Port
2000 est à quai
Port 2000 ne décolle pas. Le report des opérations de
dragage et de terrassement immobilise sur le site des équipements
lourds arrivés en urgence lannée dernière.
Au cours dune réunion tenue en avril 2002 au Port Autonome
du Havre, le principe proposé par Robin des Bois dune
information régulière sur létat davancement
du chantier a été accepté. Le Port Autonome du
Havre devrait donc diffuser publiquement des rapports détape
dans le cadre de réunions organisées par la Maison de
lEstuaire.
-
Lancé en octobre 2000, le chantier maritime de déminage
/ débombage du projet dextension du Port Autonome du
Havre " Port 2000 " devait être terminé en
septembre-octobre 2001 puis en avril 2002 selon les déclarations
successives devant le Conseil dEtat. Au mois davril, les
équipes de déminage sont effectivement parties mais
elles sont revenues en mai. Le nouveau chantier porte sur les abords
des anciennes canalisations industrielles et des futurs musoirs, dans
des zones où pourtant " lachèvement des opérations
de déminage et de débombage " a été
attesté par le Préfet Maritime en janvier 2002.
- Mais limprovisation du Port Autonome du Havre face aux risques
industriels et pyrotechniques paralyse le chantier dans un autre secteur
crucial : le creusement à terre des nouvelles darses. Les travaux
de terrassement sont reportés depuis 4 mois. La dragline du
plan Marshall et la dragline rapatriée de Patagonie sont immobiles
depuis leur arrivée sur site. La zone où il est projeté
dextraire 18 millions de tonnes de matériaux est située
à 400 m des bacs pétroliers. Maritime en 1944, elle
a été bombardée, puis remblayée dans les
années 70 par des déchets et des boues de dragages du
port. La détection des munitions sur le périmètre
terrestre aurait du être effectuée bien avant larrivée
des hommes et des machines, mais elle est en cours. LINERIS
a été mandaté en urgence pour délivrer
un avis qui devait intervenir fin mai. En attendant, les assureurs
refusent de garantir lexécution des travaux de terrassement,
conformément à lordonnance du Conseil dEtat.
- Depuis mars, il est procédé au sud des stockages de
la CIM à lenlèvement partiel des émissaires
ayant servi au rejet en mer des déchets liquides de Millenium
ex-Thann et Mulhouse (1800m) et dHydro Agri France ex Cofaz
(2 km). Pour ce dernier site il est attesté que certaines pièces
métalliques étaient au moment du démantèlement
faiblement radioactives, dont des canalisations. Il savère
dautre part que les minerais utilisés par les usines
productrices de dioxyde de titane peuvent aussi dans le cours du process
industriel concentrer des tartes ou autres dépôts radioactifs.
En conséquence, il est particulièrement inquiétant
de constater que ces tuyaux, sans avoir fait lobjet dun
diagnostic radiologique ou chimique connu du public, sont depuis quelques
semaines regroupés dans une décharge sous-marine dénuée
de fondement juridique, au pied de la digue de protection des stockages
pétroliers de la CIM (photos disponibles). Ou bien, ces canalisations
sont indemnes de toute contamination et elles doivent être récupérées
conformément à la législation en vigueur qui
interdit labandon de tous les déchets recyclables, ou
bien elles sont contaminées et elles doivent être ramenées
à terre et faire lobjet dun stockage ou dun
traitement particulier.
- A la suite dune information diffusée par Robin des
Bois en février 2002, le PAH a reconnu quen novembre
2001 plusieurs personnes avaient été incommodées
ou intoxiquées par des dégagements gazeux, suite aux
premiers creusements nécessaires à lextension
du Centre Roulier. Linterruption des travaux, consécutive
à " loubli " dune décharge sauvage
analogue dans le principe à celle mise à jour en lan
2000 par Robin des Bois dans la réserve naturelle, à
permis la colonisation de la chambre de dépôts par des
oiseaux rares et protégés par la loi. Les sédiments
à draguer contiennent notamment des PCB. Labsence de
carottages sur lensemble de la zone suspecte et linexistence
dune étude historique empêchent à notre
sens la reprise des travaux pour la fin du mois de juillet. Lémancipation
des jeunes avocettes est évidemment une priorité. Mais
ce nest pas, loin de là, la seule. Il sagit en
effet de bien connaître les sédiments à draguer
et de mettre au point un protocole de dragage garantissant linnocuité
sanitaire pour les opérateurs et pour les usagers du centre
roulier et du terminal de lOcéan. Initialement les travaux
étaient prévus en hiver en vue de réduire limpact
sur léquilibre biologique du Grand Canal. Le Grand Canal
qui servira dexutoire aux eaux et aux polluants de décantation
de la chambre de dépôt prévue pour 450.000 tonnes
de déblais de dragage.
- Rien na été dit pendant le grand débat
public et lenquête publique sur les éventuelles
épaves enfouies dans lemprise de " Port 2000 ".
Le dossier a fait une référence discrète au patrimoine
archéologique. Selon une note des affaires culturelles de Haute-Normandie,
il nexiste pas de patrimoine archéologique connu dans
la zone estuarienne. Or, de nombreux naufrages ont eu lieu sur le
secteur de " Port 2000 ". En 1670, le Rouen, un vaisseau
de guerre construit au Havre et servi par 70 canons et 280 hommes
déquipage a fait naufrage en vue de la pointe du Hoc.
Selon lhistoriographe officiel de la Marine, le Rouen aurait
été renfloué. Selon les chroniqueurs havrais,
tout a été perdu. La perte du Rouen fût très
sensible au Roi et à Colbert. En conséquence, plutôt
que " la surveillance légère des rejets de sédiments
" préconisé par le conservateur régional
de larchéologie, Robin des Bois recommande la présence
permanente darchéologues sur site et un dispositif dalerte
et de précaution au cas où les excavations et dragages
dévoileraient des vestiges historiques.