Pollutions et trafics

Les déchets produits en Europe et aux Etats-Unis et exportés par voie maritime dans des pays incapables de les stocker ont tracé la ligne directrice de Robin des Bois sur la gestion des déchets : proximité, responsabilité et solidarité. En vertu de ces trois principes, Robin des Bois ne s’oppose pas systématiquement à l’ouverture de lieux de stockage ou de traitement des déchets. Aujourd’hui, le trafic de déchets s’organise autour de directives européennes et de conventions internationales statiques, faciles à détourner et à interprétations multiples. Les déchets électroniques et d’autres ex-produits de consommation et de bien être « à recycler » prennent la fuite.

Piles : la farce cachée

6 janv. 2003

Suite du communiqué Piles : la face cachée 19 décembre 2002

Contrairement à ce qui était écrit dans le 1er communiqué, l’ADEME n’a pas financièrement aidé le recycleur de piles en faillite ZIMAVAL. Elle s’est consacrée pour ZIMAVAL, comme pour les autres recycleurs, à évaluer les procédés, à définir des conditions acceptables de stockage, et à synthétiser les données relatives à la mise sur le marché, la collecte, la valorisation et l’élimination des piles. Par souci de protection du secret industriel, les données particulières à chaque site ne seront pas dévoilées dans les rapports annuels de l’Observatoire des Piles et Accumulateurs. Cette confidentialité des chiffres et bilans-matière permet aux industriels de retarder l’éclatement de la vérité, de dissimuler les difficultés financières et techniques d’une filière à la dérive, dangereuse pour l’environnement et la santé dans les domaines des émissions atmosphériques et liquides.

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Piles: la face cachée

19 déc. 2002

Dans la hotte du Père Noël cette année, de plus en plus de jouets à pile et les cadeaux empoisonnés de l’entreprise ZIMAVAL: 3500 tonnes de piles et de déchets entassés dans la prairie autour de l’usine, dans des big-bags et à ciel ouvert (voir photos ci-jointes); la liquidation judiciaire; des clients bernés: 300 communes, la FNAC, Boulanger, Nature et Découvertes, Surcouf… Tel est le bilan d’une « entreprise leader » dans le recyclage des piles et accumulateurs. Après un an de pseudo-activité, grâce à l’aide financière de l’ADEME, de l’Europe, de l’ANVAR, des collectivités locales, ZIMAVAL, établie à Falaise dans le Calvados, va fermer, laissant sur le tapis des piles venues du monde entier notamment de Taiwan; son directeur déclarait avec compassion en 2001 que la prestation était demandée par un pays qui n’a pas les moyens techniques de traiter les piles. Il ajoutait que « la COGÉMA ne fait pas autre chose en retraitant les déchets radioactifs du Japon ». La filière hydrométallurgique mise au point par ZIMAVAL n’a jamais fonctionné. Elle a pourtant reçu les prix Life environnement 1999 (Union Européenne), Anvar 1999, Ester d’Or 1998 (Technopole de Limoges) et les éloges de plusieurs associations environnementales. Seul a fonctionné dans cette usine un service commercial hyperperformant qui a capté les marchés et les lots de piles et qui a fait payer les prestations de services aux différents clients avant même que le procédé soit opérationnel. Le discours du directeur général de ZIMAVAL a su convaincre les services de l’État, désireux, sous la pression des différents ministères et de l’opinion publique, de développer le recyclage des piles sans prendre en compte le principe de précaution.

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L’indispensable filière géologique

28 oct. 2002

Objet: Mines de Potasse d’Alsace Stocamine

Les Mines de Potasse d’Alsace ferment définitivement après un siècle de production et de pollution par saumure du Rhin, de l’Alsace jusqu’au delta. Cette fermeture anticipée de quelques mois est un bienfait pour l’environnement sans être une catastrophe sociale. Le plan d’accompagnement des mineurs contraints à l’inactivité est substantiel. Rien à voir avec les indemnités de survie des travailleurs de surface comme les Cellatex dans les Ardennes ou les Moulinex en Normandie.

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Les farines animales s’entassent, la concertation trépasse

21 juin 2002

La Commission Nationale pour l’Information et le Suivi de l’Elimination des Farines Animales (CNISEFA), qui dépend du Premier Ministre, ne s’est pas réunie depuis le 31 janvier 2002. Cette structure d’échange d’informations entre administrations, filières professionnelles, associations de protection de l’environnement et associations de consommateurs, est en sommeil alors qu’émergent les projets d’un stockage géant et d’incinérateurs attrape-tout, et que les préfectures occultent ou distillent les informations.

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Arsenic: la cuvée 2002

16 avril 2002

La décision de retirer les homologations et d’interdire l’usage des pesticides formulés à base d’arsénite de soude a été prise en novembre 2001 par le Ministère de l’Agriculture, avec effet immédiat. Le caractère cancérigène pour l’homme de l’arsénite de soude a motivé cette interdiction. Il est utilisé en viticulture dans des formulations liquides permettant sa pulvérisation. Mais aucun dispositif de collecte des bidons déjà distribués chez les viticulteurs, dans les coopératives, ou encore stockés chez les producteurs n’a été mis en place.

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Farines animales: à quand l’interdiction ?

6 juin 2001

Le dispositif national de stockage et d’élimination des farines animales est entré dans une période critique. La majorité des sites de stockage sont pleins. Seuls quatre sites sont actuellement en activité, d’une capacité totale de 150.000 tonnes: ils seront saturés dans trois mois. Le plus gros entrepôt, à Rogerville en Seine-Maritime, est maintenant destinataire de la production des farines animales du Grand-Ouest, du Centre, du Nord. Parmi les sites supplémentaires pressentis, plusieurs ne seront vraisemblablement pas retenus. La mobilisation des opposants et des élus à Vritz (44), à Somsois (51), à Staffelfelden (68) et à Hesmery-Hallon (80) remet en cause les projets de stockage. Les premières chaleurs de l’été font craindre l’apparition de phénomènes d’auto-combustion, y compris pendant les transports. A cet égard, l’expérience montre que les risques sont devant nous: en 1999 à Plouisy (22) et à Cléguer (56), les sinistres ont éclaté en août et en septembre. Peu d’entrepôts retenus disposent de surfaces suffisantes pour assurer un étalement des farines en cas d’échauffement.

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La fièvre passe, les pollutions restent

29 mars 2001

La destruction des cadavres d’animaux abattus en France et en Europe dans le cadre des mesures de lutte contre la psychose économique de la fièvre aphteuse fait appel à des techniques d’un autre âge.

Dans le plan d’intervention actualisé en 1991 par le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Environnement en prévision de l’abandon de la vaccination, l’enfouissement est considéré comme « la méthode de choix « . Chaque préfet était dès lors invité à réaliser un inventaire des sites d’enfouissement possibles, en tenant compte de la vulnérabilité des captages, puits et autres ressources en eau. Cette instruction n’a pas recueilli de la part des préfets plus d’intérêt que les plans Polmar.

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Farines animales: des trous dans la toile

12 déc. 2000

Le réseau des stockages de farines et de graisses animales tisse sa toile, mais sur le terrain l’application des prescriptions techniques relatives à leur transport, leur entreposage et leur élimination s’avère déjà problématique sur plusieurs sites, tandis que la synthèse et la diffusion des informations sont confuses au niveau national.

– A Plouisy (Côtes-d’Armor), un hangar situé à 50m d’un cours d’eau et à 100m des habitations, déjà sinistré en 1999 (autocombustion des farines animales stockées), a été de nouveau réquisitionné par la Préfecture pour recevoir 38.000 tonnes de farines. Les volées de pigeons qui nichent dans le hangar sont assurées de faire bombance. Les riverains regroupés au sein du collectif « Au pied du silo » dénoncent le double langage préfectoral, qui leur avait assuré avoir interdit le stockage de farines animales sur ce site.
– A Caudan (Morbihan), la société de transports routiers « Rivalan SA » stocke depuis 1996 des farines animales à hauts risques dans des conditions précaires: le hangar utilisé n’est pas étanche, des mottes de farines tombent à l’extérieur où elles sont dispersées par la pluie, le vent, ou consommées par des animaux sauvages. Le site a été néanmoins retenu pour recevoir de nouveaux flux de farines.
– A St-Saturnin-du-Limet (Mayenne), les voisins du stock habitent à 20m, 60m et 80m. Ils ont une vue imprenable sur les vitres brisées du bâtiment rafistolées à la hâte avant l’arrivée des camions, le 20 novembre. Un cours d’eau, le Chéran, coule à 150m en contrebas. Aucune information n’a été donnée aux riverains par la Préfecture.

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Plein feu sur les farines

28 nov. 2000

Robin des Bois demande la création d’une Commission Nationale d’Information et de Surveillance afin d’assurer un éclairage cohérent et l’information du public sur l’ensemble des opérations de fabrication, de transport, de stockage intermédiaire et d’élimination des farines et des graisses animales.

En effet, chez les équarrisseurs beaucoup de sites de fabrication de farines et de graisses animales ne répondent pas aux normes pour la protection de l’environnement, en particulier sur le traitement des eaux de process, de lavage, et des eaux pluviales. Des cuves de stockage vétustes et sans bassins de rétention sont encore utilisées pour les graisses, tandis que les farines sont parfois stockées en plein air ou dans des hangars ouverts aux incursions de chats, renards, sangliers, rats, pigeons, corvidés, étourneaux, mouettes…, et sont propices aux pullulations d’insectes. Autant de vecteurs possibles de dispersion d’agents infectieux dans l’environnement.

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Farines, graisses animales: Matralan régale l’environnement

14 nov. 2000

La société Matralan installée à St-Aignan-de-Grandlieu illustre les difficultés de la filière de l’alimentation animale à répondre aux exigences de sécurité sanitaire et de protection de l’environnement. Gestion hasardeuse des déchets, rejets d’effluents liquides bruts dans un ruisseau, pollution des sols, malgré plusieurs rappels à l’ordre la société Matralan continue de générer nuisances et inquiétudes pour ses riverains.

Un tas de 6000 tonnes de farines animales d’équarrissage, interdites dans l’alimentation de tous les animaux, était stocké depuis juillet 1996 en attente de destruction. Les capacités d’incinération en France étant saturées, c’est seulement depuis l’été 2000 que l’évacuation de ce stock à haut risque a été entreprise. A l’heure actuelle il en subsisterait 400 tonnes sur le site, selon la Direction Générale de l’Alimentation.
L’usine Matralan utilise également des farines de viande et d’os provenant des déchets d’abattoirs, dont un moratoire sur leur incorporation dans l’alimentation de tous les animaux vient d’être annoncé aujourd’hui par le Premier Ministre. Ce nouveau stock à éliminer ne doit pas stagner dans l’usine, qui n’a pas les capacités pour entreposer des déchets à risques dans ses locaux.
Une gestion aléatoire de ses déchets de fabrication a été révélée lors de la découverte de fûts ayant contenu des additifs alimentaires pour animaux, des produits vétérinaires, des hydrocarbures, enterrés derrière l’usine à proximité d’un cours d’eau. La Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) des Pays-de-Loire a imposé à l’exploitant la reprise de ces déchets industriels et leur élimination par une filière agréée. Les travaux sont encore en cours.

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