PCB, dioxines et autres persistants

Ces migrants clandestins invisibles, inodores et invasifs font des voyages court ou long courrier et s’accumulent là où ils n’étaient pas attendus, dans les sédiments, les réservoirs des barrages, le règne animal et le règne végétal, les sols et les masses d’eau et le lait des mammifères. Ils proviennent le plus souvent d’applications industrielles, agricoles, domestiques et bureautiques. En fin de vie et hors de contrôle, ils pourrissent la nôtre, celle des baleines et des vaches dans les prairies.

Le sinistre PCB

12 févr. 2010

Le sinistre PCB

La catastrophe environnementale, sanitaire et sociale due aux PCB se propage et atteint désormais la mer et les eaux internationales. Les sardines bougent, elles sont mangées par les poissons carnivores, elles entrent dans la composition de la farine de poisson. Les PCB s’accumulent et se concentrent dans les niveaux supérieurs des chaînes alimentaires.

Robin des Bois publie la carte des eaux intérieures et maritimes frappées par des interdictions de pêcher, de consommer ou de transporter toutes espèces de poissons ou des espèces particulières. Cette carte est à rapprocher de l’inventaire terrestre des sites pollués par les PCB régulièrement mis à jour par Robin des Bois et dont la dernière version sera diffusée à la fin de la semaine prochaine *.

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Les épaves déchargent

4 déc. 2009

Une épave est une somme de déchets toxiques. De plus en plus de précautions sont exigées pour la démolition des navires. L’inventaire des matériaux dangereux qui devraient en tous lieux faire l’objet d’un traitement préalable est impressionnant : déchets d’équipements électriques et électroniques, peintures biocides, extincteurs, PCB et amiante sous formes multiples, sources radioactives, fluides toxiques, lubrifiants et hydrocarbures de propulsion.

Une épave est généralement un navire en ordre de marche qui à la suite d’un aléa – guerre, collision, avarie, météo – s’est retrouvé en quelques minutes ou en quelques heures sur les fonds marins. La dépollution préalable n’est pas le propre des épaves. En plus des déchets opérationnels, ces décharges sous-marines stockent et au fil du temps déstockent sur les sédiments et dans l’environnement marin les cargaisons et résidus de cargaison ou de munitions.

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Les vaches et les radiateurs électriques

28 mai 2009

Les vaches et les radiateurs électriques

1- 40.000 vaches sont susceptibles d’être contaminées par les dioxines et de devoir être abattues à la suite du plus gros accident industriel survenu en France depuis la mise en œuvre de la nouvelle directive Seveso en 2003. Cet accident est en fait l’incendie survenu en août 2008 à Saint-Cyprien dans la Loire. Ce site a été identifié par Robin des Bois en mai 2008 comme un ancien site de broyage de radiateurs et de câbles électriques. Il a donc été intégré dans l’inventaire des sites pollués aux PCB diffusé par l’association. En juillet 2008, le site de Saint-Cyprien a fait l’objet d’une mise à jour incluant la pollution PCB dans l’inventaire BASOL du Ministère de l’Ecologie.

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Chronique des vaches sacrifiées

20 févr. 2009

Communiqué édité à l’occasion du salon Primevère de Lyon et du salon de l’Agriculture de Paris

Dans son « Inventaire des sites pollués aux PCB (mai 2008, pdf) », Robin des Bois relevait le site de Vitale Recyclage à Saint-Cyprien dans le département de la Loire (42). Cette initiative de Robin des Bois s’appuyait sur une documentation ancienne montrant que le site de Saint-Cyprien avait fait l’objet depuis les années 70 d’activités de brûlage et de broyage de matériels et radiateurs électriques. En juillet 2008, le Ministère de l’Écologie a légitimé les inquiétudes de Robin des Bois. Il a mis à jour dans sa base de données sur les sites et sols pollués (BASOL) la fiche du site Vitale Recyclage en y ajoutant la pollution des sols par les PCB. Fin août 2008, le même site était victime d’un incendie des stocks de bois de récupération. Le feu a couvé pendant trois mois.

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Décontaminer, détruire et recycler la Reine des Abers

4 août 2008

Supplément du bulletin A la casse.com

Construite en 1966, la Reine des Abers attend d’urgence une démolition dans l’Aber-Benoît près de Brest. Cet ex-cargo sablier est représentatif d’une flottille en fin de vie dangereuse pour la sécurité portuaire et pour l’environnement. Par manque de disponibilité d’entreprises spécialisées dans la démolition des navires, nombre de bacs, de dragues, de barges, de pontons, de bateaux de pêche attendent dans les ports, les abers, les estuaires, les fleuves, les canaux et autres pièces d’eau, on ne sait quelle issue miraculeuse. Ainsi la Reine des Abers s’est vue un temps promise à une reconversion culturelle. Ce type de navires construit dans les années 60 -70 recèle des quantités importantes d’amiante, de PCB, de peintures au plomb et à l’étain et de résidus d’hydrocarbures. De petite taille – 22 m de long pour la Reine des Abers – ils cumulent les déchets toxiques dont la dispersion à l’issue du naufrage ultime ou de la destruction à l’ancienne porte atteinte à la qualité générale de l’environnement.

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Il y a de l’amiante dans le gaz

19 juin 2008

Il y a de l’amiante dans le gaz

Sujet : vente pirate de navires français et européens

Le navire méthanier Edouard LD propriété de Gaz de France et de Louis Dreyfus Armateurs est voué à la démolition. Construit il y a plus de 30 ans, il a atteint la limite d’âge. L’âge moyen des navires transporteurs de gaz partant à la casse est de 30 ans. Il bat pavillon français. Selon la réglementation française, l’Edouard LD ne pourrait être démoli que dans un pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) ou dans un pays hors OCDE à la condition qu’il soit soumis à l’extraction préalable de l’amiante et des autres matériaux dangereux. L’Edouard LD, et ses 28.000 t de ferrailles, dont une bonne part de métaux non ferreux, pourrait être vendu au prix de 850 $ la tonne au Bangladesh. Il contient entre 800 et 1.000 t d’amiante friable et matériaux amiantés. Pour contourner la jurisprudence française, les armateurs s’apprêtent à vendre l’Edouard LD à un armateur pétrolier grec, Dynacom, dont l’autre activité est d’être une sorte de courtier en navires voués à la démolition.

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L’information en queue de poisson

29 mai 2008

L’information en queue de poisson

Depuis le 13 janvier 2005, la pêche est interdite dans la rivière Essonne entre la commune de Beaulne et celle de Corbeil-Essonne au niveau de la confluence avec la Seine. Il y a sur cette section de l’Essonne des dizaines de pêcheurs assidus et superéquipés par Mondial Pêche. Il y en a encore plus dans les étangs et marais adjacents. Tout cet écosystème aquatique est intégré dans des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF), des Zones Natura 2000, et une Zone d’Importance pour la Conservation des Oiseaux (ZICO). Ces pièces d’eau ne sont pas concernées par l’arrêté préfectoral d’interdiction de pêche alors que l’interdiction de la pêche dans la Somme intègre « les points d’eau hydrogéologiquement reliés ». Des analyses PCB devraient être diligentées dans les poissons des étangs de Saint-Blaise, de l’Etang Fleuri et des marais attenant à l’Essonne.

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Déchets : la filière Europe-Afrique

24 déc. 2007

Déchets : la filière Europe-Afrique

La tempête lève un voile. Sur le pont du Krokus gisent désarrimés et en instance de rupture des camions-poubelles, des camions accidentés, des camions CO2, des remorques éventrées d’où s’échappent des cargaisons entières de pneus usagés, de déchets de garages, et de gros blanc électroménager de la famille des DEEE (Déchets d’Equipement Electrique et Electronique).

Les exportateurs européens en accord avec les opérateurs portuaires et les armateurs utilisent les camions vétustes en guise de conteneurs maritimes. Les pneus sont douteux, les camions sont polluants et accidentogènes, les DEEE non garantis – ils ne sont d’ailleurs pas étouffés par les suremballages, au moins 20% d’’entre eux contiennent des PCB – mais en Afrique c’est bien connu ça peut toujours servir.

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Bulletin d’information et de suivi sur les PCB n° 2

11 déc. 2007

Somme

La commercialisation de poissons pêchés dans la Somme et dans les affluents et étangs qui y sont reliés est interdite entre Saint-Quentin et Feuillères. L’interdiction devrait être prochainement étendue au moins jusqu’à Amiens. Il est probable que les inondations de 2001 ont joué un rôle de propagation et d’uniformisation des pollutions chimiques dans le cours inférieur de la Somme. Les activités anciennes de la SPELIDEC * à Saint-Quentin sont sans doute la source de contamination principale. A la fin de l’année 1982, la Direction Interdépartementale de l’Industrie découvrait une station de transit de transformateurs et de condensateurs électriques provenant en majorité d’EDF. Ce site fonctionnait sans autorisation. Ce n’est qu’à partir de 1985 que 540 fûts reconditionnés sur place en novembre 1984 ont commencé à être expédiés dans la seule usine spécialisée dans le traitement des composants aux PCB alors en fonctionnement en France. SPELIDEC est répertorié dans l’inventaire des sites pollués de 1994 avec la mention « sol et nappe pollués ». Fin 1994, le sol de SPELIDEC a fait l’objet de divers remaniements. Des terres plus ou moins contaminées ont été éparpillées aux alentours de Saint-Quentin, notamment à Maissemy, sans qu’une traçabilité exacte ait été réalisée. L’ancienne emprise SPELIDEC a été vendue à la ville de Saint-Quentin ; elle est désormais intégrée à la ZAC de la porte d’Isle. Les sous-sols de la ZAC contiennent des PCB résiduels et la nappe sous-jacente (5 à 6 m) n’a pas été dépolluée. SPELIDEC disparaît dans l’édition 1996 de l’inventaire des sites pollués. Des interventions urgentes visant à relocaliser tous les sites de dispersion des terres contaminées et d’éventuels objets en provenance de SPELIDEC sont nécessaires de même que la meilleure connaissance de l’impact de l’ex-emprise SPELIDEC sur la qualité des eaux de la Somme.

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Bulletin d’information et de suivi sur les PCB n°1

10 oct. 2007

L’implication constante de l’association Robin des Bois et de ses fondateurs dans les campagnes d’information et d’investigation relatives à la fabrication, au traitement, aux rejets et aux effets des PCB et de ses sous-produits de dégradation thermique comme les dioxines nous amène à faire publiquement à partir d’aujourd’hui quelques recommandations et constats simples destinés à prendre en compte cette contamination sur l’ensemble du territoire national et au-delà.

– Rétablir la commission de suivi du plan national de décontamination des appareils contenant du PCB en quantité supérieure à 5 dm3. Cette commission a été dissoute le 8 décembre 2006 pour des raisons de « simplification administrative ». Elle continue à se réunir sous la forme d’un groupe de travail. Sa perte d’autorité a permis par exemple à EDF de s’en aller 30 minutes avant la fin de la dernière réunion du 2 octobre 2007, appelée ailleurs par d’impérieuses nécessités de déjeuner.
– Rappeler à l’ordre EDF justement, RFF, SNCF, France Télécom qui accumulent des retards de plus en plus importants dans le calendrier d’identification ou d’élimination des équipements électriques contaminés aux PCB alors même qu’ils détiennent 60 à 70 % du parc français. Ces retards impliquent des stockages provisoires d’appareils potentiellement contaminés dans des secteurs inondables ou accessibles aux pilleurs de transformateurs.
– Considérer comme une priorité de mettre en sécurité et d’éliminer les transformateurs électriques dans les usines et établissements qui cessent leurs activités. Ils sont malheureusement assez nombreux en ce moment. Un transformateur type d’une tonne contient 40 % de métaux dont 12 % de cuivre qui se vendent aujourd’hui entre 1.100 € et 5.000 € la tonne. Le vol de transformateurs, la revente de métaux non décontaminés à des ferrailleurs abusés ou complices en France ou à l’étranger et la vidange des PCB dans les milieux naturels constituent un vandalisme écologique majeur et lourd de conséquences. Un transformateur d’une tonne peut contenir 300 litres d’huile contaminée aux PCB. Les vols se multiplient.
– Elargir le plan national de décontamination aux PCB détenus par les ménages –par exemple dans les radiateurs à huile, sèche-cheveux et autres appareils électroménagers–. Quand ceux-ci sont pris en charge par la filière DEEE, tous les composants PCB doivent normalement être extraits, quantifiés et éliminés. Pour le moment, les rapports des éco-organismes dédiés restent très évasifs sur le sujet, contrairement aux engagements pris. Le même problème se pose pour les véhicules hors d’usage (VHU).
– Obliger les innombrables gestionnaires de bassins fluviaux comme celui du Rhône à coordonner, à améliorer et à unifier leurs pratiques de curage, dragage et vidange de barrages, en détectant préalablement avec des sondages représentatifs les pics de pollution aux PCB dans les sédiments aquatiques. La Compagnie Nationale du Rhône (CNR), premier cureur national est spécialement impliquée.
– Décontaminer en priorité les sites pollués aux PCB dans les zones inondables.
– Arrêter de prendre l’industrie française de décontamination des transformateurs et condensateurs aux PCB comme bouc émissaire. Depuis 1984, l’unité de Saint-Vulbas (01) a éliminé environ 60.000 t de PCB. Le CEMAGREF évalue à 11,5 kg la charge de PCB pur contenue dans les 311.000 t de sédiments du secteur dit du Grand Large au milieu du canal de Jonage en amont de la ville de Lyon.
– Comprendre que le Rhône est un fleuve international et qu’un comité de pilotage sur ses pollutions aux PCB doit intégrer la Suisse.

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