Algues vertes et planctons toxiques

Au début la maladie verte est repérée en Bretagne. D’autres foyers s’installent vers le Nord et vers le Sud. En même temps, les explosions de planctons toxiques se multiplient sur la façade atlantique. Les mécanismes d’extension de ces deux fléaux sont complexes et lient l’agriculture, les rejets domestiques et industriels, les marées noires et l’immersion de boues de dragage: le rôle de Robin des Bois dans ces ténébreuses et galopantes affaires est d’explorer toutes les pistes. Robin des Bois est la première ONG à avoir considéré que sur le plan réglementaire les algues vertes étaient des déchets dangereux.

Catastrophe verte

8 sept. 2009

Depuis quarante ans, les algues vertes envahissent le littoral de l’Ouest de la France et étendent lentement et inexorablement leur aire de répartition.

Des idées reçues et pratiques attribuent quasi exclusivement cette poisse aux activités agricoles. Les contributions des marées noires historiques, des immersions de boues de dragage des bassins portuaires, de la pollution atmosphérique issue des activités industrielles et maritimes ne sont pratiquement pas prises en compte. Une tonne de pétrole contient 20 kg d’azote. Depuis 1970 il est connu des spécialistes que les teneurs en phosphore et en azote de l’eau de mer sont au moins cent fois plus élevées à proximité d’un site de rejet de boues de dragage que dans le milieu environnant. La contribution du trafic maritime à la pollution atmosphérique par les oxydes d’azote (NOX) est en augmentation. Les apports en phosphore dus à la croissance de la flotte de plaisance sous-équipée pour le traitement des eaux de WC ne sont pas comptabilisés.

Lire la suite

L’Ece, les algues vertes et les planctons toxiques

7 févr. 2006

Ece – Communiqué n°3

Le lien entre le phosphore et la prolifération des algues vertes et autres efflorescences toxiques algales et planctoniques est connu depuis plusieurs années. Les conventions internationales et les acteurs nationaux s’efforcent de maîtriser et de réduire le déversement des nutriments dans la Manche et la mer du Nord.
Les 10.000 t d’acide phosphorique dans les citernes de l’Ece correspondent à 1/40 ième de la consommation annuelle d’engrais super-phosphatés sur l’ensemble du territoire français (année de référence 2004). Elles représentent un potentiel significatif d’eutrophisation des eaux marines et côtières et de prolifération des planctons comme les dinophysis, les Alexandrium et les pseudo-nitschia susceptibles de produire des toxines dangereuses pour les consommateurs de coquillages. Dans le cadre de la convention Ospar portant sur la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est, la Grande Bretagne déclare 2.900 t de rejets de phosphates dans la Manche (année de référence 2002) suite aux ruissellements et au transport par les fleuves de résidus de l’utilisation des engrais super-phosphatés et des détergents.

Lire la suite

Retour sur l’Ece *

3 févr. 2006

Ece – Communiqué n°2

Labellisé « non catastrophe » par les hautes autorités médiatiques, écologiques et scientifiques de la communauté nationale – le ministère de l’Ecologie mis à part – le naufrage de l’Ece et la dispersion de sa cargaison dans la Mer de la Manche vont générer, malgré tout, une perturbation notable de l’écosystème marin notamment à cause de la quantité et de la qualité de sa cargaison.

Cet événement de mer est lié à la consommation européenne des engrais super phosphatés : les deux navires impliqués transportaient du minerai de phosphate et de l’acide phosphorique. L’acide phosphorique d’origine marocaine transporté par l‘Ece contient en moyenne 40 mg/kg de cadmium. Les 10.000 tonnes immergées véhiculent environ 400 kg sous forme dissoute de ce métal toxique pour tous les maillons des chaînes alimentaires marines notamment le plancton et les crustacés. A titre de comparaison la Grande-Bretagne déclare comme rejet annuel dans la Manche 800 kg de cadmium (année de référence 2002) Cette déclaration faite dans le cadre de la Convention Internationale OSPAR portant sur la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est ne peut pas à son tour être comparée à une déclaration française puisque la France n’a fait dans cette instance internationale aucun reporting cadmium global depuis 1996. S’il est bien entendu correct de dire que l’acide phosphorique ne s’accumule pas dans les organismes – il se contente de les brûler – on ne peut absolument pas en dire autant des micro-polluants cachés dans l’acide phosphorique. Le cadmium dans l’acide phosphorique est accompagné par l’arsenic, l’uranium, le chrome et d’autres métaux lourds.

Lire la suite

Mémoire trouble en Baie de Seine

23 nov. 2004

Les acteurs ont la mémoire courte ; ont-ils trop absorbé d’acide domoïque, la toxine amnésiante produite par la pseudo-nitzschia, une des espèces planctoniques responsables de la contamination des coquillages et des intoxications des consommateurs -poissons-oiseaux-genre humain-?

En vérité, les coquilles Saint-Jacques de la baie de Seine et de la Manche Nord vivent depuis 2002 dans un milieu très perturbé. Elles reçoivent en permanence les retombées des dragages massifs (40 millions de tonnes) préliminaires à la construction de « Port 2000 » au Havre.

Lire la suite

La Flèche n°28

9 déc. 1996

Lire la suite