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Chronique des vaches sacrifiées

Communiqué édité à l’occasion du salon Primevère de Lyon et du salon de l’Agriculture de Paris

Dans son « Inventaire des sites pollués aux PCB (mai 2008) [1]», Robin des Bois relevait le site de Vitale Recyclage à Saint-Cyprien dans le département de la Loire (42). Cette initiative de Robin des Bois s’appuyait sur une documentation ancienne montrant que le site de Saint-Cyprien avait fait l’objet depuis les années 70 d’activités de brûlage et de broyage de matériels et radiateurs électriques. En juillet 2008, le Ministère de l’Écologie a légitimé les inquiétudes de Robin des Bois. Il a mis à jour dans sa base de données sur les sites et sols pollués (BASOL) la fiche du site Vitale Recyclage [2] en y ajoutant la pollution des sols par les PCB. Fin août 2008, le même site était victime d’un incendie des stocks de bois de récupération. Le feu a couvé pendant trois mois.

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Fin décembre 2008, la vérité éclate : 85 vaches sont contaminées aux PCB de type dioxine. Le périmètre s’élargit : à ce jour 10 autres troupeaux sont menacés d’abattage et l’interdiction de consommer le lait local a été étendue aux produits de basse-cour comme les œufs.
Cette affaire navrante pour le bien être animal fait suite aux abattages ou mises sous séquestre des troupeaux du pays de Redon (35), Halluin (59 et Roncq (59) ainsi qu’aux recommandations à destination des particuliers élevant des poules à La Maxe (57), Roeulx (59) et Besançon (25).

Ce n’est donc pas la première fois que des vaches et des basses-cours sont victimes des retombées atmosphériques émanant entre autres sources d’incendies industriels (Voir les communiqués « Dioxines Bretagne et Pays-de-la-Loire [4]» et « Brûlage à l’air libre de produits pharmaceutiques [5] »). A titre d’exemple, l’incendie des transformateurs de la papeterie La Rochette à Vénizel (02) en 2001 a produit 7 à 13 kg de dioxines, l’ordre de grandeur des dioxines émises par l’accident de Seveso en 1976. La contamination aux PCB des prairies de Saint-Cyprien, aujourd’hui élargie à la commune de Sury-le-Comtal, est en toute logique liée au brûlage à ciel ouvert accidentel ou criminel des bois de démolition traités au pentachlorophénol et autres agents de traitement amassés chez Vitale Recyclage.

Il est important que le Ministère de l’Ecologie, et les exploitants industriels prennent toute la mesure des retombées négatives de ces évènements pour les exploitations agricoles. Robin des Bois demande que les sites de récupération et de broyage de bois destinés à la fabrication de plaquettes de bois pour les chaufferies soient encadrés par les services de l’Etat avec rigueur, tout particulièrement les conditions de stockage et les origines des bois. Des opportunistes du développement durable regroupés dans des plates-formes de récupération et de broyage sont en vérité des pollueurs qui profitent du vide juridique et de la montée en puissance de la filière bois pour faire n’importe quoi et fournir des combustibles dangereux à des chaufferies collectives et individuelles si, toutefois, les stocks de bois ne partent pas auparavant en fumée.

Une filière spécifique d’élimination des bois traités doit être imposée.

© Papier peint à tête de vache (détail). Andy Warhol 1966