Un
fiasco électronique et écologique
Les
photos du site du Cedre sont disponibles dans la rubrique "Quelques
dossiers".
En
Loire-Atlantique prospère un site de regroupement et de "défabrication"
d'équipements électroniques en fin de vie. Les arrivages
de Minitel, de téléviseurs, et autres machines grises
à écran ou à cartouches s'accélèrent,
en conformité avec les directives européennes et la réglementation
française sur les déchets d'équipements électriques
et électroniques (DEEE) et s'accumulent à ciel ouvert.
A Issé, le Cedre (Compagnie Européenne De Recyclage Electronique)
stocke sur terre battue ou dans des bâtiments ouverts à
la pluie des lots de PEFV (Produits Electroniques en Fin de Vie) intègres
ou désossés. Ces déchets dangereux contiennent
du plomb, du cadmium, des terres rares toxiques, voire très faiblement
radioactives, du chrome, du mercure, des PCB, et des plastiques imprégnés
de retardateurs de flammes comme le brome.
Installés dans les bâtiments vétustes de Phospho-Guano,
le Cedre stocke ses lots de déchets électroniques en attente
de recyclage et ses déchets de "défabrication"
sur un délaissé ferroviaire. Les employés sont
exposés à des conditions de travail difficiles qui ne
prennent pas en compte les risques des matières dangereuses et
cancérigènes entrant dans la composition des ordinateurs
et téléviseurs. A l'évidence, l'entreprise n'a
pas les moyens technologiques et financiers pour s'inscrire dans une
filière de recyclage plus facile à organiser sur le papier
que sur le terrain.
Il est probable que les prestataires de traitement des déchets
d'équipements électriques et électroniques en activité
en France laissent, si rien de plus n'est fait pour les encadrer, des
dizaines de sites pollués par des tumulus d'écrans. Il
est probable que le recyclage des DEEE rencontre des difficultés,
des marasmes, et des escroqueries comparables à la filière
piles. Une vigilance accrue des pouvoirs publics, des collectivités
locales, des structures associatives et de tous les détenteurs
de vieux ordinateurs voués à l'abandon est requise.
Il parait justifié de faire une pause dans les arrivages, de
réévaluer la fonctionnalité et le statut administratif
de cette installation, et si nécessaire, d'imposer aux fournisseurs
la reprise des appareils non recyclés comme les Minitels de France
Telecom ; en analogie avec la démarche initiée par le
Ministère de l'Ecologie dans le cas de la faillite de Zimaval,
une autre entreprise "pilote" spécialisée, elle,
dans le "recyclage" des piles et batteries. Autre ressemblance
avec Zimaval, des lots de déchets électroniques auraient
été stockés "provisoirement" dans l'enceinte
de l'usine Atlas, une autre entreprise à risques de la commune
d'Issé.