Sites pollués

Les strates de l’industrialisation et la désindustrialisation ont superposé dans les sols et sous-sols terrestres et aquatiques des couches de pollutions et greffé dans le paysage et la géologie des bâtiments pollués, des amas de stériles, des fûts et des cuves qui libèrent au fur et à mesure de leur exposition aux intempéries et de la corrosion des résidus et poussières toxiques. L’empreinte écologique de ces ex-activités a une tendance naturelle à s’effacer de la mémoire collective et administrative. Gare à l’oubli et aux reconversions hâtives des friches industrielles et des stations-service.

Prendre un enfant par la pollution*

4 juin 2008

Une école maternelle est en cours de construction sur le site parisien le plus contaminé par les goudrons. Ces résidus d’exploitation de l’usine à gaz de La Villette dégagent des émissions volatiles, du naphtalène en particulier, et polluent les eaux souterraines.

Rue de Cambrai, dans l’ancienne cité Michelet, 19ème arrondissement de Paris, les caves et autres sous-sols sont connus pour être contaminés par des remontées toxiques en provenance de « l’usine de goudrons de la Compagnie du Gaz » fermée en 1955. Récemment, au moins une cuve a été mise à jour lors de la destruction de garages, magasins et ateliers dépendant de la Direction de l’architecture. Elle contenait des goudrons résiduels. Elle avait perdu son étanchéité. Elle est restée sur place. Les terres périphériques sont polluées. Des nappes de goudrons subsistent au-dessous du niveau des terrassements.

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Scandale immobilier à Boulogne-Billancourt

13 oct. 2006

Aujourd’hui le premier programme immobilier sur le terrain Trapèze en rive de Seine commence à être vendu sur maquette dans le cadre d’une action promotionnelle. Le dernier détenteur, à savoir le constructeur automobile Renault, a procédé à de longs travaux de décontamination des sols et des nappes d’eau sous-jacentes qui ont abouti à l’extraction ou à la neutralisation de la plupart des polluants ; mais un siècle d’activités industrielles successives et superposées a définitivement marqué de son empreinte cette trentaine d’hectares aujourd’hui convoitée par quelques promoteurs et des milliers d’acquéreurs potentiels. Les objectifs de qualité confirmés par les arrêtés préfectoraux successifs autorisent des teneurs résiduelles en hydrocarbures et en solvants dans les sous-sols.

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Asnières : Saturnisme primaire

21 juil. 2004

La municipalité d’Asnières, malgré des avis divergents ou opposés des riverains et des parents a décidé depuis quelques années d’implanter une école primaire dans un jardin public, le square Chanzy.

L’enquête publique s’est déroulée du 7 janvier au 7 février 2004. Malgré les avis défavorables de l’association « Pour la sauvegarde des quartiers de Chanzy, Flachat et ses environs » et de Robin des Bois, le maire et ses conseillers municipaux ont donné un avis favorable à l’implantation d’une école sur un terrain trop exigu, aux accès encombrés, et riverain d’un faisceau de lignes ferroviaires emprunté par 600 trains/jour.

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Bretagne: enquête sur 14 incinérateurs éteints

16 janv. 2004

Rattrapées par les ronces, phagocytées par d’autres métiers des déchets, les anciennes Unités d’Incinération des Ordures Ménagères sont fermées et se terrent.

Ouvertes entre 1970 et 1991 et fermées entre 1982 et 2003, ces 14 usines ont brûlé dans le Morbihan, en Ille-et-Vilaine, en Côtes-d’Armor et dans le Finistère plus ou moins 2 millions de tonnes de déchets et généré plus de 600.000 tonnes de mâchefers et de cendres chargés en substances toxiques et dispersés pour leur quasi-totalité dans les milieux naturels de proximité: carrières, marais, parcelles attenant aux incinérateurs, remblais de proximité, fausse décharge contrôlée.

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L’enterrement de Soferti

4 déc. 2003

A Granville, les 11 hectares consacrés à l’industrie depuis 1832 et appartenant aujourd’hui à Soferti doivent dans leur totalité être diagnostiqués et dépollués.

Le seul objectif du maintien d’une activité, à savoir le conditionnement d’engrais, est vraisemblablement d’éviter la fermeture administrative du site et l’enclenchement des procédures réglementaires en matière de sites pollués.
Les études partielles relatives aux fermetures des ateliers d’acides sulfuriques montrent des pollutions importantes en plomb et en nickel. 1500 tonnes de terres polluées ont été excavées et Soferti, sous réserve de l’autorisation des services de l’état, voudrait à nouveau les enfouir en bordure de ses 11 hectares avec vue sur mer. Cette solution petit bras repousse la vraie résolution du problème à un avenir incertain.

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Grand-Couronne : Bémol sur la Démol.

30 oct. 2003

Suite à une visite inopinée des services de l’inspection du travail, le chantier de démolition de l’ex-usine d’engrais d’AZF Grande-Paroisse est suspendu.

L’entreprise marseillaise de démolition et l’entreprise normande Le Foll, repreneuse du site, doivent produire une étude de stabilité d’une partie des bâtiments et un mode opératoire de retrait de l’amiante.

Les inspecteurs du travail n’ont pas abordé le domaine de la radioactivité résiduelle qui ne fait pas partie de leur champ de compétence.

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76 : la déréliction industrielle de la zone

21 oct. 2003

La démolition brutale et non sélective de l’usine de la Grande Paroisse à Grand-Couronne s’est traduite le 10 octobre par un incendie dont le panache s’est ajouté aux pollutions pathologiques de l’atmosphère de la vallée de la Seine.

Une pollution peut en cacher une autre. En 1993, la 1ère phase de démolition avait été suspendue suite au déclenchement d’un portique de radioactivité chez un récupérateur de métaux de la région parisienne, au moment où il recevait des pièces en provenance d’une usine analogue à celle de Grand-Couronne. Au fil du temps, des tartres radioactifs (uranium / radium / thorium) se sont accumulés dans les cuves et canalisations des ateliers de concentration d’acide phosphorique à partir de phosphates naturellement uranifères.

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Metaleurop en pièces détachées

20 oct. 2003

La vente aux enchères sur le site de Metaleurop Nord à Noyelles-Godault (22 et 23 octobre) est entachée de risques et d’illégalité.
La mise en vente d’unités de fabrication vétustes, polluées, non-conformes aux réglementations européennes, assortie de leur démantèlement et de leur remise en place dans des pays nécessairement lointains et mal encadrés en termes de réglementation et de prévention de la sécurité est un autre scandale social. Si la bonne affaire va jusqu’à son terme, des ouvriers étrangers, mal protégés sur le plan physique, sans suivi sanitaire ultérieur, participeraient aussi d’une manière indirecte à la dépollution du site.

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La résidence naphtalène

6 oct. 2003

C’est une première. Monsieur le Maire du Havre a posé cet été en compagnie d’astucieux promoteurs la 1ère pierre d’un programme résidentiel comprenant 514 logements et 130 studios universitaires. Plus de 1000 personnes vivront donc sur un site archi-pollué, recouvert d’une dalle de 20 cm de béton. Les garages seront au rez-de-chaussée, les “ jardins ” au 2ème niveau. Pas un seul arbre ne sera planté dans le sol, et aucune information sur les pollutions n’a été délivrée aux acquéreurs. “ Toutes les pollutions sont restées sur place. C’était prévu ” dit le chef de chantier. La dalle de béton tirant un trait sur un siècle d’hydrocarbures et de métaux toxiques va bientôt être coulée. Les travaux avancent à marche forcée. Les appartements doivent être livrés en juin 2004 ! Des prélèvements atmosphériques des composés organiques volatiles sont réalisés au dessus du site en face d’une maison de retraite dont les usagers n’ont rien à connaître.

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Les casseroles de Pechiney

6 oct. 2003

Cession, fusion, intégration, dissolution, liquidation sont des opportunités pour enfouir dans les mémoires et les substrats hydrogéologiques le passif environnemental issu d’activités industrielles historiques, dans un temps pas tout à fait fini où les décharges internes et gratuites permettaient d’épaissir la marge des bénéfices.

A ce jeu, Pechiney est orfèvre. Il a refilé à Rhodia et à la commune de Wattrelos (59) des terrils pollués qui relarguent jusqu’à 70 kg de chrome par jour dans un cours d’eau. Il laisse l’Etat, l’ADEME et l’Alsace se dépatouiller avec des déposantes et des migrations de rebuts de lindane, un pesticide persistant et interdit. Pechiney considère la Méditerranée comme sa décharge interne et y déverse, tant en Grèce qu’en baie de Cassis, les déchets de fabrication d’alumine. La fosse de Cassidaigne est stérilisée. Le « barrage des boues rouges » à Rousson (30), un thalweg obturé par un mur de 60 m de haut et rempli par Pechiney avec les résidus de son usine de Salindres maintenant désaffectée, est aujourd’hui sous la responsabilité de Rhodia.

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