Les errements de la déconstruction navale
Objet : Clémenceau
Après avoir formé le projet dimmerger officiellement
le porte-avions Clémenceau, la Marine Nationale se trouve
confrontée au maquis de la sous-traitance des ferrailleurs
de navires. Parti de Toulon et attendu à Gijon, le convoi sorienta
donc vers la Méditerranée orientale.
Il nest finalement pas sûr que lex-navire de guerre,
contenant plusieurs milliers de tonnes damiante, des milliers
de litres de pyralène et des résidus dhydrocarbures
trouve un démolisseur, sauf en Inde ou au Pakistan. Alerte
! A défaut dimmersion volontaire, une immersion accidentelle
est vite arrivée. La politique de la Marine Nationale est
ambiguë. Jusquà lentrée en vigueur
le 31 décembre 2004 de linterdiction dimmersion
de navires dans le cadre de la convention internationale pour la protection
du milieu marin de lAtlantique du Nord-Est, la Marine Nationale
entend détruire plus de 50 navires au cours dexercices
de tirs liés à lentraînement des forces
navales.
LEtat français nest pas en reste. Les navires désaffectés
du service des Phares et Balises sont dici quelques mois promis
au même exutoire et au même mode délimination.
La Marine Nationale a même inventé un mot spécifique
pour valider cette pratique : locéanisation .
Elle a, il y a un mois, procédé à locéanisation
expéditive de lAdamandas, un cargo de 165 m de
long considéré comme en perdition par les autorités
françaises civiles et maritimes avant même que les experts
de la compagnie internationale Smit puissent donner leur avis sur
les conditions dassistance.
Depuis 3 ans, Robin des Bois réclame la mise en place en
Europe du Nord dune plate-forme de déconstruction de
navires-poubelles, quils soient civils ou militaires. Les pouvoirs
publics restent totalement inactifs à ce sujet, même
au stade de la cogitation.
Il se murmure que lun des prochains immergés serait le
Winner, la fameuse prise de guerre de la Marine Française
le 13 juin 2002. A Brest, les candidats à locéanisation
bateaux saisis, remorqueurs, et autres engins flottants-
sont sur une longue liste dattente.
Sans attendre la fin de lannée 2004, lEtat français
et la Marine Nationale sont déjà dans lillégalité.
Depuis février 2003, le plan national de décontamination
et délimination des appareils contenant du pyralène
oblige tous les détenteurs à procéder à
linventaire et à lélimination dans des filières
agréées de tous les appareils contenant du pyralène.
Labandon, la cession, la location, la revente de tout appareillage
électrique contenant ces substances chlorées, persistantes,
et particulièrement dangereuses pour lenvironnement marin
sont interdits. Or, avant dêtre revendus à des
ferrailleurs, les bateaux-poubelles ne sont pas débarrassés
de ces déchets toxiques. Entre 1950 et 1990, lusage du
pyralène (appellation commerciale des PolyChloroBiphényles
-PCB-) était privilégié à bord des navires,
compte-tenu de ses capacités de résistance à
lincendie.