Demain
1er avril, M. Chirac enterre les poissons
Demain, le président et candidat à la présidence
Jacques Chirac se rend sur les lieux du crime écologique le
plus retentissant de son septennat. l'enquête de Robin des Bois
et les premiers constats prouvent que l'estuaire de la Seine, ses
nourriceries de poissons, ses zones humides, ses vasières,
ses reposoirs à oiseaux migrateurs, jusqu'à ses coteaux
calcaires classés Natura 2000, sont en cours de massacre pour
le bien particulier du Port Autonome du Havre et d'une cohorte d'intérêts
privés, au détriment de l'aménagement du territoire
et du développement des ports normands qui meurent en torpeur,
comme Cherbourg.
La sécurité maritime ou l'insécurité maritime
des accès à "Port 2000" et du chenal de la
Seine, la compatibilité de "Port 2000" avec les usines
et stockage Seveso déjà sur site, et les effets du rejet
en mer de 40 millions de tonnes de boues de dragage pollués
aux PCB, aux métaux lourds, aux hydrocarbures ne sont pas convenablement
étudiés.
En 1995, quelques semaines après son élection, M. Chirac
s'est rendu au Havre et a intronisé "Port 2000" en
tant que projet "d'intérêt national". 7 ans
après, le mal est en train d'être fait grâce à
la collusion des élus, tous brassards et casquettes confondus.
Le Ministre des Transports a joué un rôle éminent,
distribuant subventions, nominations et euphorisants. Grâce
à lui, des ingénieurs constructeurs de ronds-points
et de ponts, transfuges de la DDE et des TP aménagent l'estuaire
de la Seine en plate-forme à conteneurs, comme s'ils travaillaient
sur une autoroute ou à Garonor.
Récemment pourtant, M. Chirac répondait à
Robin des Bois que les risques industriels liés à "Port
2000" étaient un sujet préoccupant et l'invitait
à interpeller à ce sujet les ministres concernés
du gouvernement.
A l'occasion de l'excursion en bus que le président et son
entourage feront demain sur le chantier, nul doute qu'il se rendra
à l'évidence et que ses conseillers en environnement
lui montreront que le projet "Port 2000" est dans la zone
létale et des dommages irréversible des stockages pétroliers
de la Compagnie Industrielle et Maritime. L'exploitation d'un port
moderne est incompatible avec l'exploitation d'une antique et gigantesque
accumulation de citernes à hydrocarbures. Ne sortez pas du
bus M. Chirac, il y a aussi des vestiges de guerre sur la zone, à
sec; les travaux de destruction et d'arasement ont commencé
mais - comme il est d'usage au Havre - le protocole de dépollution
pyrotechnique et de sécurité est en cours d'élaboration.