Bulletin
d’information et de suivi sur les PCB
Somme
La
commercialisation de poissons pêchés dans la Somme et
dans les affluents et étangs qui y sont reliés est interdite
entre Saint-Quentin et Feuillères. L’interdiction devrait
être prochainement étendue au moins jusqu’à
Amiens. Il est probable que les inondations de 2001 ont joué
un rôle de propagation et d’uniformisation des pollutions
chimiques dans le cours inférieur de la Somme. Les activités
anciennes de la SPELIDEC * à Saint-Quentin sont sans doute
la source de contamination principale. A la fin de l’année
1982, la Direction Interdépartementale de l’Industrie
découvrait une station de transit de transformateurs et de
condensateurs électriques provenant en majorité d’EDF.
Ce site fonctionnait sans autorisation. Ce n’est qu’à
partir de 1985 que 540 fûts reconditionnés sur place
en novembre 1984 ont commencé à être expédiés
dans la seule usine spécialisée dans le traitement des
composants aux PCB alors en fonctionnement en France. SPELIDEC est
répertorié dans l’inventaire des sites pollués
de 1994 avec la mention « sol et nappe pollués ».
Fin 1994, le sol de SPELIDEC a fait l’objet de divers remaniements.
Des terres plus ou moins contaminées ont été
éparpillées aux alentours de Saint-Quentin, notamment
à Maissemy, sans qu’une traçabilité exacte
ait été réalisée. L’ancienne emprise
SPELIDEC a été vendue à la ville de Saint-Quentin
; elle est désormais intégrée à la ZAC
de la porte d’Isle. Les sous-sols de la ZAC contiennent des
PCB résiduels et la nappe sous-jacente (5 à 6 m) n’a
pas été dépolluée. SPELIDEC disparaît
dans l’édition 1996 de l’inventaire des sites pollués.
Des interventions urgentes visant à relocaliser tous
les sites de dispersion des terres contaminées et d’éventuels
objets en provenance de SPELIDEC sont nécessaires de même
que la meilleure connaissance de l’impact de l’ex-emprise
SPELIDEC sur la qualité des eaux de la Somme.
*
SPELIDEC aurait servi en 1983 de plate-forme de transit aux 41 fûts
de terres souillées aux dioxines issues de l’accident
de Seveso en Italie. Ces fûts auraient été retrouvés
dans l’annexe d’une boucherie en mai 1983 à Anguilcourt-le-Sart
dans l’Aisne avant d’être incinérés
à Bâle après un transit dans le camp militaire
de Sissonne.
Rhône
Parmi
les sources potentielles de contamination du bassin du Rhône
par les PCB figure à l’amont la friche Alsthom d’Aix-les-Bains
aujourd’hui placée sous la responsabilité d’AREVA.
Des centaines de parties actives de condensateurs y ont été
enfouies à environ 2 m de profondeur et des concentrations
importantes en PCB ont été détectées au
niveau de plusieurs forages. La pollution menace à la fois
le lac du Bourget sous l’action de la rivière Tillet
qui s’y jette et le bassin amont du Rhône sous l’action
des nappes phréatiques.
Voir
dans la revue Contrôle de novembre 2007 l’article de Robin
des Bois «
Dépôts chimiques et radioactifs : le cas du Rhône
» sur le rôle des inondations dans le transport des pollutions
(pdf).
La
Suisse se remet à l’heure PCB
Conformément
à ce qui était dit dans le bulletin
n°1, la Suisse a découvert dès 1987 des anomalies
PCB dans le lac Léman et vient de réactiver son programme
de détection. Les premiers résultats devraient être
connus au début de l’année prochaine.
Vandalisme
et vol de métaux
Depuis
notre premier bulletin PCB du 10 octobre 2007, deux transformateurs
au pyralène ont été vandalisés pour récupérer
le cuivre, faute d’avoir été assujettis à
une filière d’élimination fiable et accélérée.
Le
premier début octobre en Guadeloupe alors qu’il était
en attente d’expédition en métropole pour y être
retraité. 200 litres de pyralène se sont échappés
et ont contaminé des sols qui ont dû être excavés
et qui devront être traités en métropole dans
une usine spécialisée. A noter que le transport maritime
des transformateurs et du pyralène en provenance des territoires
d’outre-mer se fait dans des conditions médiocres et
que les conteneurs arrivent souvent fuyards et dans des états
dégradés.
Le
deuxième dans le Maine-et-Loire fin novembre dans une minoterie
désaffectée. EDF-GDF service Anjou, toujours pas au
courant de la réglementation PCB et des obligations en la matière
dit « qu’il n’existe pas de recensement de ce type
de matériel ». A titre de précaution et
malgré les déclarations rassurantes de la préfecture,
Robin des Bois demande un suivi de la contamination des poissons sauvages
de la Sarthe, et des poissons d’élevage s’il y
en a, entre Morannes (49) et Angers. Robin des Bois souhaite que l’identification,
l’enlèvement et le retraitement des transformateurs aux
PCB dans les sites industriels désaffectés constituent
une priorité pour tous les services de l’Etat, les liquidateurs
judiciaires et les maires.
Bretagne,
étang de Via, 20 ans après
Entre
juin 1986 et février 1987, l’étang de Via près
de Redon en Ille-et-Vilaine avait été pollué
par des épandages de PCB et d’hydrocarbures en provenance
de l’entreprise Erre spécialisée dans la maintenance
de transformateurs électriques. Des quantités importantes
de sédiments ont été curées et transportées
dans les carrières d’Avrillé près d’Angers,
de même que 2 tonnes de poissons contaminés. Robin
des Bois souhaite que, 20 ans après, un bilan environnemental
de l’étang de Via et un bilan hydrogéologique
des carrières d’Avrillé soient réalisés.
Accès
au bulletin n°1