Quelle
retenue ?
Objet : les vases du canal de retenue - Cherbourg
Creusé en 1777 pour collecter les eaux de la Divette et du
Trottebecq, le canal de retenue de Cherbourg n'a pas été
dragué depuis 1940. Les pollutions bactériologiques
métalliques et chimiques (arsenic, cadmium, nickel cuivre,
plomb, mercure et hydrocarbures, fluor et PCB) sont significatives.
Il est aussi probable que les 65.000 t de vases historiques stockées
dans le canal recèlent une pollution pyrotechnique. Dans le
cadre du réaménagement du quartier des Bassins, il avait
été initialement prévu d'immerger ces vases au
large de Fermanville. De vigoureuses protestations émises par
Robin des Bois et l'opinion publique ont amené le maître
d'ouvrage - la communauté Urbaine de Cherbourg - à changer
d'option sans renoncer au projet de comblement partiel du canal et
de réaménagement du quartier.
Le cabinet d'expertise In Vivo qui accompagnait la CUC dans cette
démarche d'immersion disait en 1999 dans le dossier d'enquête
publique que les solutions alternatives à terre entraîneraient
des coûts non négligeables de fonctionnement avec la
récupération des rejets liquides visant à éviter
la contamination des nappes phréatiques. Pour la réalisation
de casiers étanches terrestres, la tutelle des services de
l'Etat est obligatoire, de même qu'une nouvelle enquête
publique. Il s'agit en effet de mettre en sécurité
in situ 65.000 tonnes de déchets municipaux et donc d'ouvrir
un centre de stockage agréé en centre-ville. Une
autre voie de régularisation administrative serait de considérer
cette décharge de produits pâteux comme un site potentiellement
pollué et de réaliser une Étude Détaillée
des Risques avec validation administrative des options de réhabilitation
et de mise en sécurité proposées par le pétitionnaire
et ses experts en environnement et en risques sanitaires, s'ils existent.
C'est pourtant dans la plus grande discrétion que le maître
d'ouvrage et son maître d'oeuvre, une entreprise de travaux
publics de la région nantaise, s'apprêteraient à
déplacer une partie des vases, à construire 2 digues
et à élaborer une plate-forme pour la SNCF. La discrétion
serait perturbée par les dégagements de méthane
et de gaz sulfurés (in "Étude d'incidence de l'immersion
des déblais de dragage du canal de retenue - quartier des Bassins
- Cherbourg" janvier 1999), et les déclenchements intempestifs
d'engins de guerre non détectés; plus tard les défaillances
de stabilité des lignes ferroviaires et les pollutions des
nappes d'eau souterraines sont à redouter. L'espace vert réservé
aux Cherbourgeois dans le quartier réaménagé
risque de sentir les composés organiques volatiles et autres
sous-produits de dégradation des hydrocarbures.
La décision de ne pas immerger les boues du canal de retenue,
pas plus que celles du bassin du commerce du port de Cherbourg, est
positive. Mais les alternatives à terre doivent être
élaborées dans un cadre juridique et environnemental
strict, que ce soit pour les boues du canal de retenue ou celles du
bassin du commerce avec lesquelles il est envisagé de créer
des terre-pleins dans l'emprise portuaire. Les responsables des travaux
de voirie de la Communauté Urbaine de Cherbourg se refusent
à tout commentaire à ce sujet.