Pollutions et trafics

Les déchets produits en Europe et aux Etats-Unis et exportés par voie maritime dans des pays incapables de les stocker ont tracé la ligne directrice de Robin des Bois sur la gestion des déchets : proximité, responsabilité et solidarité. En vertu de ces trois principes, Robin des Bois ne s’oppose pas systématiquement à l’ouverture de lieux de stockage ou de traitement des déchets. Aujourd’hui, le trafic de déchets s’organise autour de directives européennes et de conventions internationales statiques, faciles à détourner et à interprétations multiples. Les déchets électroniques et d’autres ex-produits de consommation et de bien être « à recycler » prennent la fuite.

Déchets : la filière Europe-Afrique

24 déc. 2007

Déchets : la filière Europe-Afrique

La tempête lève un voile. Sur le pont du Krokus gisent désarrimés et en instance de rupture des camions-poubelles, des camions accidentés, des camions CO2, des remorques éventrées d’où s’échappent des cargaisons entières de pneus usagés, de déchets de garages, et de gros blanc électroménager de la famille des DEEE (Déchets d’Equipement Electrique et Electronique).

Les exportateurs européens en accord avec les opérateurs portuaires et les armateurs utilisent les camions vétustes en guise de conteneurs maritimes. Les pneus sont douteux, les camions sont polluants et accidentogènes, les DEEE non garantis – ils ne sont d’ailleurs pas étouffés par les suremballages, au moins 20% d’’entre eux contiennent des PCB – mais en Afrique c’est bien connu ça peut toujours servir.

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Lettre ouverte à Mel Gibson

28 sept. 2007

mel-gibson

Cher Mel Gibson,

Nous avons lu dans l’article du Lloyd’s List daté du 12 septembre 2007 «From Carbon footprints to CO2 Ship blueprints» que vous apportiez ouvertement votre soutien au projet de conception d’un navire deux fois plus grand qu’un vraquier « capesize » (100-160.000 tpl) afin de transporter du dioxyde de carbone (CO2). « Le directeur de BW Shipping, Andreas Sohmen-Pao, révèle ses ambitions « vertes » et a trouvé un allié en l’acteur Mel Gibson ». L’objectif est d’utiliser le CO2 pour rendre les champs de pétrole et de gaz plus productifs par la technique de récupération renforcée. Plus de 40 millions de tonnes de CO2 sont utilisés en moyenne chaque année aux Etats-Unis pour récupérer le pétrole avec cette technique. La plupart de ce CO2 provient de réservoirs naturels de profondeur alors que 5% sont produits industriellement. Une partie du CO2 utilisé pour la récupération renforcée est stockée dans les puits d’hydrocarbures d’où ils s’echappent à moyen terme, à l’exception du projet pilote de Weyburn au Canada où le CO2 est recapturé et ré-injecté pour une séquestration permanente.

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France => Allemagne G 19 incinérateurs qui exportent leurs déchets près de Leipzig

2 juin 2007

France => Allemagne G 19 incinérateurs qui exportent leurs déchets près de Leipzig

Contrariés par les prix imposés par les exploitants de centres de stockage de déchets dangereux et la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP), les exploitants d’incinérateurs de déchets ménagers exportent de plus en plus en Allemagne dans la région de Leipzig les Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Ordures Ménagères (REFIOM). Ces déchets dangereux qui représentent au moins 2 % de la quantité d’ordures brûlées sont des réservoirs à métaux lourds (mercure, cadmium, plomb, arsenic, vanadium…), à cyanures et à dioxines. Tout ce qui ne part plus dans l’atmosphère, en conformité avec la directive européenne applicable à tous les incinérateurs depuis le 28 décembre 2005, est capté dans les REFIOM. Un m3 d’effluents atmosphériques d’un incinérateur ne doit pas contenir plus de 0,1 milliardième de gramme (nanogramme) de dioxines. La teneur moyenne d’un kg de REFIOM est de 10.000 milliardièmes.

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Déchets du Probo Koala : le deuxième scandale

21 mars 2007

Regroupés en Côte d’Ivoire à partir du mois de septembre 2006, rapatriés en Europe dans le port du Havre à partir de novembre, les déchets déversés à Abidjan et autour, au bord des routes, dans les caniveaux, les terrains vagues, et les décharges urbaines, sont en attente dans la zone portuaire du Havre, dans l’enceinte d’une installation classée et surveillée.

Avant l’arrivée au Havre du premier transport maritime des déchets d’hydrocarbures, l’association Robin des Bois, les associations riveraines de l’incinérateur de déchets industriels de Salaise (38) où les déchets du Probo Koala devraient être incinérés et le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable sont convenus d’une démarche concertée et approfondie tendant à renouveler les modalités de contrôle et d’information du site industriel concerné et à lancer une étude sur les impacts de l’ensemble de la zone industrielle de la plaine roussillonnaise (Péage de Roussillon, Salaise-sur-Sanne).

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A la poursuite des Probo Erika

21 févr. 2007

Le 19 février 2007, Monsieur Ziriyo Bogui, Président de la Chambre des Comptes de Côte d’Ivoire a remis au chef de gouvernement, Monsieur Charles Konan-Banny, le rapport de la Commission Internationale d’Enquête sur les Déchets Toxiques déversés dans le district d’Abidjan après le passage du Probo Koala. Grâce à l’initiative du gouvernement de Côte d’Ivoire, deux représentants de Greenpeace et de Robin des Bois ont participé en tant qu’experts aux travaux de cette Commission.

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Des informations nouvelles sur le Gulf Jash, ex-Probo Koala

29 déc. 2006

Le 13 octobre 2006, le journal spécialisé Trade Winds annonçait la vente des six OBO dont le Probo Koala par la compagnie grecque Prime Marine Management d’Athènes à la société Gulf Navigation établie à Dubaï. Il en avait été déduit par Robin des Bois que la vente avait été effectuée après le scandale d’Abidjan.

Mais il ressort d’une nouvelle enquête approfondie menée par Robin des Bois que les 6 navires étaient en vente depuis le début de l’année, qu’un marché avait été conclu avec des intérêts norvégiens pour un prix global de 135 Millions US $, que ce marché n’a finalement pas abouti et que les 6 Probo ont été vendus le 9 juin 2006 à Gulf Crude Carriers, filiale de Gulf Navigation. Dans l’état actuel, il n’est pas possible de dire si la tentative de déchargement des slops (déchets d’exploitation) du Probo Koala à Amsterdam le 2 juillet 2006 est liée au changement de propriétaire mais il est possible d’affirmer que depuis le 9 juin 2006 le responsable ultime des opérations de l’ex-Probo Koala est Gulf Navigation et que ce conglomérat financier et sa filiale maritime n’ont pas émis le moindre commentaire ni exprimé la moindre solidarité envers les victimes d’Abidjan.

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La collecte sélective des déchets électriques et électroniques est une mesure de salubrité publique

15 nov. 2006

La collecte sélective des déchets électriques et électroniques est une mesure de salubrité publique

Face à la grogne des vendeurs d’Equipements Electriques et Electroniques (EEE), appelés à devenir au bout de quelques mois ou années d’utilisation des DEEE (Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques) et aux critiques de certaines organisations de consommateurs, l’association Robin des Bois membre de la Commission DEEE en même temps que France Nature Environnement et les Amis de la Terre tient à rappeler les recommandations et faits suivants.

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Les déchets reviennent en Europe

7 nov. 2006

Les déchets reviennent en Europe

A la suite de l’épandage de déchets toxiques dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire, Robin des Bois a réclamé leur rapatriement et leur traitement en Europe. La réaction de Robin des Bois s’est fondée sur les pathologies, la mortalité, la panique et les rumeurs qui à partir du 20 août 2006 ont frappé et affolé les populations. L’insuffisance des moyens techniques disponibles sur place et l’intention formulée par les autorités de Côte d’Ivoire de construire un bunker pour les déchets a fini d’étayer la conviction qu’il était indispensable de débarrasser le plus vite possible le sol ivoirien des déchets débarqués du Probo Koala.

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L’Union Européenne s’enferme dans sa tour d’ivoire

25 oct. 2006

Le Probo Koala dont l’armateur était alors installé à Athènes est resté en rade de Gibraltar, enclave sous tutelle de la Grande-Bretagne, à partir d’avril 2006. Il a dans le même temps fait des incursions dans le port espagnol d’Algésiras et le port tunisien de Skhira spécialisé dans les produits pétroliers. Le Probo Koala s’est livré en Méditerranée à des activités de stockage flottant de composants d’essence et de désulfuration primaire de naphta, la coupe pétrolière de base du carburant. C’est ainsi qu’a été produite sur le territoire européen de l’essence à très haute teneur en soufre destinée au marché africain, alors que la réduction de la teneur en soufre des carburants utilisés en Afrique fait partie des objectifs prioritaires du PNUE. Le Probo Koala a quitté Gibraltar le 26 juin pour arriver à Amsterdam le 2 juillet où il était prévu qu’il décharge ses déchets d’exploitation en conformité apparente avec la convention internationale Marpol et la directive européenne sur les déchets d’exploitation des navires et les résidus de cargaison.

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Pire que le secret défense

18 oct. 2006

Les analyses des déchets déchargés et rechargés par le Probo Koala début juillet 2006 à Amsterdam et répandus au mois d’août à Abidjan en Côte d’Ivoire après avoir transité à Paldiski en Estonie sont tenues secrètes par leurs divers détenteurs au motif qu’elles font partie des instructions judiciaires.

Maintenant que les déchets ont été décapés, regroupés et conditionnés avec des précautions maximales, et que le départ d’Abidjan du 1er navire est prévu dans le courant de la semaine prochaine, il est indispensable que toutes les analyses détenues par les Pays-Bas, l’Estonie ou d’autres pays européens comme le Royaume Uni -le Probo Koala est resté au large de Gibraltar de la mi avril au 26 juin 2006- soient publiées et confrontées. La caractérisation exacte des déchets est juridiquement nécessaire à l’achèvement d’un dossier d’importation en Europe dans le cadre de la Convention de Bâle qui est désormais l’instrument international incontestable puisque les déchets après avoir été déposés sur le sol ivoirien ont perdu la qualification de déchets d’exploitation des navires qui leur était attribuée et qui les plaçaient sous le contrôle de la Convention Marpol de l’OMI. La caractérisation exacte des déchets en particulier les teneurs en chlorés et en sulfures est indispensable pour la sélection des sites et des modalités d’élimination en Europe.

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