Cherbourg : l’arsenal se soulage en mer

8 févr. 1993

Les faits : Le port militaire de Cherbourg entreprend une campagne de dragage visant à faciliter le lancement estival de la coque du Triomphant, sous-marin nucléaire de la « nouvelle génération ». 200.000 m3 de vases vont être évacuées en mer à environ 4 miles du littoral. Les vases des ports militaires et des arsenaux sont les plus chargées en toxiques rémanents. En effet, à la concentration et aux rejets des bateaux militaires des chantiers navals et fabriques de munitions, s’ajoutent les activités et rejets industriels. La spécificité du port militaire de Cherbourg, lieu de construction, de transit et de désarmement des sous-marins à propulsion nucléaire, peut avoir engendré des contaminations radioactives des sédiments vaseux.

La situation juridique : Aucune enquête d’utilité publique n’a été organisée dans les communes pouvant avoir à subir les effets du dépôt de vase. Il ne semble pas que des analyses préalables faîtes par carottage de cadmium, du zinc, du cuivre, de l’étain, des PCB, du chrome, du nickel, du plomb, de l’arsenic, du mercure, des hydrocarbures, contenus dans les vases noires du port militaire aient été faites. Une étude d’impact confidentielle réalisée à l’économie par Intechmer a seulement été remise au pétitionnaire. Pourtant, le rejet dans les eaux territoriales, l’importance du chantier et la toxicité des vases des arsenaux, imposent que des recherches sur l’impact des déblais de dragage sur les frayères, les eaux conchylicoles de proximité et les usages d’agrément de la mer et de ses rivages soient préalablement effectuées et portées à l’attention et à l’appréciation du public.

L’action de Robin des Bois : Robin des Bois entend, par la conjugaison des actions d’information, des actions politiques, administratives et juridiques, faire suspendre les travaux de dragage.

 

 

 

 

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