Pillage et commerce

La protection des forêts boréales, tropicales et tempérées est un enjeu planétaire. Exploités pour la construction, l’ameublement, le chauffage ou la pâte à papier, précieux ou dépréciés, les arbres reculent et les peuples forestiers sont poussés dehors et se délitent. Les peuples des villes et des villages sont aussi touchés. Leurs arbres tombent également, un à un ou alignés, peupliers de vingt ans, chêne centenaire, orme remarquable, coupés pour cause d’aménagement, de maladie non prouvée, d’allergie ou de branches soumises au vent.

La relance du bois de rose en Guyane et le surplace du gouvernement français

28 sept. 1999

L’huile de bois de rose ou pau rosa (Aniba duckei, Aniba rosaedora) est utilisée en parfumerie et en aromathérapie. 1 tonne de bois distillé produit entre 7 et 12 litres d’huile. Suite à la campagne de Robin des Bois sur l’extinction du bois de rose dans le bassin amazonien, Chanel, l’ONF (Office National des Forêts) et le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) finalisent un accord sur des essais de sylviculture, à partir de graines collectées et sélectionnées en Guyane française. La plantation, sur une parcelle de 25 hectares près de Kourou, devrait être visible à partir de 2001 et productive en 2015. Si tout se déroule comme souhaité, la plantation devrait assurer la consommation de Chanel pendant une centaine d’années. La Guyane française a été le point de départ de l’extraction de l’huile de bois de rose et de son emploi dans la parfumerie mondiale. Amorcés en 1890 sur le littoral de la Guyane, la prospection et l’abattage des bois de rose se sont développés très rapidement et sans contrôle.

Lire la suite

La Flèche n°33

21 juin 1999

Lire la suite

Paris s’éveille

10 mars 1999

Objet :Passerelle de Tolbiac, 37ème pont de Paris

La passerelle de Tolbiac franchissant la Seine entre le cimetière tropical de la Bibliothèque Nationale de France (5 ha de plancher en ipé –Tabebuia spp-) et le parc de Bercy aura donc un tablier en chêne (Quercus spp.). L’architecte autrichien, lauréat du concours international organisé par la Mairie de Paris, a en effet décidé d’utiliser du chêne.

Au même moment, l’architecte Marc Mimram, s’obstine à vouloir utiliser pour la passerelle Solférino l’ipé, arbre rare originaire d’Amazonie exploité au Brésil dans l’Etat du Parà, à l’insu des peuples forestiers et sans plan de gestion durable. Promoteur inlassable des bois exotiques et pionnier de la déforestation en Amazonie, M. Mimram dénie au bois de chêne toute capacité à résister au climat parisien et juge ce matériau aux multiples usages ancestraux « pas assez fiable ».

Lire la suite

Les dés sont ipé

27 janv. 1999

La passerelle Solférino en plein cœur de Paris va susciter un tollé. Inscrite dans la série des évènements parisiens de l’an 2000, son inauguration est prévue à l’automne 1999. Son coût total est de 100 millions de francs payés par le ministère de la Culture et le ministère de l’Equipement.

Elle sera, selon les exigences et les habitudes de son architecte-concepteur le cabinet MIMRAM, hyper exotique : 50 m3 d’iroko pour les pièces de rives, 20 m3 de doussié pour les mains-courantes et 2000 m2 d’ipé pour les planchers. Cette juteuse balance de bois d’Afrique et d’Amérique du Sud a déjà été mise en œuvre à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) par son collègue Dominique Perrault.

Lire la suite

Robin des Bois et la marche pour les forêts du monde

23 oct. 1998

Organisée par l’association « Aux pieds de mon arbre », la longue marche de Brocéliande à Fontainebleau a commencé à Plélan-le-Grand, le dimanche 18 octobre, jour de marché. La première étape à travers des routes départementales a été l’occasion de vérifier que la Bretagne sent le lisier et qu’elle est envahie par la monoculture du maïs, les boues de l’ensilage et les plans d’eau coquets et illégaux. Le nombre de pavillons ou de maisons anciennes rénovées avec des menuiseries extérieures en bois tropical asiatique, américain ou africain est considérable. La Bretagne, de par la proximité des ports de Nantes, de la Rochelle et de Saint-Brieuc a toujours été encline à utiliser les bois coloniaux. Dès le début du siècle, les boules des pieds de bar étaient en bois de movingui (Disthemonanthus benthamianus) réputé imputrescible.

Lire la suite

Argentré-sur-Moabi

20 oct. 1998

Dans le cadre d’une campagne d’information animée par le collectif « Agir Ici pour un monde solidaire », l’association Robin des Bois a effectué un voyage d’observation de la filière bois à l’Est et au Sud-Est du Cameroun.

Filiale du groupe Pasquet, la concession R. Pallisco basée à Messamena a particulièrement attiré notre attention.  750.000 hectares de forêt primaire y ont été exploités depuis 1972 avec l’aide de sociétés satellites. La production annuelle est d’environ 85.000 m3, Pallisco est au Cameroun le plus gros exploitant de moabi (Baillonella toxisperma). Cet arbre est vital pour les populations pygmées et bantou du Sud-Est Cameroun. C’est à la fois un arbre alimentaire dont les amandes sont pressées pour obtenir la seule huile disponible en milieu forestier. L’écorce est utilisée comme remède traditionnel polyvalent et c’est un arbre culturel qui tient sa place dans les communautés villageoises. Depuis mai 1994, l’étude de l’utilisation du moabi dans l’Est Cameroun a montré que les peuplements sont de faible densité et que la croissance est lente. C’est un arbre très grand, jusqu’à 60 m de haut et 5 m de diamètre émergeant au-dessus de la canopée qui fait la fierté des villages et constitue un point de repère important dans les rapports de proximité. En 1997, la coupe d’un moabi géant par un sous-traitant de Pallisco a été ressentie par la communauté villageoise bantou de Bareko comme une atteinte directe au paysage et au mode de vie. La loi du Cameroun interdit pourtant la coupe des moabis dans un rayon de 5 km autour des villages. La coupe illégale des moabis et le braconnage dans la réserve voisine du Dja sont tolérés par Pallisco. De même Pallisco exploite les talis (Erythrophleum ivorense) qui ont eux aussi pour les populations locales des vertus médicales.

Lire la suite

RENNES METROPICALE

19 oct. 1998

L’usage du bois tropical dans la métropole bretonne est intensif. La direction des infrastructures, l’emploie sur les passerelles traversant l’Ille ou la Vilaine, les services de la voierie pour le mobilier urbain et le mobilier de « propreté », la Direction Départementale de l’Equipement pour les murs anti-bruit autour des rocades péri-urbaines.

Les habitants de Rennes disposent d’un maillage dense de grandes surfaces de distribution où du bois tropical débarqué brut dans les ports de Nantes et La Rochelle est vendu après transformation par l’industrie bretonne et vendéenne sous forme de meubles et de menuiseries. La banalisation des bois tropicaux et leur utilisation à contre-emploi témoignent de l’indifférence des techniciens et des consommateurs à l’exploitation des dernières forêts primaires de la Terre.

Lire la suite

La France osera-t-elle la passerelle en chêne ?

14 oct. 1998

Le pays d’Ariane et des centrales nucléaires est aujourd’hui confronté à un nouveau défi technologique majeur : l’Etablissement Public de Maîtrise d’Ouvrage des Travaux Culturels (EPMOTC) et le cabinet d’études architecturales MIMRAM hésitent à choisir le bois de chêne pour le platelage de la passerelle Solférino qui enjambe la Seine entre le jardin des Tuileries et le quai Anatole France et le musée d’Orsay.
Selon les responsables du projet, l’absence de référence en France ne garantit pas la durabilité de l’ouvrage, si l’option chêne était retenue. « Ce serait une première et nous préférerions jouer la sécurité en utilisant de l’ipé. Aux Etats-Unis, plusieurs passerelles sont faites en ipé ».

Lire la suite

KRIS WOOD : la disparition qui tue

13 oct. 1998

Après les premières versions concernant la mort par pendaison de Kris Wood, la gendarmerie de Saint-Laurent du Maroni et des membres de l’entourage du fondateur du Pou d’Agouti, association guyanaise de protection de l’Homme et de la nature, évoquent maintenant un accident domestique « lié à l’installation d’un hamac ».

Kris Wood dans ses articles et ses activités associatives dénonçait les pollutions générées par le centre spatial de Kourou et les fusées Ariane, la construction de barrage et « des routes inutiles balafrant les forêts », les exploitations forestières anarchiques dans le bassin amazonien, la prolifération des activités minières négligentes de l’environnement. Eternel connaisseur de la faune et de la flore guyanaise, ami des minorités ethniques, Kris Wood échangeait régulièrement des informations avec l’association Robin des Bois, notamment à propos de l’histoire des arbres pau rosa (Aniba Rosaeodora, Aniba Duckei) en Guyane, de l’ouverture des routes et des projets de centrale thermique au bois dans la région côtière d’Iracoubo.

Lire la suite

La Flèche n°32

21 sept. 1998

Lire la suite