Dragages et immersions de déchets

Ils creusent, ils creusent les ports, les bassins, les chenaux, toujours plus profond pour les navires de charge, les paquebots, les voiliers de course toujours plus grands et ils rejettent en mer les boues polluées qui handicapent la biodiversité salée. Pourquoi tolérer en mer ces décharges alors que sur terre personne n’en veut dans une zone humide ? La sécurité maritime est mise en avant, la sécurité sanitaire est mise derrière. La liberté de naviguer est sacrée. Homme libre toujours tu saliras la mer.

Le grand camouflage archéologique

11 sept. 2002

Objet: archéologie et histoire du Havre.

Le projet d’extension du Port Autonome du Havre, « Port 2000 » dans l’estuaire de la Seine, met à jour des vestiges archéologiques et historiques que les autorités portuaires s’efforcent de dissimuler, de minimiser ou de détruire pour ne pas retarder un échéancier de travaux déjà malmené.

A la mi-juillet, Robin des Bois a été informé de la découverte sur le chantier maritime d’une carcasse d’avion allemand datant probablement de la dernière guerre mondiale avec les restes d’un corps à l’intérieur et a immédiatement alerté l’ambassade d’Allemagne. Le 1er août, les Affaires Maritimes ont confirmé à l’ambassade qu’un avion avait été découvert, mais il s’agirait d’un Lancaster anglais et sans restes humains. L’ambassade de Grande-Bretagne a été informée le 12 août par les Affaires Maritimes que les débris d’un avion anglais avaient effectivement été sortis de l’eau, et que des os avaient malencontreusement été perdus dans la vase, rendant toute cérémonie militaire impossible. Ce vestige de guerre n’est pas le seul à subir les outrages du présent après avoir résisté à ceux du temps.

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Les vandales de Port 2000

4 juil. 2002

Suite aux constats et aux révélations de Robin des Bois en date du 26 et 27 juin 2002, il s’avère après inspection d’une équipe d’archéologues venus spécialement au Havre à la demande du Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines de Marseille, que les épaves rassemblées sur la décharge interne du Port du Havre correspondent à un navire construit avant le 18 ème siècle. Les spécialistes ont par ailleurs, malgré les réticences du Port Autonome du Havre, pu avoir accès à des pierriers, des bouches à feu lançant des boulets en pierre depuis les navires de guerre. Conformément à une information parvenue à Robin des Bois le 25 juin 2002, des canons ont été mis de côté et la gendarmerie maritime a mené une enquête discrète. L’épave pourrait correspondre de par sa datation au Rouen, navire de guerre construit à l’arsenal du Havre qui a fait naufrage en 1670 à la sortie du port du Havre avec 280 hommes à bord et 70 canons. Quel que soit le navire, français ou anglais, militaire ou marchand, il s’agit de vestiges historiques d’un intérêt majeur. Ce navire pourrait avoir été mis à jour à l’occasion des travaux d’enlèvement des canalisations industrielles sur l’emprise de « Port 2000 ». Il aurait dû être immédiatement signalé et balisé pour un examen in-situ. Le Port Autonome du Havre a opté pour le pillage et la destruction partielle de l’épave sur les lieux de la découverte, se terrant dans le silence jusqu’aux révélations de Robin des Bois.

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Port 2000 est à quai

10 juin 2002

Port 2000 est à quai

Port 2000 ne décolle pas. Le report des opérations de dragage et de terrassement immobilise sur le site des équipements lourds arrivés en urgence l’année dernière. Au cours d’une réunion tenue en avril 2002 au Port Autonome du Havre, le principe proposé par Robin des Bois d’une information régulière sur l’état d’avancement du chantier a été accepté. Le Port Autonome du Havre devrait donc diffuser publiquement des rapports d’étape dans le cadre de réunions organisées par la Maison de l’Estuaire.

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Demain 1er avril, M. Chirac enterre les poissons

31 mars 2002

Demain 1er avril, M. Chirac enterre les poissons

Demain, le président et candidat à la présidence Jacques Chirac se rend sur les lieux du crime écologique le plus retentissant de son septennat. l’enquête de Robin des Bois et les premiers constats prouvent que l’estuaire de la Seine, ses nourriceries de poissons, ses zones humides, ses vasières, ses reposoirs à oiseaux migrateurs, jusqu’à ses coteaux calcaires classés Natura 2000, sont en cours de massacre pour le bien particulier du Port Autonome du Havre et d’une cohorte d’intérêts privés, au détriment de l’aménagement du territoire et du développement des ports normands qui meurent en torpeur, comme Cherbourg.

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Port 2000 à l’hosto

4 févr. 2002

Port 2000 à l’hosto

Objet: Port 2000 – Le Havre.

Jeudi, les dragages préliminaires à Port 2000 ont démarré dans l’estuaire de la Seine, avant même la réception du certificat de dépollution pyrotechnique complet exigé par l’ordonnance du 28 juin 2001 du Conseil d’État.

Ces dragages ont été immédiatement interrompus après que plusieurs ouvriers aient été victimes de malaises suite à des émanations gazeuses toxiques.

Les sédiments dragués sont dépositaires d’une pollution historique, organique et industrielle charriée par le fleuve ou déversée in situ par les usines de la zone industrielle dont Millenium, ex-Thann et Mulhouse, spécialisée dans la fabrication de l’oxyde de titane et la CIM, stockage pétrolier Seveso ouvert en 1920.

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Un port très autonome

21 déc. 2001

Robin des Bois a écrit le 18 octobre dernier au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de l’Environnement, au Ministre de l’Emploi et au Ministre des Transports pour demander une nouvelle fois qu’une étude globale des risques soit réalisée pour la zone de Port 2000, incluse dans le périmètre de l’effet thermique (boil over) du stockage pétrolier de la Compagnie Industrielle Maritime -CIM-. Malgré les déclarations consécutives à la catastrophe de Toulouse, l’État est resté muet à ces courriers ainsi qu’aux interpellations émises durant les débats régionaux de Basse et Haute-Normandie et le débat national sur les risques industriels. La CIM, qui sera coincée entre le nouveau port et le port existant, est soumise à la directive Seveso II. Cette directive dispose en outre que les installations portuaires, les pipelines, et les gares de triages peuvent être assimilés à des installations dangereuses. Le Port Autonome du Havre a annoncé la semaine dernière qu’une étude serait disponible « courant 2002 ».

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Le Victor en ligne de mire

7 déc. 2001

La Marine Nationale entend utiliser le Victor comme cible dans des exercices navals, et couler ce vieux cargo au large de la Bretagne. Construit en 1964 par les excellents chantiers navals russes, le Victor contient plusieurs tonnes d’amiante dans le compartiment machine et les calorifugeages, et du pyralène dans les équipements électriques. L’amiante et le pyralène -très toxique pour l’environnement marin-, étaient à cette époque considérés comme indispensables pour maîtriser les risques d’incendie à bord des navires.

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Victor ou l’impuissance de la France

20 nov. 2001

Le port de Brest a hérité en avril 2000 d’un bateau letton en avarie, de 3300 tonnes de blé et de 15 marins étrangers. Le blé a été déchargé, les marins reconduits. Reste le Victor, 102 mètres de métaux à récupérer, de pyralène et d’amiante à mettre hors d’état de nuire.

Encore une fois, l’Etat français et ses services fiscaux vendent aux enchères une épave, prêts à accepter les espèces ou le chèque d’un véreux représentant d’une société éphémère basée au Liberia ou off-shore. Instruite par les exemples du Tango D (ex-Kifangondo), du R Jupiter (ex Oscar Jupiter) et du Tom T (ex Han), l’association Robin des Bois demande au gouvernement français de ne plus être complice de la mafia des bateaux – poubelles, ces forbans du 21 ème siècle qui abondent le fonds mondial des rafiots pourris engagés dans les trafics illicites d’armes, de marchandises volées, ou de réfugiés.

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Plus jamais ça, sauf au Havre

7 nov. 2001

Plus jamais ça, sauf au Havre

Objet: risques industriels risques pyrotechniques estuaire de la Seine

Le stockage de la CIM – Compagnie Industrielle Maritime – de 5 millions de tonnes d’hydrocarbures et “ Port 2000 ” dans un mouchoir de poche, à côté de la ville et dans l’estuaire de la Seine: tel est le projet d’intérêt national d’extension du Port Autonome du Havre concocté par les pouvoirs publics et les milieux d’affaires depuis 1996.

Aucune étude globale de dangers n’a été produite. Juste quelques lignes, qui paraîtront dérisoires le jour venu, sur les empilements de conteneurs susceptibles d’absorber un flux thermique accidentel ornent le dossier d’enquête publique. Robin des Bois a demandé officiellement au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement et au Ministère des Transports la suspension de tous les travaux de “ Port 2000 ” et la réalisation d’une étude globale des risques. La dernière étude de dangers spécifique à la CIM date de 1988. Elle n’intègre pas les scénarios d’accidents externes au stockage, les effets domino sur les installations fixes ou mobiles voisines, la prise en compte de la défaillance des systèmes de sécurité. Tout est à refaire et à faire, compte-tenu des nouvelles sources de risques liées à “ Port 2000 ”, comme les transbordements et stockages de matières dangereuses et les accidents d’origine strictement maritimes. Robin des Bois n’a pas encore reçu de réponse aux courriers du 18 octobre 2001.

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Vaseux !

5 oct. 2001

La réduction des immersions des vases portuaires est un élément central de la gestion des ressources marines. Même si ces immersions peuvent apparaître avoir une charge polluante faible par kilo rejeté, les 10.000, 100.000, un million, ou dizaines de millions de tonnes qui sont les ordres de grandeur habituels cumulent des volumes considérables de polluants chimiques et bactériologiques. Les vases sont immergées à quelques milles des côtes les plus proches. L’étain et les hydrocarbures totaux ne sont pas pris en compte dans les études d’impact, sauf exception. De plus, la dissémination des kystes de plancton toxique “ dormant” dans les sédiments dragués n’est jamais prise en compte, alors qu’elle est attestée (cf. “ Dragages et environnement marin ” – Ifremer 1999).

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