Cherbourg : des munitions pour le Japon

7 avril 1994

Après le plutonium pour l’industrie nucléaire japonaise, voici les explosifs pour les forces armées japonaises. 500 tonnes de munitions attendent depuis 15 jours sur le quai des Mielles là où sont débarqués les combustibles irradiés en provenance de l’étranger. Sans bénéficier d’une protection rigoureuse, sans défense face aux malveillances, les 66 conteneurs attendent l’arrivée imminente du Kibishio Maru en provenance de Yokohama. Les substances de classe I sont susceptibles d’exploser en cas d’incendie, de choc, ou de frottement, avec possibilité d’effet de projection. Les explosions du Mont Blanc dans le port d’Halifax au Canada (1917) et de l’Ocean Liberty dans le port de Brest (1947) ont démontré que le transport maritime de matières explosives pouvait créer des catastrophes majeures, non seulement dans les zones portuaires, mais aussi dans les villes.

La zone portuaire de Cherbourg, civile et militaire, se développe dans l’anarchie et l’irresponsabilité. A droite, le quai des Mielles, utilisé pour la manutention des déchets nucléaires, le stockage des munitions et explosifs, le débarquement des voitures japonaises, n’a pas fait l’objet d’une étude de danger. A gauche, le port militaire avec le compartiment réacteur du sous-marin Redoutable posé à ciel ouvert sur un terre-plein de remblais dont la stabilité n’est pas assurée.

Les trains qui acheminent les matières nucléaires ou explosives passent par le centre ville. Le 1er avril, un train de roquettes ou de missiles en provenance d’Arabie Saoudite et à destination de Manurhin Défense près de Vichy a traversé la ville en plein midi.

L’affaire du Sherbro a démontré qu’aucune réglementation internationale ne s’appliquait à l’arrimage des conteneurs. Le Kibishio Maru, cargo polyvalent pouvant aussi transporter 139 conteneurs devrait, pour le retour, emprunter le Canal de Suez, traverser l’Océan Indien, le Détroit de Malacca et la Mer de Chine.

Soulignant les négligences des autorités portuaires, des militants de Robin des Bois ont, en plein jour, notoirement amélioré la signalisation de deux des conteneurs explosifs et les ont transformés en cartes postales pour les pacifistes japonais : « From Cherbourg with love »

 

 

 

 

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