démantèlement. En fait, cet exercice de référence
sera très utile à ceux qui procèderont à
la démolition du porte-avions Sao Paulo, ex-Foch,
sistership du Clemenceau, vendu par la France au Brésil
en 2000. Une synergie Clemenceau / Foch qui arrive en fin de
vie est possible et souhaitable. Les autres pays comme les Etats-Unis
qui pratiquent ou envisagent de pratiquer l’immersion des porte-avions
après extraction des polluants visibles comme les hydrocarbures
et scellement à bord des polluants invisibles comme l’amiante
pourront trouver dans les résultats complets de l’expertise
Clemenceau des arguments nouveaux en vue du recyclage à
terre des navires de guerre.
De même, des investigations génériques similaires
devront être menées sur des exemplaires typiques de la
marine civile: porte-conteneur, navire de croisière, chimiquier,
pétrolier, méthanier, butanier, vraquier. Les bilans seront
très utiles aux chantiers de démolition en exercice et
en projet.