Arctique et Antarctique

Les milieux polaires sont les aimants de la Terre. Ils ont commencé par attirer les explorateurs, les chasseurs de baleines, de phoques et d’ours polaires. Ils ont ensuite captivé les scientifiques et les militaires, attiré les touristes, les concessions minières et les extracteurs d’hydrocarbures. La grande pêche s’y déchaîne. L’Océan Glacial Arctique n’est protégé par aucune convention internationale. En Antarctique il faut empêcher la destruction du statut protecteur, en Arctique il faut le construire.

L’Australie riposte

12 juil. 2013

Note d’information n°7
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, audiences du 9 au 10 juillet 2013

La deuxième série des auditions de l’Australie a eu lieu les 9 et 10 juillet. Elle a sonné comme un rappel à l’ordre et à la source du conflit. Le retour de l’Australie à la barre a en effet établi une clarification des arguments de droit. L’Australie a réaffirmé que sa plainte concernait « l’incapacité d’un pays à se conformer à son obligation légale internationale de ne pas recourir à des activités de chasse commerciale aux baleines, une obligation à laquelle le Japon a déclaré se conformer mais qu’en même temps il a immédiatement commencé à contourner ». L’Australie a aussi fait un sort aux attaques non fondées que le Japon dans le premier temps des audiences a lancées à son égard.

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Nouvelle-Zélande : une vision en commun des baleines

9 juil. 2013

Note d’information n°6
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, audience du 8 juillet 2013

Dans une courte intervention le lundi 8 juillet, le représentant de la Nouvelle-Zélande s’est penché sur l’histoire de « la Convention Internationale pour la réglementation de la chasse baleinière » (ICRW en anglais). Membre fondateur, la Nouvelle-Zélande rappelle que dès 1930, la communauté internationale avait compris que la protection des baleines vis-à-vis de « la chasse effrénée » devait être un projet partagé par tous les Etats. Malheureusement, c’est seulement après la Seconde Guerre mondiale que des efforts ont commencé à être entrepris, ce qui selon M. Ridings, s’exprimant au nom de la Nouvelle-Zélande, était « trop peu et trop tard ».

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Poincaré contre Montaigne

9 juil. 2013

Note d’information n°5
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, audience du 4 juillet 2013

Le protocole scientifique de JARPA II et ses véritables contributions à l’avancée des connaissances ont été mis en cause et examinés à la loupe par la Cour. L’Australie n’y est pas allée de main morte. Selon elle, JARPA II « c’est aussi utile que de se concentrer sur l’écureuil roux pour comprendre les mécanismes de l’Europe en tant qu’écosystème ». Pour rappel, l’un des objectifs de JARPA II est de faciliter la compréhension des mécanismes et des échanges biologiques dans l’océan Austral. La science selon JARPA est bâtie sur des sables mouvants. L’Australie cite Henri Poincaré, le grand mathématicien français qui déclarait en 1905 : « la science se construit avec des faits comme une maison se construit avec des pierres » et il ajoutait qu’ « une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierre est une maison ». Selon l’Australie, la collecte de baleines mortes ne contribue pas à la construction du progrès scientifique. C’est une simple accumulation de cailloux inutiles sans rapport avec les pierres angulaires qui édifient les projets scientifiques.

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Le Japon contre attaque

5 juil. 2013

Note d’information n°4
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, 1ère audience du Japon, 2-3 juillet

Le Japon, en tant qu’archipel, conscient de bénéficier des richesses marines, affirme qu’il « serait le dernier à faire une mauvaise utilisation des ressources baleinières ». Le Japon remonte le temps en expliquant qu’il a adhéré à la Commission Baleinière Internationale (CBI) en 1951 « à une époque où, après les destructions de la guerre, la viande de baleine a empêché la famine » à un pays pauvre en ressources agricoles. Il est remonté encore plus loin et a pointé l’ironie de l’histoire puisque c’est la chasse à la baleine qui l’a forcé à rejoindre la communauté internationale après 3 siècles d’isolement : selon le Japon, au 19ème siècle « les puissances maritimes engagées dans une chasse massive à la baleine lui ont demandé d’ouvrir ses ports pour permettre le ravitaillement des navires baleiniers ». Or c’est précisément la chasse à la baleine qui pose aujourd’hui le problème de la position du Japon dans la communauté internationale et de la conformité de ses pratiques aux lois internationales ; elle l’amène ainsi, pour la première fois, devant la Cour Internationale de Justice.

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La « chasse scientifique » japonaise s’appelle de son vrai nom « chasse commerciale »

2 juil. 2013

La « chasse scientifique » japonaise s’appelle de son vrai nom « chasse commerciale »

Note d’information n°3
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, 1ère audience de l’Australie, 26-28 juin

Au nom de l’Australie, M. Campbell a illustré sa déclaration d’ouverture par une photo. Sur celle ci, il y avait le navire usine japonais avec en grosses lettres sur le côté le slogan suivant : « Recherche scientifique sous le contrôle de l’ICRW (1) ». Il y avait aussi une baleine morte à l’arrière du navire. L’Australie perçoit cette image et ce langage comme la tentative pour le Japon de se convaincre lui- même qu’il participe à une démarche scientifique et que donc il respecte la loi. La communauté internationale et plus spécifiquement la communauté scientifique internationale n’en est pas convaincue.

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La fin du conte de fée japonais

28 juin 2013

Note d’information n°2
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice
La Haye, Pays-Bas, 1ère audience de l’Australie, 26-28 juin

Pendant les trois premiers jours des audiences dans le litige qui oppose l’Australie et le Japon devant la Cour Internationale de Justice de La Haye aux Pays-Bas, l’Australie a clamé haut et fort ses arguments dans l’espoir « de réveiller le Japon endormi depuis plus de 20 ans dans une confortable inertie telle la Belle au Bois dormant ». La communauté internationale ne doit pas attendre que surgisse un nouveau Moby Dick pour mettre le Japon en alerte. Mme Boisson De Chazournes, avocate française s’exprimant au nom du gouvernement australien, a usé de ces métaphores quand elle a exposé à la Cour l’interprétation que fait le Japon des préambules et articles du traité fondateur de la Commission Baleinière Internationale. Elle a déclaré que contrairement à la lecture nippone du texte original datant de 1946, la Commission Baleinière pèse en faveur de la protection des baleines plus qu’elle ne favorise les activités de chasse commerciale. Concernant la violation de la loi internationale et la poursuite de la chasse aux baleines par le Japon, l’argumentation australienne s’appuie sur 3 piliers :

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Australie contre Japon

26 juin 2013

Note d’information n°1
Les baleines devant la Cour Internationale de Justice

L’Australie se fait porte-parole des baleines en attaquant la « chasse scientifique » japonaise devant la Cour Internationale de Justice de La Haye aux Pays-Bas. Les auditions du dossier « Chasse à la Baleine dans l’Antarctique » (Australie c. Japon ; Nouvelle Zélande intervenant) vont se dérouler pendant 3 semaines. L’arrêt sera rendu d’ici 4 à 8 mois. L’Australie espère que la décision sera prise d’ici 5 mois, avant la prochaine saison de chasse dans l’Océan Austral.

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La biodiversité prise en otage en Arctique

16 mai 2013

Lors du Conseil Arctique qui s’est tenu à Kiruna en Suède le 15 mai 2013, la candidature de l’Union Européenne au statut d’observateur a été conditionnée à un accord concernant l’importation commerciale des peaux de phoques. D’un côté l’Union Européenne a interdit le commerce des produits du phoque depuis 2009 et de l’autre les populations Inuit du Canada mettent en avant que le commerce des peaux et autres produits dérivés du phoque est pour eux une source importante et traditionnelle de revenus. Il est notable que durant la dernière session plénière de la CITES (1), l’Union Européenne et les Etats-membres n’ont pas soutenu la proposition des Etats-Unis d’inscrire l’ours polaire à l’Annexe I (interdiction du commerce international). Il a été suggéré que cette position était motivée par des considérations diplomatiques ; en fait, la chasse et le commerce des ours polaires sont aussi invoqués comme des revenus pour les populations Inuit du Canada. La biodiversité a été prise en otage négociable en échange de l’admission de l’Union Européenne au Conseil Arctique. Il est également possible que ce gel de la candidature de l’Union Européenne soit dû à ses demandes de renforcement des mesures de protection de l’océan Arctique.

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« Le Beau Mâle », le parfum qui tombe mal

18 mars 2013

« Le Beau Mâle », le parfum qui tombe mal

Boycottez le « Beau Mâle ». Malgré les protestations de Robin des Bois (1) et de groupes environnementalistes en Grande-Bretagne, des affiches publicitaires dans le métro parisien et dans les villes font la promotion du nouveau parfum de Jean-Paul Gaultier. Un mannequin nu et tatoué vautré sur une espèce en voie de disparition vante « Le Beau Mâle ». Alors que les ours polaires sont décimés par la chasse et les contaminations chimiques et que la communauté internationale vient de refuser de les protéger du commerce mondial, cette publicité tombe mal. Certes, la tête d’ours et la pelisse sont synthétiques comme tous les composants de ce parfum décliné en gel douche et en déodorant, cependant cette image fait appel à des clichés démodés. « C’est de l’humour au 1.000ème degré » dit-on du côté de Jean-Paul Gaultier. Pour Robin des Bois, c’est du mauvais goût total et une erreur de communication.

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CITES : votez blanc !

11 mars 2013

Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction
CITES 2013 – Bangkok, 19h00 (heure locale)
Communiqué n°6

Que les Etats-Unis, la Russie et l’Union Européenne portent cette semaine en séance plénière de la 16ème assemblée de la CITES* une proposition commune sur les ours polaires, tel est le message de Robin des Bois à Bangkok.

Cette nouvelle proposition du dernier recours pourrait interdire le commerce international des ours polaires en provenance des 8 sous-populations en déclin régulier. Elle serait moins contraignante que l’Annexe I –interdiction du commerce international pour toutes les populations – et serait donc susceptible de recueillir plus de suffrages que la proposition initiale des Etats-Unis. Le déclin de certaines sous-populations est reconnu par tous, y compris le Canada. Dès 1991, le Canada considérait que le sort de l’ours polaire soulevait de graves inquiétudes. Les ours polaires dans le secteur Ouest de la baie d’Hudson sont spécialement visés.

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