Le
Probo Koala, 2 ans après
Le
Probo Koala, armateur grec, pavillon Panama, affrété
par Trafigura (société franco-helveto-anglo-hellénique)
a déchargé à Abidjan, Côte d’Ivoire,
il y a deux ans, environ 500 tonnes de résidus d’exploitation
contenant du mercaptan et du soufre qui ont ensuite été
dispersés dans une quinzaine de lieux publics autour
de la capitale ivoirienne. Le bilan initial a fait état
de 10 morts et de plusieurs centaines d’intoxiqués. |
Le
Probo Koala, navire du type OBO -Ore, Bulk, Oil- était
utilisé par l’affréteur Trafigura comme une installation
de désulfuration d’essence. Cette opération d’épuration
sous-produit des déchets d’exploitation toxiques. Le
Probo Koala se livrait à ce type d’opération
en route et lors d’escales prolongées en face de Gibraltar
(Royaume-Uni). Depuis l’affaire du Probo Koala, ni
l’Union Européenne, ni l’Organisation Maritime
Internationale n’ont interdit ce genre de raffinage maritime
sur l’ensemble des navires ou à bord des navires appartenant
à des armateurs européens. De même, aucune clarification
n’est intervenue sur la gestion de ces résidus spécifiques
d’exploitation.
Le Probo Koala après son passage à Gibraltar
a fait escale à Amsterdam pour y décharger ses déchets.
En cours de déchargement, des anomalies -odeurs et non-conformité
chimique- ont été constatées par les opérateurs
hollandais. Une plainte de voisinage a même été
déposée. A la suite de négociations entre les
autorités hollandaises et l’affréteur, les déchets
ont ensuite été rechargés dans les cuves du Probo
Koala. Cette opération n’est pas conforme aux règlements
douaniers, ni à la directive européenne sur le traitement
des résidus de cargaison et d’exploitation à bord
des navires. Ce transit sur le territoire hollandais assimile ce rechargement
à une exportation de déchets dangereux rentrant dès
lors dans le cadre de la Convention de Bâle sur les mouvements
transfrontaliers de déchets.
Sa dernière escale avant l’Afrique a été
le port de Paldiski-Tallinn en Estonie. Les déchets n’y
ont pas fait l’objet d’une surveillance particulière
malgré l’alerte donnée par les autorités
hollandaises.
Le Probo Koala, selon des informations parvenues à
Robin des Bois et jamais démenties était en fait la
propriété du groupe BNP Paribas, partenaire financier
de Trafigura.
Un mois après le scandale d’Abidjan, la vente du Probo
Koala à une compagnie de Dubaï a été
confirmée et le Probo Koala est devenu le Gulf
Jash, toujours sous pavillon Panama. Depuis lors il a touché
l’Espagne et les Etats-Unis et a été récemment
transféré sous le pavillon du Paraguay.
En janvier 2008, Trafigura a recruté par le biais du journal
spécialisé Llyod’s List un superviseur général
de sa flotte. Parmi les compétences requises figurait une connaissance
approfondie de toutes les conventions internationales dont MARPOL.
La récupération de 12.000 tonnes de sédiments
contaminés par le dépôt initial de 500 tonnes
de déchets du Probo Koala a dissipé la panique
à Abidjan et évité la propagation des rumeurs
et des mouvements de foule. Ces 12.000 tonnes ont été
acheminées en France. Le traitement s’est achevé
en mars 2008.
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Probo
Koala