Pillage et commerce

La protection des forêts boréales, tropicales et tempérées est un enjeu planétaire. Exploités pour la construction, l’ameublement, le chauffage ou la pâte à papier, précieux ou dépréciés, les arbres reculent et les peuples forestiers sont poussés dehors et se délitent. Les peuples des villes et des villages sont aussi touchés. Leurs arbres tombent également, un à un ou alignés, peupliers de vingt ans, chêne centenaire, orme remarquable, coupés pour cause d’aménagement, de maladie non prouvée, d’allergie ou de branches soumises au vent.

L’abatteur public n°1

6 juil. 2001

Après les vaches de plus de 30 mois et les moutons susceptibles d’attraper la fièvre aphteuse, M. Glavany, ministre de l’agriculture s’en prend aux platanes susceptibles d’être heurtés par des véhicules à 4 ou à 2 roues dont les conducteurs ont perdu la maîtrise.

Les raccourcis sécuritaires de M. le Ministre de l’Agriculture gagnent les routes départementales et nationales.
Ne vaudrait il pas mieux que le Ministre concerné, celui des Transports, et que la Prévention Routière incluent dans le code de la Route des prescriptions, des signalisations et des panneaux d’information spécifiques quand les routes et les paysages s’ornent d’arbres d’alignement ?

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Le naufrage du Liberia dans les ports français

20 juin 2001

Depuis le 7 mai 2001 est entré en vigueur un embargo international décidé par le Conseil de Sécurité des Nations-Unies sur les diamants en provenance du Libéria, ainsi qu’un embargo aérien et un embargo sur les armes à destination de ce pays. Suite aux révélations de la mission d’enquête de l’ONU -Sierra Leone Expert Panel- concernant l’implication directe de l’industrie forestière du Liberia dans le soutien financier et matériel aux rebelles du Revolutionary United Front (RUF) en Sierra Leone, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne demandaient l’inclusion des exportations de bois dans les mesures d’embargo. L’opposition concertée de deux membres permanents du Conseil de Sécurité, la France et la Chine, a fait échouer cette démarche.

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La déferlante teck

17 avril 2001

De Birmanie, d’Indonésie, du Costa-Rica ou d’Afrique de l’Ouest, vrai et faux teck déferlent dans les catalogues de la grande distribution avec tout le cynisme du marketing. Mais qu’il provienne des forêts de Birmanie, de plantations indonésiennes voire africaines, le teck n’est pas « un décor écolo » comme le proclame Carrefour. C’est un désastre social et environnemental.

En Birmanie l’ouverture des routes de débardage en forêt profonde à partir de 1996 a permis au régime militaire de renforcer la répression contre les minorités ethniques. Les transports de grumes de teck destinées à la fabrication de lames de parquet, de parasols et de meubles de jardin croisent les convois militaires. Les arbres sont coupés dès l’âge de 30 ans, empêchant la régénération des peuplements. Plus d’1 million de m3 de bois de teck sont exportés chaque année. La déforestation -de 800.000 à 1 million d’hectares par an- est une des plus élevées au monde.
« Le teck prend l’air » selon Auchan, en fait il prend surtout la fuite: le trafic des grumes entre la Thaïlande, le Laos et la Birmanie emprunte les mêmes voies -parfois les mêmes filières- que les cargaisons d’héroïne sortant du Triangle d’or. Les peuplements de teck du parc national de Sri Lanna et de la réserve forestière de Chiang Dao, en Thaïlande à la frontière de la Birmanie, sont pillés par des exploitants clandestins avides de prendre leur part dans la déferlante.
En Indonésie les plantations de teck contrôlées elles aussi par des filières militaires subissent une pression intensive pour répondre aux besoins sans cesse croissants des réseaux de distribution européens. Les coupes illégales de bois sont maintenant supérieures en volume aux coupes autorisées. Les arbres sont abattus trop jeunes, l’avenir de ces plantations est compromis. Pour répondre aux commandes, du teck de Birmanie et de Thaïlande est importé illégalement, bénéficiant ainsi de l’appellation « de plantation » censée garantir une gestion durable.
En Afrique de l’Ouest, les quelques plantations de teck (Tectona grandis) en Côte-d’Ivoire ou au Nigéria produisent surtout des certificats de complaisance destinés à camoufler le trafic d’assamela / afrormosia (Pericopsis elata), appellé « teck d’Afrique » ou « teck du pauvre » à cause de son aspect et de ses caractéristiques techniques similaires pour un prix inférieur. Classé en annexe II de la Convention de Washington et donc soumis à des quotas d’exportation et d’importation afin de protéger la ressource, l’assamela peut circuler sans contrôle sous l’appellation « teck ».

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Kuivatsu : chronique d’un navire ordinaire

5 nov. 2000

Parti de Ventspils en Russie à destination de l’Espagne avec une cargaison de 7500 m3 de bois issus de la surexploitation de la forêt Sibérienne, le KUIVATSU 135 mètres, 6000 tonneaux, et 27 ans bat pavillon Estonien depuis l’éclatement de l’ex-union Soviétique. Sa société de classification est la Russian Register.

Bien qu’ayant sa cargaison désarimée, la lisse tribord arrachée sur 20 mètres et 15 degrés de gîte, le KUIVATSU n’est pas rentré spontanément dans le port de Cherbourg.

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Tours-sur-Amazone

21 juin 2000

A Tours les maîtres-d’oeuvre de la passerelle de 235 m de long sur le Cher, dont la construction vient de débuter, veulent piétiner la biodiversité amazonienne tout en ignorant les richesses forestières de la région Centre.

730 m2 de platelage en Angelim vermelho (Dinizia excelsa) sont prévus par l’entreprise Freyssinet pour équiper l’ouvrage. L’aire de répartition de l’Angelim vermelho, du bassin amazonien au plateau des Guyanes, est une jungle d’exploitations forestières non-durables, dont beaucoup agissent dans l’illégalité. Les arbres coupés ne sont jamais replantés, les forêts résiduelles après exploitation sont incendiées pour laisser place à des monocultures ou des élevages extensifs. La Guyane française ne produit pas d’Angelim vermelho.
Selon Alain Spielmann, architecte de la passerelle, le bois fourni par Freyssinet proviendrait du Surinam. Les sociétés forestières malaisiennes, indonésiennes et chinoises exploitent massivement les forêts de ce pays, dégradant d’immenses surfaces – au total 1,5 million d’hectares de concessions – pour s’assurer un volume industriel d’essences d’exportation à bas prix.

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L’impair d’argent

30 mai 2000

Objet: remise de « l’Equerre d’argent »à l’architecte Marc Mimram

La remise du prix de « l’Equerre d’argent » aujourd’hui par Madame Tasca, ministre de la Culture, à Marc Mimram, architecte et maître-d’oeuvre de la passerelle Solférino à Paris, ne récompense que l’utilisation exclusive de bois tropicaux surexploités, coupés dans des forêts primaires menacées, et promotionnés par des filières commerciales aux mauvaises pratiques.

Dès les premiers appels d’offres en 1998, Robin des Bois avait pris contact avec le cabinet Mimram pour lui demander d’utiliser du chêne, ou toute autre essence indigène convenant en platelage, afin de contribuer à la protection des forêts tropicales et à la relance d’essences sous-estimées en France dans l’architecture publique. Le 12 décembre 1999 Robin des Bois révélait l’origine brésilienne de la majorité du bois d’ipé (Tabebuia spp.) utilisé sur la passerelle Solférino, contrairement aux déclarations du cabinet Mimram prétendant que ce bois provenait d’une forêt gérée par l’ONF en Guyane.

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Versailles renaît, Fausses Reposes meurt

18 mars 2000

Lundi 20 mars 2000, les premiers arbres vont être replantés dans le parc du Château de Versailles dévasté par la tempête du 26 décembre 1999.

Le même jour, il est prévu d’abattre des chênes, des chataîgniers, des frênes et des érables de haute futaie dans la forêt de Fausses Reposes dans le périmètre de protection du Château de Versailles. Des grands arbres centenaires qui ont magnifiquement résisté à la tempête vont être abattus pour faciliter les travaux et déposer les remblais de l’échangeur de l’autoroute A13.

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La Flèche n°35

1 déc. 1999

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Motus et bouche cousue

7 nov. 1999

La France est en train de commettre une erreur. Loin de son credo et de sa vitrine du développement et de l’aménagement durables, le Ministère de l’environnement refuse de proposer dans le cadre de la Convention de Washington des mesures de protection internationales susceptibles de sauver une espèce végétale en voie de disparition, le bois de rose, et l’activité artisanale qui en dépend.

Le Ministère va ainsi à l’encontre des constats scientifiques et des recommandations des professionnels utilisateurs de l’huile de bois de rose comme Chanel dans le secteur de la parfumerie ou l’Occitane dans le secteur de l’aromathérapie. Des sommités du monde associatif comme la SNPN (Société Nationale de Protection de la Nature) ou la Humane Society of the United States, 7 millions d’adhérents, souhaitent elles aussi cette protection internationale du bois de rose.

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La Flèche n°34

3 oct. 1999

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