Commerce d’éléphanteaux : passage en force avant fermeture du marché

25 oct. 2019

Mise à jour 15h30 : Après 13h de vol, les 32 éléphanteaux sont arrivés on ne sait dans quel état à Shanghai. Température au départ : 38°C. Température à l’arrivée : 19°C.

Hier, 32 éléphanteaux ont été exfiltrés par avion cargo de la compagnie Saudia Airlines depuis l’aéroport de Victoria Falls au Zimbabwe vers la Chine. L’avion a fait une escale nocturne à Riyad en Arabie Saoudite.

La destination finale des éléphanteaux est classée secret-business. Il est probable que l’un des bénéficiaires des animaux utilisés comme produits d’appel soit le safari-parc de Guangzhou où les visiteurs mal informés peuvent déjà admirer des éléphants présentant une large palette des troubles de stress post-traumatique liés à la capture violente, à la séparation du groupe familial et à la captivité.

107 éléphants africains ont été importés en Chine depuis 2012 et 11 sont déjà morts. Cette nouvelle exportation intervient alors que le recours devant la Haute cour de justice d’Harare de l’ONG zimbabwéenne People and Earth Solidarity Law Network (1), qui s’oppose à cette privatisation de la faune sauvage, n’a pas encore été jugé. En août 2019, la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) a adopté par 87 voix pour et 29 contre une résolution interdisant les exportations hors d’Afrique d’éléphants vivants, sauf circonstances exceptionnelles qui ne sont pas ici remplies (2). Cette résolution entrera en vigueur le 26 novembre 2019. Le Zimbabwe et la Chine ont accéléré le pas pour expédier les éléphanteaux capturés il y maintenant près d’un an et retenus dans un enclos du parc Hwange.

Selon nos informations, cinq éléphanteaux en trop mauvaise condition physique pour subir le voyage sont restés au Zimbabwe. Il reste à espérer qu’ils ne seront pas découpés en quartiers.

(1) Devenue Advocates4Earth
(2) Cf. « Vers la fin du commerce international d’éléphants vivants », 27 août 2019.

Sur ce sujet, « L’Atlas du Business des Espèces Menacées »
éditions Arthaud, octobre 2019.

 

 

 

 

 

 

 

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